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Responsables du bien commun

9 février 2017

 Foi et politique

Tandis que des partis politiques de droite et de gauche ont voulu des élections « primaires » pour désigner leur candidat à la présidentielle, d’autres candidats se présenteront tout aussi légitimement selon la constitution de la Vè République. Ces mois à venir sont une invitation à réfléchir…

Il est évident qu’aujourd’hui une tendance se manifeste fortement chez beaucoup de catholiques : le retrait de la vie politique et même la suspicion vis-à-vis de l’engagement, jusqu’à rejeter la pensée d’entrer dans la sphère politique.
billet.jpgComme le disait déjà un document de l’épiscopat français en 1991, « la politique est l’affaire de tous ». C’est dans cet esprit que le Conseil permanent a publié en 2016 un document de réflexion : Dans un monde qui change retrouver le sens du politique. Ce texte rappelle la nécessité pour nous catholiques de prendre part à la construction, aujourd’hui et demain, de la société française. Nous sommes responsables de la recherche et de la mise en œuvre du bien commun. Les textes qui constituent le corpus de la pensée sociale de l’Eglise sont clairs : ils insistent sur la primauté de la personne humaine dans les choix de société. « Pour l’homme, créature naturellement sociale et politique, la vie sociale n’est donc pas quelque chose de surajouté mais plutôt une dimension essentielle qui ne peut être éliminée. » Cette citation de Vatican II (Gaudium et Spes n°25) reprise au numéro 384 du Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise montre que l’homme, par sa nature, est impliqué dans le politique.
La pensée sociale de l’Eglise reprend le Concile Vatican II : « Le bien commun ne consiste pas dans la simple somme des biens particuliers de chaque sujet du corps social. Etant à tous et à chacun, il est et demeure commun, parce qu’indivisible et parce qu’il n’est possible qu’ensemble de l’atteindre, de l’accroître et de le conserver, notamment en vue de l’avenir. » (Compendium n°164).

 A la recherche du bien commun

L’action politique est donc la poursuite de ce bien commun à tous par ceux qui ont la charge de guider, de conduire et de réussir dans des réalisations qui sont bonnes, à la fois, pour chacun et pour l’ensemble. Le bien commun est la mesure de toute autorité politique. La responsabilité en revient aux individus et, bien sûr, à l’Etat. Il faut établir l’ensemble des conditions sociales qui rendront la société plus humaine, où chacun pourra grandir en humanité. L’action politique concerne donc tout le monde puisque nous sommes acteurs du bien commun : les chrétiens se doivent de participer à la vie publique comme citoyens. C’est la logique de l’Incarnation : nous avons à occuper notre place dans les débats de société, dans les lieux de décisions, dans les assemblées locales ou régionales. Je suis frappé de voir si peu de catholiques s’engager dans ce domaine alors que l’enseignement des papes successifs demande aux laïcs de participer à cette mise en œuvre du bien commun.

Les catholiques et l’engagement politique

Sous le prétexte du primat du spirituel, de la vie avec le Christ, beaucoup de catholiques ont peur de se laisser polluer par une action politique. Ils invoquent Jésus qui n’a pas pris position, oubliant que si c’était normal pour Jésus dont la mission ne devait en rien être confondue avec un combat politique, les disciples avaient des options politiques différentes voire opposées : Lévi, devenu Matthieu, était un collaborateur des Romains alors que Simon dit le Zélote était un farouche résistant à l’occupant. Les disciples, tout en suivant Jésus, n’en ont pas pour autant laissé tomber leurs idées personnelles. Chaque époque a pu voir des chrétiens authentiques dans des engagements politiques différents voire opposés. Attendre la venue d’un « parti catholique » pour se mobiliser est une erreur et un tel parti serait un leurre, confondant deux domaines séparés.
Beaucoup se refusent à faire entendre leur voix, à militer en politique parce qu’ils sont convaincus que la politique est le domaine du mensonge et de la trahison, des compromissions et des malhonnêtetés. C’est une opinion que les médias renforcent et entretiennent mais, à côté de quelques personnes aux prises avec des « affaires », des milliers d’autres se dévouent au sein des conseils et des assemblées. La politique n’est pas un domaine sale où il faut bien se garder d’entrer pour rester « entre nous », les « bons cathos ». Tous les domaines comportent « le bon grain et l’ivraie qui croissent ensemble jusqu’à la moisson » (Matthieu 13, 24-30) parce que tous les humains sont pécheurs ! Rêver d’une politique catholique, d’un monde de chrétienté, d’une société sans contradictions est le meilleur moyen pour ne rien faire et manquer à notre devoir de chrétien. Aujourd’hui les évêques avec notre pape François nous invitent à redonner sens au politique. C’est entrer dans l’Espérance car le Christ est venu sauver aussi le politique !

signature mgr ginoux.jpg

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