Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
 
Document Actions

L’esprit, source d’unité

17 mai 2018
L’esprit, source d’unité

Veillée de Pentecôte dans l’église Saint-Pierre-d’Ax en mai 2015.

Eglises chrétiennes

Ce vendredi 18 mai, des chrétiens de différentes Eglises seront réunis pour célébrer ensemble l’Esprit de Pentecôte. Un olivier sera planté, symbole de ces 30 ans de prière commune, signe de paix et d’espérance.

Pour évoquer l’Esprit Saint dans les différentes confessions chrétiennes et comprendre comment aujourd’hui une prière commune est possible, un détour par l’Histoire est nécessaire. Au IVe siècle, pour mettre fin aux hérésies et établir une unité au sein de l’Eglise, l’empereur Constantin 1er décide la tenue vie_du_diocese.jpgd’un concile qui se tient en 325 dans la ville de Nicée et conduit à la mise en place d’un socle commun de croyance ainsi qu’à une série de décisions religieuses. L’une des affirmations concernent l’Esprit Saint : « Je crois en l’Esprit Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie ». Plus tard, à l’époque des Pères de l’Eglise et particulièrement de saint Augustin, on exclue la présence du saint Esprit dans les communautés dissidentes. Saint Irénée avait déclaré : « Là où est l’Eglise, là est l’Esprit de Dieu et là où l’Esprit de Dieu, là est l’Eglise de toute grâce. » Or, cet enseignement était compris dans un sens très strict. En dehors de la communauté des croyants en communion avec les légitimes successeurs des Apôtres, il n’existe pas d’Eglise donc pas de présence du Saint-Esprit ! Ce rigorisme et les querelles théologiques ont perduré pendant plusieurs siècles et il faudra attendre le concile Vatican II pour qu’une voie nouvelle soit ouverte. Le décret sur l’œcuménisme Unitatis Redintegratio apporte une solution toute nouvelle en affirmant que les communautés non catholiques sont animées par l’Esprit. Sans céder au relativisme, les Pères conciliaires portent donc un regard nouveau sur les autres communautés chrétiennes. Le père Maurice Villain, grand connaisseur de l’œcuménisme, écrira en 1963 : « Séparés entre eux par des convictions loyales, tous les chrétiens doivent, par une réponse toujours plus dépouillée d’eux-mêmes, dire un « oui » de plus en plus profond aux inspirations authentiques et incessantes de l’Esprit Saint qui ne cesse, en toute âme droite, de crier vers Dieu Abba ! Père ». Pour aller plus loin Cliquer ICI

Fils d’un même Père
L’abbé Guy Lourmande aime à rappeler que, jusque dans les années 60, catholiques et protestants n’étaient pas autorisés à prier ensemble. Que de chemin parcouru ! En effet, depuis 2 ou 3 décennies, des groupes œcuméniques sont apparus dans le diocèse, réunissant des chrétiens de différentes Eglises, autour de la Parole de Dieu et dans la prière. Ce fut le cas à Moissac dans les années 90 sous l’impulsion de Marthe Ranquet. Âgée aujourd’hui de 96 ans, elle est toujours animée de la passion pour le dialogue entre les Eglises chrétiennes : « Lorsque j’étais jeune, on ne parlait pas d’œcuménisme. C’est à 20 ans, alors que j’étais institutrice en Algérie, que j’ai rencontré pour la première fois des familles protestantes. Leur foi m’a tout de suite émerveillée, elle était ardente, heureuse. Ils m’ont offert une Bible, ce qui ne se faisait pas chez les catholiques à l’époque ! J’ai alors pris conscience du drame qu’était la séparation de nos Eglises et cette question m’a habitée longtemps. Quand en 1986, à la fin d’une messe à Moissac, une consultation était proposée aux paroissiens pour devenir bénévole, j’ai aussitôt choisi l’œcuménisme. Tout était à faire en ce domaine et c’est ainsi qu’est né notre premier groupe. » Mais, précise-t-elle : « il n’était composé que de catholiques ! On parlait des autres Eglises chrétiennes mais pas avec elles, ce qui est un comble. » Un peu plus tard, en mars 87, le groupe est invité par des protestants. A partir de l’année suivante, ils se réunissant régulièrement, étudiant ensemble les textes bibliques. Le groupe va plus loin en décidant de se retrouver pour prier à Noël, Pâques et Pentecôte. Marthe se souvient avec émotion de la première veillée de Pentecôte, le 21 mai 1998, dans la petite église de Saint-Pierre d’Ax : « Quelle joie profonde de voir prêtres, pasteurs, chrétiens de différentes Eglises prier ensemble l’Esprit Saint ! Dans son homélie, le pasteur avait rappelé que nos divisions ne doivent pas être dramatiques car nous sommes Fils d’un même Père. »

 Préparer la voie de l’unité
Cette joie du partage, l’abbé Viatge la vit depuis de nombreuses années en accompagnant les groupes œcuméniques de Montauban et Castelsarrasin-Moissac et en participant à présent aux activités de la salle Navarre à Montauban. Il y voit les signes de la présence de l’Esprit à l’œuvre : « La rencontre régulière de toutes ces personnes, l’amitié, le dialogue, la méditation de la Parole de Dieu et la prière me font admirer la présence et l’action de l’Esprit d’unité ! La vitalité constatée des différentes communautés, catholique, orthodoxe, protestante et les engagements nés de cette vitalité sont bien le signe de l’accueil par tous de l’Esprit Saint ! Voilà, me semble-t-il, la vraie convergence de la prière à l’Esprit et la base de l’œcuménisme. Comme il est écrit dans le Décret Unitatis Redintegratio, par cette collaboration avec les frères séparés, tous ceux qui croient au Christ peuvent facilement apprendre comme se connaitre les uns et les autres, s’estimer davantage et préparer la voie à l’unité des chrétiens. »
                                                               S. Bégasse

 

 

<< Go back to list