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Unifié dans le Christ

8 septembre 2017

 Nous n’avons pas peur

L’été n’a pas manqué de susciter inquiétudes et incertitudes en raison des actions barbares d’islamistes voués à la mort de notre civilisation chrétienne. Il ne suffit pas de crier en masse : « Nous n’avons pas peur », encore faut-il fonder et assurer le sens de notre vie et de toute vie humaine. La vie est un tout et notre existence a pour objectif l’unification de ce tout. Nous ne sommes pas des êtres « éclatés », nous sommes « un » et la construction de notre vie est cette unité.

billet.jpgS’il y a un vœu à exprimer, en ce temps de troubles, c’est celui de travailler à notre unité. Le donné premier est l’unicité de toute personne, le fait qu’elle est un être unique mais elle est aussi un être à unifier. Pourquoi ? Parce que, à l’origine, il y a une rupture : c’est ce que les Ecritures nous expriment à travers le péché « originel ». Ce n’est pas simplement la finitude de l’humanité, ses limites, ses faiblesses : il s’agit d’une volonté librement exercée de la part de la créature de renoncer à la relation avec son créateur. De là naît un désordre, une disharmonie, un dysfonctionnement que l’homme éprouve en lui et dans les autres, « Ils virent qu’ils étaient nus » (Genèse 3). S’il y a une raison essentielle à rencontrer le Christ, à le reconnaître comme une personne vivante et à nous attacher à lui c’est parce qu’il donne sens à notre vie, parce qu’il en fait l’unité et le lien d’unité avec les autres. Nous ne sommes pas dans une appartenance religieuse qui reste extérieure à l’homme (comme en islam) : la foi chrétienne fait de nous un être « nouveau » qui est configuré au Christ par le baptême. Dans cet être nouveau, né à la vie divine, habite la sainte Trinité. Le baptême donne cette immense dignité du « sacerdoce » commun à tous les fidèles définis comme « peuple saint, sacerdoce royal, race choisie… » (1 Pierre, 2,9)

La dignité chrétienne

Cette dignité rappelle avec force que tout chrétien doit prendre conscience de ce qu’il est devenu en renaissant à la vie divine et de ce qu’il est par rapport au monde où il vit : « un disciple et un missionnaire » (cf. Benoît XVI, Discours à Aparecida, 13 mai 2007 souvent repris par François). Sa réalité de baptisé dit au chrétien qu’un monde sans Dieu n’a pas de sens, c’est-à-dire qu’il est sans finalité : il est voué au néant car rien ne l’explique, rien ne le fonde, rien ne l’unifie. Nous sommes alors condamnés à fabriquer au jour le jour notre survie, inquiets de tout ce qui peut arriver et toujours démunis.
«Seul celui qui reconnaît Dieu connaît la réalité et peut y répondre de manière adaptée et réellement humaine ». Cette affirmation de Benoît XVI dans le discours cité plus haut fait, bien sûr, référence au Dieu révélé en Jésus-Christ, non pas au Dieu théorique et inaccessible des penseurs ou des philosophes, non pas à une quelconque entité première mais au Dieu à visage humain, au Dieu qui s’est fait homme , au Dieu incarné en Jésus-Christ qui est « visage humain de Dieu et visage divin de l’homme » (Benoît XVI). Le concile Vatican II dans Gaudium et Spes affirme : « En réalité, c’est seulement dans le mystère du Verbe incarné que s’éclaire vraiment le mystère de l’homme. Le Christ, dans la révélation même du mystère du Père et de son amour, manifeste pleinement l’homme à lui-même et lui découvre sa très haute vocation » (n°22). Le chrétien sait que le Christ est le Sauveur, il sait donc qu’il y a un « chemin » pour l’homme et que ce chemin est « vie » et « vérité ». Il ne peut donc que suivre ce chemin, il ne peut que s’attacher par amour à la personne du Christ. Il ne s’agit pas d’une petite dévotion confortable et individualiste, d’une « énergie spirituelle » ou d’une « soumission » mortifère. Il s’agit de coïncider avec lui. La vie divine en nous transfigure la vie humaine, elle donne sens à tous les aspects de cette vie et elle ouvre au monde. Le baptisé est d’abord disciple : il suit, il connaît, il aime le Christ.

Comment serons-nous disciples ?

D’abord par la connaissance de la Parole de Dieu, en lisant, en méditant les Ecritures, en les partageant dans des groupes bibliques et, surtout, en les mettant en pratique au quotidien. « Pratiquer la foi » commence par là.
Vient ensuite la catéchèse (à tous les âges, petits et grands), en commençant par la référence indispensable Le catéchisme de l’Eglise catholique comme outil de base, puis à travers les diverses propositions du service diocésain de la formation, la session diocésaine de février, les conférences de Carême, les parcours Alpha… La foi n’est pas un sentiment : elle a un fondement rationnel et tous les baptisés sont tenus de cultiver le don qu’ils ont reçu sinon il s’étiole et disparaît.
La prière, comme un « cœur à cœur avec le Seigneur », permet le lien constant dans l’Esprit-Saint avec la Trinité et nous met à l’écoute de Dieu. Et, pour vivre du Christ vivant, le rendez-vous hebdomadaire de la messe dominicale est vital.
Alors les fondations de notre vie seront assurées dans le Christ, notre « rocher », et là nous pourrons dire en vérité : « Nous n’avons pas peur
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