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Le pèlerin malade est d’abord un croyant

11 janvier 2018

 Hospitalité diocésaine Notre-Dame de Lourdes

Jean-Claude Boutines s’est vu confier la responsabilité de l’Hospitalité diocésaine Notre-Dame de Lourdes au cours de l’été 2017. Fort de 45 années d’engagement, il partage ses convictions pour ce service d’Eglise.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours en Eglise jusqu’à cette nouvelle responsabilité au sein de l’Hospitalité diocésaine Notre-Dame de Lourdes ?
J’ai eu des engagements dans l’Eglise dès mon plus jeune âge. D’abord au sein de la paroisse de Beaumont-de-Lomagne. Lorsque notre curé, l’abbé Fourquier, est décédé en 1991 et que nous n’avions vie_du_diocese.jpgalors plus de curé résident, nous avons été un certain nombre de bénévoles à prendre en charge l’animation pastorale, avec l’accord de Mgr de Saint-Blanquat, alors évêque de Montauban. C’était le tout début des équipes d’animation pastorale dans le diocèse et une formation nous était proposée à l’Institut catholique de Toulouse. Je l’ai suivie pendant deux années et je dois dire que cela m’a beaucoup apporté au niveau de ma culture chrétienne et dans mon engagement dans la paroisse. J’ai ensuite suivi une autre formation en art sacré et liturgie.

Qu’en est-il de votre lien avec l’Hospitalité Notre-Dame de Lourdes ?
C’est une longue histoire puisque je suis engagé depuis 45 ans ! J’avais 17 ans lorsque j’ai été parrainé et que je suis devenu bénévole. Il faut dire que déjà je venais à Lourdes chaque année avec ma famille et cela m’a donné le goût de m’engager auprès des malades. De plus, depuis 15 ans environ, je suis hospitalier de Lourdes, une mission qui nous demande d’être au service une semaine par an.

C’est différent de votre engagement au sein de l’Hospitalité ?
Etre hospitalier à Lourdes, c’est un service d’accueil des pèlerins malades ou handicapés. C’est souvent épuisant car cela demande beaucoup de disponibilité mais on fait des rencontres extraordinaires. Actuellement, par exemple, je suis au service des piscines. Etre témoin de la joie des malades, quelle grâce ! Avec l’Hospitalité diocésaine, nous sommes plus dans un service d’accompagnement. Mais nous y vivons également des moments très forts. C’est un beau mouvement d’Eglise qui nécessite beaucoup d’organisation et de bénévoles.

Que pouvez-vous nous dire justement de son fonctionnement ?
Actuellement l’organisation repose sur 19 personnes, chacune chargée d’une mission spécifique : service des cars, bagagerie, gestion administrative, prise en charge des enfants… En plus de ces personnes chargées de l’aspect organisationnel, un grand nombre de bénévoles est indispensable pour être auprès des pèlerins. La capacité d’accueil est de 100 malades et il faut prévoir 2 hospitaliers par malade, ce n’est pas rien.

Qui sont ces hospitaliers bénévoles ?
Il n’y a pas de profil type, certains sont réguliers, d’autres viennent pour voir, pour vivre une expérience. Nous avons également la chance de compter sur un certain nombre de jeunes. Mais, depuis 45 ans que je suis engagé à l’Hospitalité, je constate une évolution chez la plupart des bénévoles. La générosité demeure, c’est la motivation qui a évolué.

En quoi a-t-elle évolué?
Depuis quelques années ce qui est premier c’est la notion de service de la personne. Les personnes qui s’engagent pour accueillir, accompagner, brancarder le font pour rendre service, être utile et c’est bien sûr une très bonne chose. Mais il me semble qu’on a perdu le sens premier de ce pèlerinage à Lourdes qui est d’abord spirituel. Certes ces personnes sont malades, parfois handicapées lourdement mais si elles viennent là pendant quatre jours c’est pour vivre une expérience de foi que ce soit pendant les processions, les célébrations ou à la Grotte… Et il ne faudrait pas l’oublier. Les hospitaliers devraient être aussi dans cette démarche de pèlerinage. Prier avec une personne malade est aussi important que l’aider physiquement.

Comment redonner ce sens spirituel ?
Je pense qu’il faut oser le rappeler aux bénévoles. Cela ne veut pas dire imposer quoi que ce soit à des personnes qui donnent de leur temps avec beaucoup de générosité mais il faut que chacun comprenne et respecte l’attente spirituelle des pèlerins qui, encore une fois, sont malades mais sont d’abord des croyants. L’Hospitalité diocésaine repose sur une sorte de trépied : le médical, l’organisation et le spirituel et les trois aspects sont nécessaires et complémentaires.

Cette année, pour la première fois, le pèlerinage de l’Hospitalité diocésaine Notre-Dame de Lourdes se joindra au pèlerinage du diocèse. Pourquoi cette décision ?
Effectivement il y a longtemps que l’idée faisait son chemin avec comme motivation principale de réunir tous les diocésains au même moment. On peut effectivement regretter que les malades vivent un pèlerinage « à part ». Mais c’est un défi à relever car organiser un pèlerinage avec des personnes souffrantes est très exigeant. Il faudra trouver le moyen de tout mettre en œuvre pour que cette communion recherchée se vive, c’est d’ailleurs pourquoi nous travaillons beaucoup avec le service diocésain des pèlerinages. L’important est que chaque pèlerin soit accompagné et vive pendant ces quatre jours un véritable moment de foi et de grâce.

                                                                       Propos recueillis par S. Bégasse
 

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