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Pratiquer l’œcuménisme est une urgence

26 janvier 2017

Pratiquer l’œcuménisme est une urgence

La semaine du 18 au 25 janvier est traditionnellement la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. La question de l’unité entre disciples du Christ est primordiale : nous ne pouvons pas nous résigner à la séparation de ceux qui proclament « un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous » (Ephésiens 4,1-6). Nous devons promouvoir cette unité : c’est l’objet de l’œcuménisme.

L’avenir de l’œcuménisme concerne d’abord chaque membre des Eglises chrétiennes. Il ne suffit pas, en effet, que les têtes des diverses confessions chrétiennes dialoguent dans une estime fraterbillet.jpgnelle, se connaissent et s’apprécient pour que la réalité change. L’ensemble du peuple de Dieu doit prendre conscience qu’il a une mission comme disciple du Christ à être acteur dans la marche vers l’unité. Chacun pour notre part nous avons à entrer dans le dialogue œcuménique.
Lorsque saint Jean XXIII ouvre le Concile, il souligne l’importance de vaincre la méfiance entre les Eglises pour parvenir à une attitude positive. Cette perspective exige d’abord que l’unité des Eglises et de leurs membres se vive en Dieu. D’autre part il ressort de cette approche que l’œcuménisme ne signifie pas l’absorption d’une Eglise par une autre. Souvent on a vu à l’origine de l’Eglise Catholique une attitude « unioniste », c’est-à-dire le retour des « Eglises séparées » vers l’Eglise Catholique Romaine. Mais nous savons par l’expérience des relations et des échanges œcuméniques que ce n’est pas le chemin. Si ce principe était posé a priori il disqualifierait les autres confessions chrétiennes et arrêterait le dialogue. Il faut de la même manière noter que le dialogue se fait dans la vérité de notre foi sans marchandage ni compromission.
La clé du dialogue œcuménique et du progrès de ce dialogue est dans la conversion de chaque Eglise et de chacun. Qu’est-ce à dire ? Que chacun revienne au Christ : si nous sommes invités comme chrétiens à une semaine de prière pour cette unité la vivons-nous vraiment ? Prions-nous à cette intention (et pas seulement une semaine par an !) ? C’est en étant de plus en plus fidèles au Christ que nous comprendrons la nécessité du dialogue avec d’autres chrétiens.

La mission de la papauté

Nous devons aussi nous rappeler que cet engagement pour l’unité est exprimé fortement par la volonté des papes contemporains. La question du ministère papal (« le ministère de Pierre ») est, en effet, un des éléments que certains peuvent penser comme un obstacle. Bien avant d’être Benoît XVI, le cardinal Ratzinger exprimait cette conviction : « la papauté continuera d’exercer trois missions essentielles :
            - d’abord, veiller à l’unité des catholiques dans l’Eglise et dans le monde ;
            - ensuite, promouvoir le dialogue entre le christianisme et les autres religions (interreligieux) ;
            - enfin, le pape sera toujours l’artisan de l’œcuménisme car il dispose d’une autorité mondiale que n’a aucun autre responsable ou organisme religieux. »
C’est pourquoi, à partir de là, les papes actuels (Jean-Paul II, Benoît XVI, François) ont régulièrement exprimé la possibilité pour l’Eglise catholique de revoir l’exercice de leur ministère.

L’œcuménisme, une dynamique à développer

La dynamique de l’œcuménisme se construit sur quatre piliers : vivre ensemble et se connaître. Agir ensemble (caritatif). Prier ensemble. Méditer ensemble la Parole de Dieu.
En œuvrant et en priant ensemble nous comprenons que le Christ est au centre de notre démarche et qu’il nous rassemble. Il nous met sur le chemin à parcourir ensemble et il est avec nous, il est la source de notre unité (Encyclique Ut Unum Sint n°40,82). Nous n’avons pas à forcer les gestes comme on a pu le faire parfois car on aboutit alors à la confusion (particulièrement au sujet de l’Eucharistie). Membres de l’Eglise Catholique nous assumons comme les autres confessions chrétiennes notre propre identité, notre Tradition, l’expression de notre foi. En revanche, nous poursuivons sans cesse la prière en commun et l’écoute et la méditation partagée des Ecritures. Les traductions communes sont un exemple probant du développement de l’œcuménisme eu égard aux combats fratricides du passé.
Il faut noter aussi tout l’engagement commun dans l’ordre de la charité et du caritatif comme nous le vivons fortement en France entre les protestants et les catholiques.

En résumé je vous invite à vous poser des questions simples : « Ai-je une conscience œcuménique ? » « La séparation des Eglises chrétiennes est-elle pour moi un mal ? » « Comment est-ce que je m’efforce de m’impliquer dans cette question ? » « Quelle démarche suis-je en train de faire dans ce sens ? » « Ai-je la volonté de participer aux rencontres proposées ? » (cf. Bulletin catholique n° 1 du 11 janvier 2017, p 16)
Il est toujours temps de se rappeler que le Seigneur nous veut unis (« Ut Unum Sint ») et que l’œcuménisme fait partie de notre vie de catholiques. L’ignorer, c’est manquer à notre fidélité au Christ. Ce temps du 18 au 25 janvier nous est donné pour nous stimuler.
 signature mgr ginoux.jpg

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