Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
 
Document Actions

Un sanctuaire est toujours une grâce

22 septembre 2017

Rencontre avec le père Horacio Brito, chapelain de Lourdes
 

Chaque année, les organisateurs de la Semaine mariale de Livron invitent un prédicateur à accompagner les différents groupes. Pour l’édition 2017 qui vient de s’achever, c’est le père Horacio Brito, chapelain des Sanctuaires de Lourdes, qui a relevé le défi.

Père Horacio Brito, vous avez accepté d’accompagner cette Semaine mariale de Livron qui marque la rentrée dans le diocèse de Montauban. Quel était le « cahier des charges » ?
Il m’a été demandé d’assurer des prédications quotidiennes auprès de publics différents chaque jour, de célébrer les messes et éventuellement de rencontrer des pèlerins personnellement. Participer à ce type de sessions c’est intéressant car c’est l’occasion pour moi de découvrir un diocèse particulier avec ses différentes réalités, des pèlerins, une communauté religieuse qui accueille.
Un thème avait été donné pour cette Semaine. Vous avez travaillé vos prédications à partir de là ?
« Marie, mère des hommes », voilà le fil rouge qui m’était proposé. Bien sûr j’ai pris en compte ce thème pour m’adresser aux pèlerins, en m’adaptant à leurs vocations, leurs situations propres. Marie est pour nous tous une mère, elle est féconde et elle veut notre fécondité en retour. On peut dire aussi qu’elle est une maitresse de vie spirituelle, une pédagogue. Mais vous savez, Marie, dans les évangiles, est toujours décentrée par rapport à son fils, elle nous mène à lui.
Vous avez été recteur des Sanctuaires de Lourdes de 2008 à 2015 et à présent chapelain. Comment voyez-vous la place des sanctuaires mariaux dans l’Eglise ?
La vocation d’un sanctuaire est d’être un lieu de rencontre. D’abord avec des pèlerins et, comme recteur puis chapelain mais aussi aumônier général de l’Hospitalité diocésaine, j’en rencontre beaucoup. Pour moi, un sanctuaire est toujours une grâce. Pour autant il ne faut pas opposer le sanctuaire à la paroisse. Il faut les deux, l’institution et le charisme. D’ailleurs le pape François appelle à « sanctuariser » les paroisses.
Que veut-il dire par là ?
Depuis le début de son pontificat il ne cesse d’appeler les croyants à former des communautés ouvertes, des paroisses qui soient des lieux de rencontre comme le sanctuaire est appelé à l’être. Il se base sur sa longue expérience pastorale comme prêtre puis archevêque et la livre à l’Eglise universelle.
Comme lui, vous êtes argentin. Comment percevez-vous ce pape ?
J’ai eu la chance de partager des cours de théologie avec lui à Buenos-Aires dans les années 1970 et je l’ai bien connu alors qu’il était archevêque. Je retrouve dans le pape ce que j’ai constaté chez le pasteur argentin. Cet homme a reçu le don de la joie. Avec simplicité mais conviction, il va à l’essentiel, au cœur. C’est un très grand évangélisateur, il nous apprend à être missionnaires. Et cet appel à annoncer l’Evangile est vrai en paroisse mais également dans un sanctuaire.
Comment peut-on lier mission et sanctuaire ?
Quand j’étais curé, je me demandais comment faire pour annoncer l’Evangile. Je pense que c’est le souci de tout pasteur. Mais quand je suis devenu recteur, cette question est restée. Quand on voit ces millions de pèlerins qui se rendent à Lourdes ou tout autre sanctuaire, on ne peut que désirer que tous aient accès à la grâce de ce lieu. Le sommet d’un pèlerinage c’est la conversion.
Vous pensez que tout pèlerin porte en lui ce désir de conversion ?
Je reviens vers le pape François pour vous répondre. Vous savez, on parle souvent de religiosité populaire. Lui préfère parler de piété populaire car ce mot évoque plus la relation que chacun a avec Dieu alors que le geste religieux reste extérieur. On peut distinguer trois sortes de pèlerins. D’abord ceux qui sont surtout liés aux objets, aux gestes. Le pèlerin numéro deux est plus tourné vers les dévotions traditionnelles, les processions, les chemins de croix. Et enfin le numéro trois va vivre quelque chose de fort, va se laisser interpeler et là nous sommes sur la voie de la conversion. En tant que responsables d’un sanctuaire, nous devons faire en sorte que chaque pèlerin soit accueilli là où il en est mais qu’il puisse également vivre une rencontre avec le Christ, qu’il ait accès à la grâce du sanctuaire. A Lourdes, la grâce se trouve dans la symbolique de l’eau. Le Christ est la source qui irrigue le pèlerin dans l’écoute de la Parole de Dieu, dans le sacrement de réconciliation et l’eucharistie. Sans cela, nous courons le risque de cacher la source, de l’obturer, de l’ignorer et même de la salir. Faire en sorte que la démarche de tout pèlerin devienne intérieure relève de notre responsabilité.
Propos recueillis par S. Bégasse
 

<< Go back to list