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Un témoignage inédit de Mgr Théas

21 octobre 2017
Un témoignage inédit de Mgr Théas

: Mgr Théas, à son retour de captivité en septembre 44, avec le préfet de Tarn-et-Garonne, M. Rouannet

 Mes prisons et leurs premiers lendemains

Mgr Théas a marqué l’histoire récente du diocèse de Montauban en dénonçant la persécution des Juifs pendant la dernière guerre, une prise de position qui lui valut d’être emprisonné comme le rappelle l’exposition sur les 700 ans du diocèse. En ce mois d’octobre va paraitre le journal qu’il a écrit pendant cette période douloureuse. Le père Régis-Marie de la Teyssonnière, à l’origine de cette parution, présente ce texte inédit, parole posthume d’un grand pasteur, pétri d’humanité et de foi.

Pourquoi avez-vous souhaité présenter cet ouvrage ?
Prêtre du diocèse de Tarbes et Lourdes, il y a plus de vingt ans que j’approfondis le mystère de Lourdes, par le travail de recherche, la prédication et la publication de livres. Dans ce cadre-là, l’évêque de Tarbes et vie_du_diocese.jpgLourdes, Mgr Nicolas Brouwet, m’a demandé d’élargir mon regard en sortant de l’oubli des documents du passé. C’est ainsi que j’ai entrepris une recherche portant sur la vie et l’œuvre de Mgr Théas, dont le premier fruit est ce livre publié l’année du 40e anniversaire de la mort de son auteur, le 3 avril 1977.

Comment comprendre son titre : « Mes prisons et leurs premiers lendemains » ?
De fait ce journal comprend deux parties. La première commence à Montauban par l’arrestation et la détention à la caserne Pomponne (9-10 juin 1944), se poursuit à Toulouse par l’emprisonnement à la prison Saint-Michel (11-15 juin) et s’achève par l’internement de 67 jours au camp de Compiègne (20 juin-24 août) au terme d’un voyage en train de 5 jours (15-19 juin). Le texte a été rédigé après les évènements, certainement tout de suite après sa libération, peut-être même à l’occasion des quelques jours passés au presbytère de Compiègne (24 août-4 septembre 1944).
La seconde partie de ce journal tourne autour de la médiation entre le général de Gaulle et l’Église et se déroule successivement à Paris (4-9 septembre), Montauban (9 septembre-28 octobre), à nouveau Paris (29 octobre-11 novembre), Alger (11-22 novembre), Rome (23 novembre-6 décembre 1944), Montauban et un ultime séjour à Paris (6-9 janvier 1945). Visiblement, en bon professeur qu’il a été pendant 17 ans au séminaire de Bayonne (1923-1940), Mgr Théas préparait chaque entretien par des notes écrites et rédigeait ensuite son journal au fur et à mesure des rencontres.

Pourquoi ce document n’avait-il jamais été publié ?
« Mes prisons et leurs premier lendemains » était un texte tellement important pour Mgr Pierre-Marie Théas qu’il l’a gardé par devers lui jusqu’à sa mort. Pour lui, ce texte est avant tout le témoin de son extraordinaire rencontre avec Dieu, au cœur de l’épreuve et de la souffrance, ce Dieu qu’il n’a cessé d’annoncer et de donner aux autres. Après la mort de l’évêque, ce texte a été cité par différents historiens et c’est donc la première fois qu’il est publié en tant que tel, avec une introduction, des notes et un répertoire des noms cités, qui en rendent la passionnante lecture facile et agréable.

Mgr Pierre-Marie Théas
Mes prisons et leurs premiers lendemains
Juin-décembre 1944
Préface de Mgr Nicolas Brouwet. Ouvrage présenté par Régis-Marie de la Teyssonnière.
Éditions onTau, Paris, 2017, 224 pages, 15 euros
En librairie dès le 25 octobre 2017.

Que représente Pierre-Marie Théas pour vous ?
Lorsque j’étais petit, je venais souvent à Lourdes avec mes parents. C’est ainsi que Mgr Théas a été le premier évêque que j’ai rencontré. Il m’a rassuré car il avait le même âge que mon grand-père. Mais, contrairement à lui, il a fait preuve avec moi d’une telle disponibilité que cela m’a bouleversé à tel point que je m’en souviens encore.

Comment le définiriez-vous ?
Mgr Théas est un homme de Dieu, un homme de foi, un homme de prière, un homme brûlé d’amour pour ses frères et sœurs en humanité. Quoi qu’il lui arrive, il est un apôtre dont le cœur est enflammé par l’Évangile qu’il proclame par toute sa vie. Quand on découvre une telle humanité, une telle âme, une telle charité et une vie constamment livrée pour les autres, comment ne pas penser qu’on est en présence d’un saint à canoniser ?

Qu’avez-vous découvert à la lecture de ce journal ?
Au cours des 67 jours d’internement au camp de Compiègne, Mgr Théas n’a cessé de prendre soin de chacun, se faisant le défenseur de tous, en étant solidaire des uns et des autres. À peine libéré, il devient, bien malgré lui, le médiateur entre le Gouvernement et l’Église, dans le climat explosif de la Libération. Sans jamais varier d’un iota, il s’est toujours montré concrètement solidaire de tous les autres évêques, respectueux et proche de tous ceux qu’il rencontrait.

Que peut-il apporter aux lecteurs d’aujourd’hui ?
Nous sommes tous dépendants de ceci ou de cela, de notre image ou du qu’en dira-t-on, prisonnier de notre ambition ou de notre orgueil, de nos vices ou de nos addictions. Mgr Théas a vécu en homme libre sa captivité se comportant sans cesse à la manière des Apôtres, saint Pierre et saint Paul. Chacun peut s’engouffrer dans cette brèche dont Mgr Théas nous montre le chemin dans le concret de l’existence.

                                                                                     Propos recueillis par S. Bégasse



 

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