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Le ministère du prêtre

30 juin 2017

Communion, service et mission

La fin de l’année pastorale qui correspond à l’année scolaire a vu l’ordination d’un prêtre ce 25 juin 2017 et, selon l’habitude, les nominations nécessaires au fonctionnement du diocèse. Ces nominations, très difficiles en raison du manque de prêtres, sont conduites par la mission même du prêtre au cœur de l’évangélisation. Les deux donc –sacerdoce et mission -sont liés.

billet.jpgEn ordonnant un prêtre ce 25 juin, je crée un « lien spécifique qui unit le prêtre au Christ, prêtre suprême et Bon Pasteur » (Jean-Paul II in PastoresDaboVobis). Le prêtre participe au sacerdoce particulier du Christ, seul médiateur entre Dieu et les hommes. Le prêtre est placé dans une relation particulière avec la sainte Trinité pour continuer la vie et l’action du Christ dans le monde (Vatican II, PresbyterorumOrdinis). Si par le baptême nous devenons membres du Corps du Christ, « prêtres, prophètes et rois, sacerdoce saint et royal » (1Pierre 2, 5-9), par le sacerdoce ministériel, des baptisés sont appelés à être configurés au Christ pour le salut du monde. Cette vocation est un don voulu par le Christ à son Eglise parce qu’il a associé ses apôtres à sa mission « comme le Père m’a envoyé moi aussi je vous envoie » (Jean20, 21). Le prêtre est appelé, consacré et envoyé pour accomplir aujourd’hui la mission du Christ : annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu et accomplir les signes efficaces du Royaume (les sacrements). Le prêtre ne remplit pas une fonction qui lui serait extérieure mais il est configuré au Christ, « autre Christ » pour agir en ses lieu et place. Il est là pour rendre présent le Christ et par là constituer l’Eglise du Christ. La vie que le Christ donne à son Eglise est authentifiée : l’Eglise prend conscience qu’elle n’existe pas par elle-même ni pour elle-même mais qu’elle vient du Christ pour le salut du monde. Le pape François rappelle souvent le danger d’une « Eglise auto -référentielle », c’est-à-dire qui ne se réfère qu’à elle et se suffit à elle-même. C’est ce que nous faisons quand nous nous fermons sur nous-même ou notre clocher en refusant d’être évangélisé par l’Eglise Universelle.

 La mission

Dans cet esprit le prêtre est avant tout l’homme de la mission, d’abord en vivant du Christ (dans la prière et les sacrements), en annonçant le Christ comme Sauveur du monde, en témoignant de sa foi à travers sa vie et le service de tous, particulièrement des plus pauvres, en donnant à tous ceux qui cherchent Dieu ou qui ont besoin d’en vivre les moyens d’avancer dans la foi, en soutenant les démarches spirituelles des fidèles et en répandant « la bonne odeur du Christ » (saint Paul). Le pape François invite à chercher de nouvelles voies pour porter l’Evangile à tous, « aux périphéries existentielles ». Le prêtre est aussi inventif dans la manière de transmettre le message de l’Evangile toujours immuable mais toujours incarné dans un monde particulier. Bien sûr il ne peut le faire sans les laïcs (et les consacrés !) dont la vocation baptismale fait d’eux aussi des « disciples-missionnaires » (Pape François). Il s’agit donc pour le prêtre d’être l’homme de la communion et du service.
C’est par là que nous pouvons parvenir à la difficile question des nominations des prêtres. Nous sommes à cette période de l’année où se font la plupart des nominations parce que l’année pastorale semble suivre l’année scolaire comme c’est souvent le cas en France.

 Les nominationsElles sont pour l’évêque et son conseil une difficulté majeure car le nombre des prêtres diocésains disponibles est très réduit et 35 d’entre eux ont passé les 75 ans, âge officiel de la retraite. Par ailleurs il faut compter avec la santé et les limites des uns ou des autres. Il y a donc lieu de faire appel à des prêtres « venus d’ailleurs » qui, par contrat signé entre leur évêque et moi-même, sont prêtés pour un temps au diocèse. Bien entendu l’accueil et la découverte du diocèse doivent se faire pour eux peu à peu. Il faut du temps pour passer d’une culture à une autre, d’un monde à un autre. C’est pourtant une heureuse participation de ces prêtres plutôt jeunes à la vie d’une Eglise plutôt vieille mais ils en sont parfois déroutés. De la même manière les ensembles paroissiaux ne sont pas toujours à même d’accueillir et d’accompagner le prêtre étranger. C’est donc un chemin à parcourir réciproquement et ce chemin n’est pas une autoroute bien tracée ! C’est pourquoi, alors que dans le prochain Bulletin Catholique seront publiées les nominations, je vous invite à prier l’Esprit-Saint pour qu’avec le conseil épiscopal, je discerne au mieux ce qui est juste tout en sachant les limites de notre pauvreté en prêtres. Que notre prière se fasse toujours plus forte : « Seigneur, donne-nous des prêtres ! »
 signature mgr ginoux.jpg

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