Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
 
Document Actions

Rencontre avec l'abbé Jean-Chrysostome Ramamonjisoa, curé de Caylus

30 janvier 2018
Rencontre avec l'abbé Jean-Chrysostome Ramamonjisoa, curé de Caylus

Père Ramamonjisoa : « Je ne me sens ni isolé, ni "étranger" ».

L’abbé Jean-Chrysostome Ramamonjisoa est curé de l’ensemble paroissial de Caylus depuis septembre 2016. Il revient sur les premiers mois de son ministère, ses découvertes et ses projets.

Il n’y pas très longtemps que vous êtes arrivé dans notre diocèse. Vous n’avez pas été surpris de cette nomination de curé ?
Oui un peu c’est évident. Mais je pense que j’étais prêt pour cette mission. J’avais tout d’abord passé deux ans à Moissac comme vicaire et j’y ai appris beaucoup, personnellement et comme prêtre. L’abbé Jean-Michel Poirier, alors curé, m’a beaucoup apporté, c’est un véritable pédagogue ! J’ai aussi à cœur d’entrer dans la culture française, de mieux maitriser la langue. Ce temps d’immersion avant une possible nomination de curé, c’était d’ailleurs le souhait de mon évêque. Quand je suis arrivé à Caylus, je me sentais prêt.
Quelles ont été vos priorités de pasteur en arrivant?
Je voulais avant toute chose être un prêtre pacifique. Vous savez, lorsqu’on arrive dans une paroisse que l’on ne connait pas, il faut être à la fois chaleureux, avoir des projets et en même temps il faut se faire une idée des relations, du climat entre les personnes. Il faut être au fait des tensions, voire des conflits qui peuvent exister, parfois de longue date et être dans l’écoute.
C’est ce que vous avez fait ?
Oui, c’était très important pour moi de connaitre les gens engagés au service de la paroisse, d’être dans une attitude bienveillante, apaisante pour que le dialogue se fasse. Dans un climat apaisé, on peut avancer, bâtir des projets. C’est ce que nous faisons au sein du conseil paroissial et j’aime beaucoup ce travail avec des laïcs. J’essaie également d’être présent le plus possible auprès des différents groupes et équipes, pour préparer la liturgie, les funérailles… La plupart étaient déjà là avant mon arrivée, certains depuis longtemps et je pense que ma place est avec eux. A présent je suis en mesure d’appeler des gens et je suis en train de composer une équipe pastorale.
Et quels sont vos liens avec la population locale ?
J’ai découvert Caylus peu à peu, c’est une petite ville un peu « dortoir » car les gens vont loin pour travailler, assez déchristianisée aussi. C’est pourquoi je recherche beaucoup le contact, j’aime rencontrer les familles, les passants. Récemment j’étais présent à la cérémonie de vœux du maire, je suis bien identifié comme étant le curé. De plus, je fais souvent des visites à domicile, chez les personnes âgées ou malades.
Et le fait que vous soyez malgache ne surprend pas ?
Pas du tout, les gens sont habitués à présent à voir des prêtres étrangers, même dans des petites villes un peu rurales ou isolées. Et puis j’ai succédé à l’abbé Hoan qui est vietnamien ! Je trouve même que la population se révèle très accueillante et ouverte. Quant aux paroissiens je pense qu’ils préfèrent un prêtre venu d’ailleurs que pas de prêtre du tout. Vraiment, je le redis, je ne me sens ni isolé, ni « étranger ». Je suis connu et reconnu. Et je pense sincèrement que nous nous enrichissons mutuellement.
Vous-même, en tant que prêtre, qu’apprenez-vous en étant ici dans ce diocèse ?
Tout d’abord je prends le temps de parfaire mes connaissances théologiques, bibliques, je lis beaucoup et j’apprécie cette « remise à niveau ». En tant que curé, je découvre et participe à la pastorale diocésaine et cela aussi est très enrichissant. Il y a tellement de différences avec mon Eglise d’origine. Par exemple je pense que les orientations données par Mgr Ginoux sont une très bonne chose. Cela nous aide à bâtir un projet pastoral. C’est quelque chose que l’on voit peu dans l’Eglise à Madagascar. Je trouve aussi très intéressant toutes les formations proposées aux laïcs, pour la liturgie, les sacrements, l’art floral, l’oraison…
Et vous, que pensez-vous apporter à votre communauté ?
J’essaie d’être un homme de dialogue, un prêtre qui partage. Par exemple, l’homélie en semaine ou le dimanche, c’est pour moi l’occasion d’un échange. Au début les gens étaient un peu étonnés que je les interpelle ainsi mais à présent ça fonctionne bien.
Qu’en est-il de la collaboration avec d’autres prêtres ?
Elles sont assez fréquentes avec l’abbé Serge Solignac, curé de Parisot et à présent Raphaël Ndiaye, depuis peu à Saint-Antonin-Noble-Val. Nos secteurs sont proches et il y a des projets à mener ensemble. Et puis maintenant nous faisons partie du doyenné de Caussade et ce sera aussi un lieu intéressant, l’occasion d’échanges et de collaboration. Vous voyez, je ne me sens vraiment pas isolé !
Vous évoquiez les orientations diocésaines. Qu’en retenez-vous de pertinent, de possible pour la paroisse de Caylus?
Je vous disais que Caylus était une ville plutôt calme, un peu dortoir mais pendant les mois d’été elle devient un lieu de vacances et la population est bien plus importante. J’ai été très intéressé dans les orientations par l’insistance sur l’accueil. Et là je fais le lien. Comment accueillir, aller vers ces vacanciers, ces gens de passage. Je pense que l’Eglise a là une occasion de rencontre, de dialogue et je vais proposer un projet sur cette question.

Propos recueillis par S. Bégasse
 

<< Go back to list