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Migrants à Bruniquel

7 janvier 2017
Migrants à Bruniquel

Migrants à Bruniquel

Leur présence nous fait vivre la fraternité en acte

Depuis novembre 2016, un centre d’accueil et d’orientation (CAO) accueille une trentaine de migrants à Bruniquel. Leur installation a entrainé des réactions très contrastées dans la population. Pour l’abbé Guy Chauchefoin, curé de la paroisse, leur présence rappelle que l’accueil de l’étranger est au cœur de la foi chrétienne.

Qui sont les personnes accueillies dans le CAO de Bruniquel et comment s’est passé leur accueil ?
Le premier groupe arrivé en octobre est constitué de 11 jeunes adultes soudanais. Ils ont été rejoints un peu plus tard par des personnes d’autres nationalités, en particulier des Afghans. Ils sont installés dans les locaux de l’ancienne gendarmerie qui ont été aménagés de façon à ce que leur séjour soit le plus agréable possible. Avant leur arrivée, l’annonce de l’ouverture de ce centre a suscité des réactions très contrastées. En septembre, j’ai assisté à la première réunion publique au cours de laquelle le préfet a présenté le projet. On a entendu des réactions négatives, des personnes s’étant déplacé pour semer le trouble, faire peur à la population en dénigrant les étrangers. Mais il y a eu également des réactions intéressantes de personnes voyant dans cet accueil une occasion d’ouverture. Le préfet lui-même a été très clair en rappelant l’importance de l’accueil de l’étranger.

Et du côté de la communauté catholique, quelles ont été les réactions ?
On retrouve les mêmes réactions que dans le reste de la population. Certains font preuve de générosité et de solidarité mais on rencontre aussi de la méfiance, du rejet et ce n’est pas normal. C’est ce que je répète inlassablement dans mes homélies. Par exemple, peu avant Noël, j’ai rappelé qu’en 2015, les enfants du caté avaient choisi d’illustrer la crèche paroissiale avec cette phrase de l’évangile de Matthieu : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli ». Ce ne sont pas juste des mots mais un programme de vie pour un chrétien. Bien sûr l’étranger bouscule toujours mais il faut oser aller vers lui. Heureusement, à Bruniquel, c’est ce que font de nombreux bénévoles.

Les choses ont donc évolué depuis la première réunion de septembre ?
En quelques semaines, le climat a complètement changé. La peur disparait, la sympathie est née, les opposants ne se montrent plus. Depuis octobre, j’ai assisté à deux rencontres festives organisées par des bénévoles, d’abord une soirée d’accueil à la salle des fêtes autour d’un repas partagé et une autre il y a 15 jours. Chaque fois, il y a une vraie mobilisation des gens du village mais aussi de personnes venant des alentours, même de Montauban. Sans compter les dons de vêtements, les cours de français…Il y a une vraie générosité autour de ces réfugiés mais je tiens à dire que la gentillesse est aussi de leur côté. Je me suis rendu plusieurs fois au CAO et j’ai rencontré de jeunes hommes reconnaissants, chaleureux qui montrent beaucoup de respect. La communication n’est pas forcément verbale mais se fait à travers des gestes.

Journée Mondiale du Migrant et du Réfugié à Montauban
Dimanche 15 Janvier 2017
En l’église Notre-Dame de la Paix à Montauban
10 h 30 - 11 h: accueil autour d’un café
11h - 12h30: accueil de Mgr Ginoux, suivi de la messe
12 h 30 – 14 h 30: apéritif offert par la pastorale des migrants puis déjeuner « sans frontières ».
14 h 30 – 16 h 30: animations, musique et chan

Vous y allez en tant que prêtre, curé de la paroisse ?
Je ne me suis jamais présenté comme tel même si on a pu leur dire qui j’étais. Ma motivation c’est la rencontre. J’y vais parce qu’ils ont besoin de voir des gens qui les aiment. Je sais que c’est aussi le cas de paroissiens qui rendent des services bénévolement. Mais ce que je constate, c’est que leur présence et la mobilisation autour d’eux m’ont permis des contacts avec les habitants.

Comment cela ?
Par exemple, je me suis adressé aux institutrices du village pour leur parler du besoin de cours de français au CAO. Avant, je ne leur avais jamais parlé. La présence de ces jeunes étrangers fédère de la solidarité, nous invite à l’ouverture. On se sent plus proches parce que nous partageons une même préoccupation. Et pour moi c’est cela la fraternité.

                                                                      Propos recueillis par S. Bégasse

Information sur les migrants hébergés en CAO
Les migrants reçus par les CAO (Centres d’accueil et d’orientation), dont deux existent sur notre département, à Bruniquel et Réalville, sont accueillis dans le cadre d’une entente entre l’Etat et les communes. Leur accueil est financé par l’Etat. La gestion est confiée à une association nommée par l’Etat, en Tarn-et-Garonne, l’UDAF. Le Secours catholique et Emmaüs ont aussi été sollicités pour apporter leur expérience et leur aide matérielle.
En même temps, il est fait appel à la solidarité de tous les citoyens, sous forme d’aides ponctuelles, apports matériel, présence, cours de français, loisirs.
Les trente mineurs afghans accueillis à Réalville le sont dans ce cadre. Les migrants accueillis dans les CAO, n’ont pas vocation à rester sur les sites qui les accueillent. Ainsi, parmi les mineurs de Réalville, certains attendent de rejoindre leur famille en Angleterre, d’autres devraient être placés en familles d’accueil.
La pastorale des migrants n’est pas impliquée dans l’accueil ou l’accompagnement pratique de ces jeunes. Elle essaye de jouer un rôle de courroie de transmission entre les paroisses et ces migrants et voudrait susciter le désir d’entrer en contact avec eux. Le pôle évangélisation jeune a été contacté et va proposer une journée de rencontre entre jeunes migrants et non-migrants.

                                                                      Marie Karpoukhine,
                                                                              Service diocésain de la pastorale des migrants

 

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