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Une année à Saint-Antonin-Noble-Val

27 juin 2018
Une année à Saint-Antonin-Noble-Val

l’abbé Raphaël Ndiaye sur les marches du presbytère de Saint-Antonin

Un nouveau regard sur la pastorale

L’abbé Raphaël Ndiaye a été pendant une année l’administrateur paroissial de l’ensemble paroissial de Saint-Antonin-Noble-Val. Il repart à la fin de l’été dans son diocèse de Kaolack au Sénégal. Arrivé dans un contexte local difficile, il a su ramener un climat pacifié au sein de la communauté, tout en découvrant un paysage ecclésial français très éloigné de son expérience sénégalaise.


Père Raphaël Ndiaye, vous avez 49 ans, vous êtes du diocèse de Kaolack au Sénégal, vous êtes prêtre depuis 18 ans avec une forte expérience comme directeur des œuvres, ce qui correspond en France à la responsabilité de l’apostolat des laïcs. Que pouvez-vous nous dire de plus sur votre vie_du_diocese.jpgparcours ?
J’ai un parcours classique, j’ai ressenti un appel dès l’enfance, ce qui m’a conduit à aller au petit séminaire et ensuite au grand séminaire interdiocésain. J’ai été 3 ans vicaire en paroisse et ensuite 13 ans directeur des œuvres de mon diocèse, c’est une expérience longue qui m’a beaucoup marqué. J’ai eu ensuite la possibilité de prendre une année sabbatique en France, qui a été en quelque sorte prolongée d’une année comme administrateur paroissial à Saint-Antonin. Je repars dans l’été dans le diocèse de Kaolack, où je serai vraisemblablement nommé en paroisse. Nous sommes seulement une trentaine de prêtres dans le diocèse, où nous attendons depuis quatre ans la nomination d’un nouvel évêque.

Vous avez accepté d’être administrateur dans un contexte paroissial difficile. Que retirez-vous de cette année au service de l’ensemble paroissial ?
Ma mission principale a été de pacifier une communauté dans une situation délicate. J’ai dû m’adapter très rapidement à cela et voir comment je pouvais avancer avec elle. J’ai été frappé par la très grande différence entre mon expérience de directeur des œuvres, travaillant avec des milliers de personnes, de tous horizons et de tous âges, à un petit noyau de quelques dizaines de paroissiens à Saint-Antonin. Auparavant, j’organisais ou participais à de grandes célébrations et de grands rassemblements.
Ça a été parfois un peu décourageant, l’isolement était présent mais j’avais le devoir de m’adapter… J’ai dû réviser la pastorale paroissiale ! J’ai facilement développé une pastorale de contact et de proximité avec des personnes qui m’ont bien accueilli lors des visites des familles et en portant la communion aux personnes âgées ou isolées. Les échanges étaient possibles. Je n’ai pas été dépaysé, œuvrant dans un milieu rural dont je suis aussi issu.
J’ai quand même été surpris par l’absence des jeunes générations sur ce territoire. J’ai eu à faire principalement avec des adultes, âgés pour la plupart. Le Mouvement chrétien des retraités est très présent. Il y a peu d’enfants catéchisés. Beaucoup de choses sont à reconstruire, après une période difficile. Lors de rencontres, de célébrations, je fais appel pour inciter les parents à emmener leurs enfants au catéchisme, c’est une école de la vie ! Il faudra aussi redynamiser l’aumônerie scolaire. Il existe aussi un petit groupe de jeunes travailleurs, intitulé « Maximilien Kolbe », commun aux trois ensembles paroissiaux de Caylus, Parisot et Saint-Antonin.

Quel est ce petit noyau que vous évoquiez ?
Ce sont des relais et des collaborateurs pastoraux précieux et dynamiques. Ils œuvrent dans la pastorale des funérailles, dans la liturgie, dans la catéchèse. J’ai aussi pu compter sur une équipe de collaborateurs, même si elle ne portait pas le nom d’équipe pastorale et aussi sur le conseil économique paroissial. Vraiment je peux témoigner d’une grande générosité pastorale, j’ai pu compter sur ce noyau de personnes dévouées.

Comment voyez-vous l’avenir de ces communautés chrétiennes ?
L’isolement est un facteur à prendre en compte, pour les pasteurs mais aussi pour les chrétiens. Cette situation n’est pas unique dans le diocèse. Je pense qu’il faut proposer des choses concrètes, des réalisations qui seront évaluables dans le temps. Cela dépend beaucoup des orientations diocésaines. Elles existent, il faut les mettre en œuvre. En Afrique, on appelle cela un « plan d’action ». la différence est sans doute qu’elles sont plus concrètes. On a tous une vision mais pour l’atteindre, des activités spécifiques sont proposées. Je reprends cette priorité qui est de créer des communautés fraternelles, c’est difficile de démarrer mais si on propose des choses localement, les gens viennent. On a fait une galette des rois et proposé une séance de cinéma avec le film « L’enquête ». Ça a marché ! Je remarque qu’il n’y a que le local qui attire, en initiant des rencontres par secteur. Il y a une réelle sédentarisation des esprits. Nous devons aider ces croyants à se poser des questions fondamentales et personnelles comme : « En quoi m’engage véritablement ma foi ? »

Que vous ont permis ces deux années en France et qu’en retirerez-vous ?
J’ai eu la possibilité de faire une relecture pastorale des années passées et de me ressourcer. J’ai eu aussi du temps pour lire. Pouvoir participer à la session diocésaine m’a beaucoup aidé pour la relecture d’expérience que j’ai entreprise.
Dans le futur, je pense que cela changera ma façon d’organiser la pastorale. Sans doute dans le sens de plus d’efficacité et de rentabilité. L’objectif c’est de produire du fruit pour une Eglise missionnaire. Un exemple, en Afrique, nous proposons beaucoup d’évènements, de rassemblements mais qu’est-ce que cela produit comme résultat dans la qualité de vie des croyants ? On aime bien faire la fête, parfois cela manque de perspective, il manque quelque chose. Je pose un autre regard aujourd’hui sur des propositions comme celles-ci.

                                                                     Propos recueillis par JF Laparre
 

 

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