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Le travail et la personne humaine

4 mai 2017

Tandis que le premier mai se veut « Fête du travail » et que l’Eglise catholique honore saint Joseph « travailleur » …

En 1981, saint Jean-Paul II, voulant marquer les 90 ans de l’encyclique sociale de Léon XIII, RerumNovarum, publia une encyclique sur le travail de l’homme, LaboremExercens. Elle approfondissait la réflexion à la lumière de l’Ecriture et des réalités du monde. Même si notre monde a largement évolué depuis 1981 il reste que les points fondamentaux de cette analyse sont incontournables. Le compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise reprend cette étude sur le travail et je veux en retenir deux points : l’approche du travail dans les Ecritures et le droit au travail.

vie_du_diocese.jpgAvant la chute (« péché originel »), dans le livre de la Genèse, la Bible présente Dieu comme créateur des choses « visibles et invisibles » selon les mots du Credo. A l’homme et à la femme, Dieu confie cette création en leur demandant de « cultiver et de garder » les biens qu’il leur donne à gérer : cultiver la terre veut dire en prendre soin. Tout existe pour contribuer au bien de l’homme qui, collaborant avec le Créateur, a reçu ces biens comme un don venant de Dieu. Il n’en est pas propriétaire et travaille paisiblement pour les faire fructifier. Le travail n’est ni punition ni malédiction, il fait partie de la nature humaine. Quand le péché coupe l’homme de Dieu, l’une des conséquences est que le travail devient pénible parce que l’harmonie originelle entre l’homme et Dieu est détruite (Genèse 3,17). Nous allons cependant retrouver au cœur même de la nécessité du travail humain la place centrale du repos sabbatique. Ce repos du sabbat annonce dans la Bible le repos du sabbat éternel. Il se vit en union avec Dieu qui le septième jour s’est reposé de son travail de création. Ce repos rappelle que ce jour-là on fête Dieu et on se soucie des pauvres.
Avec Jésus le travail est toujours honoré : lui-même a donné l’exemple en travaillant avec Joseph comme charpentier (Matthieu 13, 55). Il fait allusion aux métiers de son temps. Il rappelle que la personne humaine ne peut pas être asservie par le travail. Le travail est un bienfait pour l’homme qui le vit et une participation à l’œuvre du Créateur. Le travail participe aussi à l’œuvre de rédemption : l’homme porte sa croix dans le travail et par cette action libre il contribue au salut de l’humanité.
Les fidèles du Christ vivent le travail à la manière du Christ et en font une occasion de témoignage pour les autres : c’est l’invitation de saint Paul qui fustigent « les affairés sans rien faire ».

Le droit au travail
La pensée de l’Eglise enseigne la valeur du travail qui est nécessaire pour la personne et pour la société. Le pape Jean-Paul II définit le chômage comme une « calamité sociale ». Le bien commun demande que les Pouvoirs publics donnent du travail à chacun. Une société dans laquelle les mesures de politique économique ne permettent pas aux travailleurs d’atteindre des niveaux d’emploi satisfaisants « ne peut ni obtenir sa légitimation éthique ni assurer la paix sociale », rappelle le Catéchisme de l’Eglise Catholique (n°2433-2436). Ces situations nous sont de plus en plus familières et nous savons qu’un taux élevé de chômage est un obstacle majeur pour la vie d’une société, en particulier pour les jeunes. Nous pouvons attendre du nouveau gouvernement qu’il œuvre efficacement pour améliorer cette situation, source d’exclusion sociale. Les problèmes de l’emploi concernent l’Etat non pas tant pour qu’il soit dispensateur du travail comme dans le système marxiste mais pour qu’il soutienne et encourage les entreprises, favorise les produits fabriqués en France et stimule l’innovation. Evidemment une telle dynamique est liée aux relations internationales et aux choix politiques et passe par un réel effort vis-à-vis des entreprises.
Le travail humain est un droit d’autant plus essentiel qu’il contribue à la dignité de la personne et assure les moyens de faire vivre une famille. L’Eglise rappelle que le travail des femmes doit tenir compte « de leur dignité et de leur vocation » en ne les contraignant pas à abandonner leur vocation à la maternité pour se plier aux exigences du travail. Autrement dit des solutions équitables doivent leur être proposées dans le cadre d’une loi juste. Une catégorie particulière de personnes est concernée par le droit au travail : la vague d’immigration que nous connaissons porte un grand nombre de ces étrangers à chercher à mieux vivre. Ils viennent vers nos pays « riches » et nous avons peur de partager cette richesse. Contrairement à ce que l’on dit, la plupart veulent gagner honnêtement leur vie et travailler. Ils font d’ailleurs ce que nous, résidents installés, ne voulons plus faire ! Mais leur situation irrégulière est un obstacle. C’est pourquoi il est nécessaire de les aider à être régularisés pour leur permettre de vivre dignement. Un chrétien ne peut se dérober à cet appel. Nous ne pouvons pas abandonner ceux qui arrivent chez nous mais nous aurions dû aussi leur fournir des conditions de vie décentes dans leur pays d’origine.

Cette rapide réflexion permet de souligner que le travail est une vocation universelle par laquelle toute personne est appelée à se réaliser. Chacun a droit au travail et c’est un devoir vis-à-vis de soi-même et de la société que de travailler. Le manque de travail tend à déshumaniser la personne. Donner du travail c’est faire grandir en humanité.signature mgr ginoux.jpg
 

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