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Semaine missionnaire mondiale

16 octobre 2017

 Ensemble, osons la mission !

 

Chaque mois d’octobre, depuis 1926, la Semaine missionnaire mondiale appelle les catholiques à la prière et au partage, pour soutenir la vie et la mission des Églises locales du monde. La quête du dimanche de la Mission, cette année le 22 octobre, en est le point culminant. C’est un geste liturgique, missionnaire et universel. En partant du thème « Ensemble, vivons la mission » choisi pour cette édition 2017, le pape François rappelle avec force que la mission chrétienne est l’affaire de tout le peuple de Dieu, de tous les baptisés, désignés désormais par l’expression « disciples-missionnaires ». Des chrétiens du diocèse témoignent de ce que cela signifie pour eux, dans leur vie de foi et leurs engagements.

 

La mission au cœur de la foi chrétienne

Tout chrétien est appelé à annoncer l’Evangile

Dans son message pour la Journée missionnaire mondiale, le pape François rappelle que la mission est au cœur de la foi chrétienne, faisant ainsi écho au thème choisi cette année : « Ensemble, osons vivre la mission ». Le théologien Pierre Diarra apporte un éclairage sur cet appel qui concerne tout le peuple chrétien.

dossier.jpg« La Journée missionnaire mondiale constitue l’occasion propice pour que le cœur missionnaire des communautés chrétiennes participe par la prière, le témoignage de la vie et la communion des biens afin de répondre aux graves et vastes besoins de l’évangélisation. » Cette phrase, extraite du message du pape François pour la Journée missionnaire mondiale 2016, rappelle que la mission est l’affaire de tout baptisé et de toute communauté ecclésiale. Pour bien entrer dans la pensée du pape, Pierre Diarra, théologien, responsable de l’Union pontificale missionnaire, propose de suivre pas à pas le thème choisi cette année par les Œuvres pontificales missionnaires (OPM) : « Ensemble, osons vivre la mission ». 

 Ensemble

La mission chrétienne est l’affaire de tout le peuple de Dieu, de tous les baptisés, désignés désormais par le pape François comme des « disciples missionnaires ». Comment faut-il comprendre cette expression? Dans le Nouveau testament, le nom de disciple est réservé à ceux qui ont reconnu Jésus puis ceux qui le suivent et, progressivement, l’appellation de « disciple » vise tout croyant, même celui qui n’a pas connu Jésus pendant sa vie terrestre. Pierre Diarra note quatre caractéristiques du disciple: d’abord un appel dont Jésus a l’initiative, bien avant les aptitudes intellectuelles et morales, ensuite un attachement personnel au Christ. La troisième caractéristique concerne la volonté de partager le destin même de son Maître qui passe par la croix et enfin, les disciples de Jésus sont aussi disciples de Dieu, de la Trinité, Père-Fils-Esprit. Le mot « ensemble » rappelle également que le salut en Christ est pour tous car Dieu veut que toutes les femmes et tous les hommes

Des jeunes envoyés pour l’évangélisation de rue, à la Cathédrale

soient sauvés. L’Esprit Saint est au travail partout, dans le cœur de chaque être humain, au cœur de toute culture. Cette fraternité ecclésiale pousse les chrétiens non seulement à se sentir responsables les uns des autres mais aussi des autres membres de l’humanité, préoccupés par leur salut. Il faut inclure toute la création dans le salut car elle aspire aussi à la liberté des enfants de Dieu.

Osons

Pour annoncer l’Evangile, il faut oser. Certes, il faut respecter l’autre, sa liberté et ses choix mais il faut oser entrer en dialogue avec lui, parler de Jésus et de son Eglise, même s’il y a tant de raisons pour ne pas le faire : timidité, ne pas déranger, ne pas risquer d’entendre des critiques et des paroles désagréables sur l’Eglise et sur les chrétiens... Ayons l’audace des « stratégies missionnaires » pour dire à nos contemporains qu’il est formidable d’être disciple de Jésus-Christ et d’avoir des frères et sœurs chrétiens dans le monde entier, pour témoigner ensemble de l’amour d’un Dieu qui s’est révélé Père-Fils-Esprit. La mission chrétienne ne peut pas se limiter à aider les non-chrétiens à mieux vivre leurs religions, insiste Pierre Diarra. Elle ne peut pas se limiter au dialogue interreligieux ou à des actions en vue de l’amélioration des conditions de vie de nos contemporains. Oser annoncer Jésus-Christ, c’est se donner une possibilité de s’ouvrir, de relever des défis de notre monde, avec d’autres, quelles que soient leurs convictions religieuses : paix, accueil des migrants, dialogue interreligieux, lutte contre la pauvreté et la violence.

Vivre la mission

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Cours d’alphabétisation par le Secours catholique à Montauban

L’évangélisation est la première annonce à ceux qui n’ont jamais entendu parler de Jésus. En ce sens, « évangéliser » est synonyme de « mission ». L’évangélisation transforme les sociétés et les cultures, crée de nouveaux modes de vie, compte tenu de la conversion, du baptême, de l’eucharistie, des autres sacrements et de toute la vie chrétienne. Le salut concerne tout l’Homme, comme on peut le lire dans le Nouveau Testament, avec l’organisation de l’entraide fraternelle dans les communautés et entre les communautés... D’où la lutte pour la paix, la justice et le dialogue au nom de l’Evangile. La mission chrétienne n’est pas facultative, car l’Eglise est par nature missionnaire. Il est donc urgent de prier, de soutenir l’activité missionnaire de l’Eglise, afin que l’Esprit nous transforme intérieurement. La Semaine missionnaire mondiale vient redire aux communautés chrétiennes : « Ne fermons pas notre cœur, ne nous laissons pas accaparer par nos préoccupations, nos problèmes diocésains et paroissiaux, mais élargissons notre cœur aux horizons de l’Eglise universelle et même de toute l’humanité. »

