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Secours catholique

22 juin 2017

Construire ensemble la fraternité

Le Secours catholique a entrepris une nouvelle démarche de réflexion pour un nouveau projet national associatif à cinq ans. La délégation du Quercy, qui regroupe les diocèses de Cahors et de Montauban n’est pas en reste. Christophe Debergue, délégué, après un bilan des cinqdernières années, donne des pistes de réflexion sur ce que sera la mission du Secours catholique à l’avenir.


Christophe Debergue, qu’est-il ressorti du bilan que la délégation du Quercy a réalisé sur les chantiers prioritaires qui avaient été retenus il y a cinq ans ?
vie_du_diocese.jpgNous entamions, il y a cinq ans, un véritable virage par rapport à la mission traditionnelle du Secours catholique. C’était la première vague de projets de délégations. Le projet était aussi un moyen de cohésion entre les deux diocèses de Cahors et Montauban et surtout un bon laboratoire pour montrer quelles étaient nos envies, avec des réussites et parfois les limites de notre action. Nous avons pris le temps de regarder les réalités qui nous entouraient pour mieux agir et répondre aux besoins locaux. Ce qui a manqué c’est sans doute un engament plus fort par rapport à nos priorités et sans doute un virage plus radical à prendre pour mener à bien nos objectifs. Je rappelle qu’ils étaient au nombre de quatre : l’emploi, aller vers les autres, les migrants, l’animation spirituelle. Ces chantiers nous ont quand même permis de progresser dans notre mission, même s’ils n’ont pas tous forcément abouti. Ce n’est pas négatif car il y a eu du dynamisme dans nos actions. Je dirais que nos priorités n’étaient pas forcément accompagnées d’un plan d’action et d’un pilotage suffisamment rapproché. Il ne faut pas perdre le point de départ, tout en trouvant les moyens d’aller au bout de nos rêves. Avoir une vision permet de se projeter dans l’avenir. L’actualité de ces dernières années a aussi pas mal bousculé nos plans !

Comment concrètement mettre en place cette vision?
Pour nous, il faut d’abord que cette vision soit réellement partagée avec les bénévoles mais aussi avec les personnes accompagnées. Nous souhaitons toujours avoir une politique réelle en matière d’accueil inconditionnel des personnes et une bienveillance systématique à l’égard de tous. C’est ce qui fait une politique d’animation forte. Aujourd’hui, nous devons voir comment nous allons la décliner dans les équipes locales et pas seulement dans la délégation.

Est-ce un des changements dus à votre bilan ?
Oui, tout à fait. Le Lot avait le sentiment d’être un peu à la traine et éloigné du lieu de prise de décision. Avant, nous avions la même politique partout, aujourd’hui, je dirais, que ce sont les lieux de vie qui priment, peu importe la structure. Il y aura bien une dynamique globale qui s’inscrira dans les territoires de vie. C’est incontournable si l’on veut vivre la fraternité. La nomination d’un aumônier par diocèse va aussi dans ce sens, elle privilégiera la proximité, l’animation spirituelle n’est pas quelque chose à part. Ce sont des personnes qui incarnent le territoire qui seront à l’œuvre.

Où en sont vos projets ?
Nous travaillons actuellement sur deux thématiques. La sortie du projet de délégation est prévue pour mars 2018. Il faudra le resituer dans un projet plus large, celui de la mission du Secours catholique, « Notre manifeste » en donne déjà un avant-goût .
La première thématique est celui de la gouvernance partagée, on ne peut pas prendre des décisions pour les personnes en précarité. Les choix doivent être collégiaux, collectifs. Par exemple, lorsqu’une

« Je vous demande d’être révolutionnaire, ayez le courage d’aller à contre-courant,ayez le courage d’être heureux. »
      Pape François, lors des JMJ

Recherche bénévoles…
Des réunions d’information auront lieu à la rentrée, elles seront très ouvertes et proposeront aux personnes qui ont envie de s’engager de mieux connaitre le projet du Secours catholique.

commission doit statuer sur le montant d’une aide à accorder ou pas à une famille, nous voudrions associer celle-ci à la décision et qu’elle soit autour de la table avec nous, pour que ce soit une décision commune. Comment construire quelque chose ensemble si on ne fait pas ce choix ? Nous touchons là au sens véritable de la charité, de l’amour de l’autre. Il y a quelques jours, nous avons inauguré à Castelsarrasin un nouveau local. L’équipe a fait le choix de le nommer « Espace Caritas ». Qu’est-ce que ce lieu sinon un lieu où l’on va prendre soin les uns des autres. C’est cette fraternité que nous devons mettre en œuvre et qui est un angle fort pour le Secours catholique.
La deuxième thématique traite de l’aide financière systématique que nous pratiquons, elle sera dorénavant accompagnée d’une réflexion et d’une action contre les causes. C’est flagrant pour l’aide alimentaire ou les factures d’électricité. Nous voulons réfléchir sur le pourquoi de la récurrence de ces aides, associer les personnes bénéficiaires. Payer une facture EDF ne résout rien, elle finance EDF ! Comment agir pour aider réellement les personnes en difficultés de paiementet les aider à sortir de cet engrenage ? Qu’est-ce qui provoque cette situation, le manque de travail, un logement mal isolé, une mauvaise utilisation du système de chauffage ? Nous voulons redonner aux gens le pouvoir d’agir et les aider à déménager si c’est la solution ! Notre attitude sera sans doute plus radicale, mais notre mission, ce n’est pas de faire des chèques mais d’accompagner pour que les personnes en précarité puissent avoir leur projet de vie.

                                                                         Propos recueillis par JF Laparre

 

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