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Ouvrons nos cœurs, le Seigneur vient…

14 décembre 2017

 A Noël, accueillir un enfant

 Ancrée dans la tradition chrétienne ou pas, notre société en fêtant Noël porte en elle l’image d’un enfant. Pour nous chrétiens c’est l’anniversaire symbolique de la naissance de Dieu parmi les hommes. Et la présence de cet enfant est un appel à ouvrir notre cœur.

La venue de cet enfant du Ciel fait de chacun de nous un « accueillant » : il vient pour nous mais n’oblige personne à le recevoir. Joseph et Marie n’importuneront personne : ils trouveront refuge à l’étable avec les animaux pour y déposer le nouveau-né. Aux alentours seront prévenus les bergers mais leur travail est bien billet.jpgde veiller durant la nuit et s’ils se portent vers l’étable c’est avec joie. Leur cœur est pur et ils font partie de ces pauvres qui sont saisis par la Bonne Nouvelle. A Bethléem Joseph et Marie s’étonnent de ce que les bergers disent de cet enfant : ce sont ces êtres simples qui n’ont pas le savoir qui peuvent désigner le Sauveur. Nous ne pouvons, en effet, accueillir le Royaume de Dieu que dans la mesure où nous avons un cœur d’enfant (Marc 9, 35-37). Si, à Noël, un enfant est au centre, il ne s’agit pas de « retomber en enfance » pour un moment. La fête de la Nativité nous renvoie à une disponibilité intérieure, à une conversion du cœur pour que nous puissions sortir de nos pensées égoïstes, manipulatrices, calculatrices. Les bergers répondent d’un seul cœur à l’invitation des anges pour aller voir cet enfant : ils en reviendront transfigurés. Nous sommes appelés auprès de l’enfant de la crèche à retrouver le sens de notre vie, de notre mission. L’enfant nous met dans la vérité.

 Un enfant plein d’humilité

Cet enfant est la Parole de Dieu incarnée, « le Verbe s’est fait chair » (Jean 1, 14). Et pourtant il ne parle pas, il est silencieux. Dieu se révèle dans ce silence. Nous sommes souvent déroutés par les silences de Dieu. Et pourtant c’est la manière la plus courante que Dieu utilise pour nous rejoindre. A la crèche se déploie le mystère de l’Enfant-Dieu. Le Père vient de parler pour toujours : il a donné son fils au monde et il pourra dire un jour : « Tu es mon fils bien-aimé, moi aujourd’hui je t’ai engendré » (Luc 3, 22). Le silence de Jésus à Noël est pourtant rempli des signes de Dieu. Il nous faut saisir la présence divine au-delà des manifestations bruyantes. A la messe c’est après la consécration, quand nous contemplons le corps et le sang du Christ, que le silence s’impose à nous : « Il est là » le Ressuscité et notre adoration se fait silencieuse parce que la foi en la présence réelle n’a pas de mots suffisants pour se dire. Benoit XVI, dans son homélie de la messe de la Fête-Dieu 2012, l’exprimait ainsi : « Etre tous en silence de façon prolongée devant le Seigneur présent dans son Sacrement est l’une des expériences les plus authentiques de notre Eglise… Pour communier vraiment avec une autre personne, je dois la connaître, savoir rester auprès d’elle en silence, l’écouter, la regarder avec amour ».

Un enfant pour tous

Si les bergers sont les premiers appelés ils ne sont pas les seuls destinataires de cet enfant et ils vont faire connaître la Bonne Nouvelle largement : « Un fils nous a été donné », pourront-ils chanter en se faisant porteurs de la Parole de Dieu. Chacun peut désormais se réjouir de ce don. Le Seigneur vient pour chacun. Comprenons aujourd’hui la grandeur de cet enfant. Il nous dit la valeur unique de la vie, comme don et non pas comme une fabrication. La dignité de l’homme se fonde dans cette vie que nous avons à accueillir. Comme l’a souvent répété l’enseignement de l’Eglise catholique, « par sa venue dans le monde, le Christ s’est, en quelque sorte, uni à chaque personne humaine en devenant l’un d’entre nous. » C’est ce qui, pour nous chrétiens, fait de Noël une fête pour tous. L’Incarnation, la venue de Dieu dans notre chair, dans notre humanité, transforme nos vies. Même les plus abîmées sont illuminées de la présence divine. A partir de cette réalité un monde nouveau est là : chacun, par l’Enfant-Jésus, peut entrer dans le Royaume de Dieu. A nous de répondre et de nous laisser aimer par ce petit enfant. Il nous apprend alors à aimer les autres et à voir dans le plus petit le don de Dieu.

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