                                                     S. Bégasse,

                                              à partir des documents des OPM pour la Semaine missionnaire mondiale

Paroles de chrétiens

Prêtres et laïcs, ils disent comment la mission est au cœur de leur foi et de leur engagement

« La mission est sans frontières »

Le Christ disait à ses apôtres : « La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ; priez le maître de la moisson, d’envoyer des ouvriers pour sa moisson ». En Afrique, la réalité est autre, c’est une jeune Eglise. Il y a beaucoup de prêtres et beaucoup de baptêmes. Le mois de la Mission est un temps fort de prière, de rencontre amicale avec les communautés, de charité fraternelle. C’est un temps qui nous permet de rencontrer les autres dans leurs maisons et lieux de service, de partager la Parole de Dieu. Il faut prendre des initiatives qui nous permettront de soutenir et raviver la prière des fidèles. La mission, c’est aller vers l’autre, vers les croyants et les non-croyants, vers les pauvres et les riches, vers les malades et les délaissés. Laïcs et prêtres, hommes et femmes, nous sommes tous envoyés comme missionnaires dans la vigne du Seigneur. La mission est sans frontières. »
                          Abbé Pierre Nabaloum, administrateur de l’ensemble paroissial de Montech

 « Apporter de la joie à tout le monde »

Etre disciple, c’est répondre librement à un appel. Etre missionnaire, c’est avoir la volonté de vivre en aimant. Et cela doit être vécu dans la réciprocité : par moi qui arrive et par l’autre qui m’accueille. En tant que chrétienne, je ne peux pas vivre ma foi toute seule, je suis avec les autres. Evangéliser, c’est déjà écouter avec attention quand quelqu’un me parle. Le fait de sourire avec amour montre déjà quelque chose et donne déjà de la joie au cœur. Dans ma communauté, avec les sœurs âgées, je sens que l’Evangile est déjà là dans notre quotidien si on vit avec amour. Avec les jeunes, je découvre une autre façon d’évangéliser. Ce que nous vivons ensemble construit une relation de confiance, d’entraide, d’écoute et de respect. Pour moi, évangéliser ce n’est pas enseigner un catéchisme théorique, c’est vivre et témoigner en acte. Cela apporte de la joie pour tout le monde et touche le cœur de chacun. Un simple geste d’accueil peut changer un cœur lourd en joie. Evangéliser, c’est apporter la joie à tout le monde. »
                      Sœur Françoise Juliette Rasoarimanana, sœur de la Miséricorde de Moissac, responsable des sœurs âgées, membre du pôle évangélisation jeunes

« L’Evangile est au service de tout l’homme »

Dans mon enfance, le mot mission signifiait l’envoi de missionnaires dans des pays lointains. Aujourd’hui, son sens s’est à la fois rapproché et approfondi parce que la mission et l’évangélisation sont à nos portes et parce que je me sens concerné comme disciple. J’ai appris, au fil des ans, que j’ai tous les jours besoin d’être évangélisé et je le suis, par la parole du Pape, de mon évêque et celle, parfois dérangeante, de mes frères chrétiens et paroissiens. En tant que curé, j’ai connu l’arrivée du conseil pastoral, un lieu où tous, prêtres et laïcs, peuvent expérimenter la richesse des échanges et des idées. Puis sont arrivées les équipes pastorales : je ne suis plus seul à porter le souci de la mission, toute la réalité de la vie de la paroisse et du monde environnant se partage dans la diversité des expériences et des points de vue. Equipes d’évangélisation de rue, groupes de prières, catéchistes, bénévoles des groupes Alpha, des préparations au baptême et au mariage, serviteurs de la charité qui œuvrent au Secours catholique, au CCFD, au comité d’entraide, à la Fraternité Georgette, tous me font chaque jour découvrir que l’Evangile vécu est au service de tous les hommes et de tout l’homme. Face à la place centrale de l’union au Christ dans ma vie et celle de l’Eglise, face aux défis du monde moderne, parfois trop individualiste et consumériste, il faudrait plus d’audace, plus d’enthousiasme et plus de don de soi. Que l’Esprit Saint y pourvoit !
                               Abbé Daniel Séguy, curé de l’ensemble paroissial de la Cathédrale

« Derrière les murs de la prison »

Comme son nom l’indique, la Maison d’arrêt de Montauban « accueille » des hommes qui sont arrêtés, quel que soit leur délit. Certains restent peu de temps mais d’autres peuvent rester là cinq à six ans avant d’être jugés définitivement et transférés ailleurs. Nous sommes trois aumôniers catholiques, Serge Blazy, diacre, Jean-Paul Aragon, prêtre et moi-même, laïque. Cela ne nous est jamais facile de rentrer dans la prison, de franchir les multiples portes et grilles. Mais une fois que nous sommes devant un prisonnier, qu’il se nomme Alain, Julien, Mohammed ou Cyprian, que nous croisons son regard, les murs ont moins d’importance. Au fur et à mesure des rencontres, celui qui était un étranger, dont nous avions un peu peur, devient peu à peu un frère. Et lors des groupes bibliques, il n’est pas rare que la parole de l’un ou l’autre vienne nous ouvrir le sens de l’Ecriture… Comme le disait Monsieur Vincent « Ceux que nous appelons des misérables, ce sont ceux qui nous doivent évangéliser et convertir ».
                                        Sophie Drouot, aumônier de la Maison d’arrêt de Montauban

 


 

 

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