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Ma joie a été d’éduquer au nom du Christ

4 juillet 2017

Le directeur diocésain de l’Enseignement catholique part à la retraite

Christian Gerno est depuis sept ans le directeur diocésain de l’Enseignement catholique pour les diocèses de Montauban et d’Albi. Il part à la retraite le 1er juillet, une occasion de faire le point sur ce qu’a été sa mission en Tarn-et-Garonne.


M. Gerno, avant de vous demander comment vous regardez ces sept années passées au service du diocèse de Montauban, pouvez-vous nous rappeler quelle est la mission d’un directeur diocésain de l’Enseignement catholique ?
Pour moi, être directeur, c’est d’abord être un collaborateur fidèle de l’évêque qui vous demande de vie_du_diocese.jpgpasser dans le concret à partir d’orientations diocésaines données pour l’Enseignement catholique. Notre rôle est de persuader toutes les parties d’une institution que les enfants sont au centre de notre mission en matière d’éducation. Notre regard sur chaque enfant doit découler du regard du Christ sur chacun de nous. Les parents qui font le choix d’un établissement catholique doivent trouver cela dans chaque interlocuteur qu’ils auront. Ma mission puise au quotidien dans l’anthropologie chrétienne. L’école est un lieu d’évangélisation.
Par exemple, je dis souvent aux enseignants qu’il n’y a pas une manière catholique d’enseigner les mathématiques, par contre lorsqu’ils enseignent, s’ils ont à l’esprit les Béatitudes comme on pourrait faire référence à une charte, ils feront toute la différence. « Heureux les artisans de paix » : être artisan de paix dans sa classe, dans la salle des professeurs change tout, notamment le climat général de l’établissement. « Heureux les doux » : comment s’adresse-t-on aux élèves, comment aide-t-on un jeune à se relever, comment se parlent-ils entre eux ? Nous devons nous intéresser à la personne des élèves. Je conseille fortement aux enseignants de prendre une heure pour lired’une seule traite l’évangile de Marc. Vous l’avez compris ce qui est important dans les écoles catholiques c’est Jésus ! S’il n’est pas là, c’est l’école privée… de l’essentiel !

Qu’est-ce qui vous a particulièrement plu dans votre mission ?
J’ai fait ce que j’ai aimé, c'est-à-dire prendre part à l’éducation des jeunes. Au début de ma carrière, j’ai été enseignant en Gironde et ensuite directeur diocésain, d’abord dans les Landes et ensuite en Tarn-et-Garonne. Mon objectif c’est toujours de permettre aux enfants de devenir ce qu’ils sont, nous devons leur montrer le chemin. Pour les disciples du Christ, sa parole est un trésor qui rend heureux, comment ne pas vouloir partager cela avec les autres ? Nous sommes aimés de façon unique. De la découverte du Christ et de la vie éternelle découle le projet éducatif et je dois en tant que directeur convaincre que ce qui est important, ce sont les enfants qui nous sont confiés. Ce qui est premier c’est la vision que l’on a de ce que le Christ attend de nous. Il croit toujours que chacun peut être meilleur.

Que pensez-vous de l’institution elle-même ?
L’Enseignement catholique ressemble, vous me pardonnerez cette image, à un millefeuille indigeste. C’est un empilement de couches : des réformes, des ajouts au fil des décennies, qui mélange l’associatif, l’Eglise, des professionnels et l’Etat via un ministère. Sans compter que s’interpénètrent le droit de l’Eglise, le droit associatif et le droit civil. Paradoxalement, aujourd’hui nous constatons que notre interlocuteur, le ministère de l’Education nationale avance et essaie de travailler en accord avec son époque alors que nous, nous sommes en quelque sorte figés par un système qui est daté. Aujourd’hui, quelle est la conformité avec le projet d’Eglise que porte l’évêque du lieu ? Nous avons besoin de réfléchir sur les structures de gouvernance qui sont de moins en moins adaptées. Je pense aussi que nous ne pouvons plus arriver en ordre dispersé lorsque l’on rencontre un recteur d’académie, qui sera à terme à Montpellier, et qui mène une réflexion globale, régionale qui dépasse les frontières cantonales ou départementales. Quelle influence pouvons-nous avoir sur ces réflexions ?

Vers quoi allons-nous ?
Pour le diocèse de Montauban, à la rentrée scolaire nous serons dans une direction commune avec Toulouse et Pamiers, ce qui représentera environ 50% des effectifs des établissements scolaires en Midi-Pyrénées, c’est de plus un secteur dynamique où nous enregistrons une nette augmentation des effectifs, il y a partout des listes d’attente pour inscrire les enfants et les jeunes dans nos établissements scolaires. C’est bon signe. En matière d’organisation, le fonctionnement se fera en réseaux territoriaux, il y aura quatre secteurs dans le diocèse pour les établissements avec un coordinateur pour chacun d’eux. Notre objectif est de faire vivre le terrain en créant des structures qui seront au plus près des réalités. Je suis heureux de cette perspective pour l’Enseignement catholique en Tarn-et-Garonne.

Quels sont vos projets pour la rentrée ?
Je vais prendre une année sabbatique pour commencer, donner de la place à ma passion qui est l’histoire de l’art, m’occuper de ma famille, de mes petits-enfants, faire du sport. Après nous verrons, des associations me sollicitent, notamment dans l’aide aux personnes qui sont en recherche d’emploi. En fait, je vais continuer à faire ce que le Seigneur me demande de faire. Jusqu’à présent, j’en ai été heureux.

                                                                       Propos recueillis par JF Laparre
 

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