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Le pape François à Genève

12 juin 2018

Un pas de plus dans l’œcuménisme

A l’occasion des 70 ans du Conseil œcuménique des Eglises (COE) le Pape va se rendre à Genève le 21 juin. Ce sera une démarche historique dans la recherche de l’unité entre les chrétiens. Cet évènement nous invite à développer notre conscience œcuménique.

Voici ce que, comme catholiques, nous devrions développer comme convictions.
L’œcuménisme concerne chaque fidèle du Christ, chaque baptisé. Il n’est pas suffisant, en effet, que quelques représentants des Eglises et des diverses confessions chrétiennes dialoguent et partagent fraternellement leur foi au Christ mort et ressuscité pour être quitte de notre responsabilité. L’ensemble du peuple de Dieu que nous formons a obligatoirement besoin de se soucier de l’unité des chrétiens et d’en être acteur. Ce n’est pas une option.
billet.jpgLorsque saint Jean XXIII ouvre le Concile Vatican II (11 octobre 1962), il souligne l’importance de vaincre la méfiance entre les Eglises pour parvenir à une attitude positive. Ensemble nous devons avancer vers l’unité de tous les chrétiens. Evidemment cette perspective n’a pas pour objectif l’absorption d’une Eglise par une autre. Souvent dans l’Eglise catholique on a pu penser l’unité comme un retour vers nous des autres Eglises chrétiennes. Nous savons par l’expérience des relations œcuméniques et des échanges vécus en vérité que nous ne parviendrions à rien par cette volonté. Si ce principe était posé a priori il disqualifierait les autres Eglises et un vrai dialogue fraternel serait rompu. Le dialogue, en même temps, n’est pas non plus marchandage, compromission ou accord de pure forme. Nous voyons aujourd’hui la posture du pape François, semblable à celle de ses prédécesseurs. Récemment sa position vis-à-vis des gréco-catholiques d’Ukraine (refus d’ériger l’archevêché-majeur en patriarcat) s’est voulue un geste œcuménique à l’égard des orthodoxes.
La clé du dialogue œcuménique et des progrès de ce dialogue est dans la conversion de chaque Eglise et de chacun de ses membres. Qu’est-ce à dire ? Il s’agit de se laisser de plus en plus configurer au Christ, de vivre l’Evangile plus fidèlement, de prier et de se laisser conduire par l’Esprit. L’unité se trouve toujours en revenant au Christ et non pas par des « ajustements » humains qui risquent de faire un bien apparent mais dont les conséquences vont soulever d’autres problèmes.
L’Eglise catholique romaine a, sans doute, dans ce mouvement œcuménique une part prépondérante en raison de sa forte universalité et du nombre de ses fidèles. Par ailleurs son unité autour du successeur de Pierre, le pape, lui confère une sorte de primauté morale et c’est pourquoi le pape est nécessairement un moteur de cette dynamique. Le déplacement à Genève ce 21 juin du chef de l’Eglise catholique va lui permettre de rencontrer les hauts représentants des Eglises, confessions, communautés d’Eglises représentées au COE. L’Eglise catholique romaine n’y siège pas mais participe à un certain nombre de commissions et travaille avec ce Conseil sur divers sujets. La présence du Pape sera donc un signe fort.

Comment vivre aujourd’hui la dynamique œcuménique ?
D’abord s’y intéresser : le Christ a voulu que « tous soient un » (Jean 17, 21). Je déplore le faible intérêt porté par les catholiques à cette partie de la doctrine chrétienne. C’est objectivement de l’ordre du péché que de s’en désintéresser.
Il y a, bien sûr, chaque année du 18 au 25 janvier la Semaine de prière pour l’unité des chrétiens mais ce n’est pas suffisant et les participants sont si peu nombreux !
Mais, en vérité, souffrons-nous, comme membres du Corps du Christ, de cette division scandaleuse ?
Nous devons donc prier pour avoir un cœur saisi par la passion de l’unité.
Nous avons à nous rencontrer, à nous connaître entre chrétiens différents : orthodoxes, protestants de l’Eglise protestante unie et des communautés évangéliques, membres de l’Eglise anglicane, pour ne citer que ceux qui sont le plus présents dans le diocèse.
La connaissance des personnes doit aussi s’accompagner de formation : qu’est-ce qui nous unit ? qu’est-ce qui nous sépare ? Il est évident que nous avons plus de points d’unité que de points de désaccord. L’essentiel de notre unité porte sur notre profession de foi commune, sur la reconnaissance d’un seul baptême, sur la vision de l’homme sauvé par le Christ. Les points qui nous séparent sont pour une grande part la relation à l’Eglise, à la hiérarchie, à l’eucharistie…
Enfin n’oublions pas que le dialogue de la vie est indispensable. Par exemple l’accueil des migrants, le souci de faire face ensemble à la précarité de nos semblables, aux situations de souffrance et de rejet, sont des expériences heureuses d’unité au service des plus pauvres.
Ce dernier élément est aujourd’hui un exemple qui doit encore se développer. Il y a donc déjà depuis des années du chemin parcouru et à Montauban je suis heureux de voir grandir (80 membres) le groupe des « Amis de l’œcuménisme » qui se réunit à la Salle Navarre, 12 rue Cambon, qui depuis cinq ans est notre « Centre œcuménique ». Chacun peut y participer et, ainsi, se former une âme œcuménique.

 signature mgr ginoux.jpg

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