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PMA, GPA, euthanasie, transhumanisme…

6 octobre 2017

 La loi du désir

Les premières semaines de cette rentrée ont été marquées par l’annonce que le gouvernement autoriserait la PMA (Procréation Médicalement Assistée) pour toutes les femmes. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité a même avancé des dates pour son vote par le Parlement. Il est vrai que cette extension de la « procréation assistée » est au programme de M. Macron. Il y a, cependant, même dans la majorité présidentielle, des voix dissonantes. C’est pour l’Eglise le rappel à la raison humaine et à la dignité de la personne.

billet.jpgLorsqu’on parle de « procréation médicale assistée » ou d’assistance médicale à la procréation on entend l’intervention d’une technique médicale pour soigner une infertilité ou une stérilité. La loi du 6 août 2004 autorise un couple (homme-femme) à demander cette assistance selon certaines conditions. Il faut bien noter que ce n’est pas un traitement (ou une intervention chirurgicale) pour soigner la stérilité mais un ensemble de techniques (insémination, fécondation in vitro, transfert d’embryons, etc.) qui peuvent permettre à une femme de porter un enfant conçu avec son conjoint ou un donneur anonyme. Nous ne parlerons pas des échecs, de la question des embryons fabriqués et non réimplantés, mais nous devons souligner que le terme « médical » ne convient guère quand il s’agit non de soins mais de techniques, non d’améliorer un état pathologique mais de créer une vie là où elle ne semblait pas pouvoir naître. Cette question n’est pas anodine et soulève déjà des objections : jusqu’où aller pour avoir un enfant ? Un enfant est un don, il n’est jamais un bien à acquérir.

Le désir d’enfant à tout prix
Dans cette démarche apparaît nettement que le désir d’enfant à tout prix s’impose face aux conséquences psychologiques, morales, humaines. Il est vrai que plus de vingt mille enfants chaque année viennent au monde par PMA. La loi cependant a refusé de donner cette liberté aux couples de femmes même unies par un mariage civil. Or, cette liberté est sans cesse exigée par un certain nombre de personnes comme un progrès dans l’égalité entre hommes et femmes. Parce que ces personnes refusent de concevoir un enfant d’un homme par des relations sexuelles elles attendent de bénéficier d’une « procréation médicalement assistée » pour être enceinte d’un donneur anonyme sans contact avec lui. Il faut quand même affirmer que cette revendication ne peut être admise par la simple raison : il s’agit d’avoir un enfant sans père et donc de mettre au monde volontairement un orphelin. Ce « projet parental » n’est pas recevable. Il y a là une volonté égoïste de faire un enfant pour soi. On affirme que cet enfant ne sera pas malheureux puisqu’il sera aimé d’une mère (et, éventuellement, de la compagne) mais on lui aura volé son père… Voilà ce que la loi voudrait autoriser en ouvrant la PMA à toutes les femmes.

De la PMA à la GPA, une suite logique
Si la loi autorise toutes les femmes à avoir recours à la PMA au nom de l’égalité, les couples d’hommes revendiquent aussi cette égalité. Ils demandent de pouvoir concevoir un enfant hors de relations sexuelles avec une femme et, évidemment, que cette femme porte l’enfant à son terme et le remette au « géniteur » qui l’élèvera seul ou avec un compagnon. Il s’agit de la « gestation pour autrui » ou plus couramment désignée comme l’appel à une « mère porteuse ». Cette pratique est née pour assister des femmes qui ne pourraient pas porter l’ovule fécondé. L’embryon est donc implanté chez une « porteuse » qui va conduire à terme la grossesse et donner l’enfant né à « la mère ». A ce moment-là peuvent naître divers problèmes : enfant trouvé « non-conforme » ! Désaccord sur le prix établi, naissance de jumeaux, etc. En France, la GPA est officiellement interdite mais certains vont dans un pays où elle se pratique et reviennent avec un enfant « sans-papiers ». Ce n’est pas tout à fait juste car le père biologique est reconnu, de plus par le biais de l’adoption ces parents peuvent contourner la loi. Il y aurait une centaine de couples français qui annuellement aurait recours à ce procédé. Celui-ci intéresse beaucoup les hommes homosexuels qui veulent un enfant et, d’ailleurs, certains utilisent les filières connues (voir sur internet « Babygest » ou « Centre de Mères porteuses »). C’est ainsi que, même interdite en France,, cette pratique est accessible à beaucoup mais des militants veulent qu’elle soit légalisée et elle le sera !

La société est en grave danger de déshumanisation. La filiation a été remise en question, la paternité n’est plus reconnue, le féminisme irrationnel fait des ravages. Les chrétiens que nous sommes ne sont pas meilleurs que les autres mais doivent comprendre les conséquences de ces comportements aggravés quand la loi les permet. Leur racine est dans cette utopie orgueilleuse que l’homme peut s’auto-créer et dominer le créé. Cette pensée s’installe de plus en plus dans nos mentalités et nous conduit vers le transhumanisme. Nous ne pouvons y adhérer parce qu’elle détruit l’homme pour en faire un objet de la technique. Or, l’homme ne vient pas de la technique mais de l’amour de Dieu.
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