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La personne malade : un frère, une sœur…

8 février 2018

 La personne malade : un frère, une sœur…

Au commencement de l’histoire biblique Dieu interroge Caïn : « Qu’as-tu fait de ton frère ? » (Genèse 4,9) et Caïn répond : « je ne sais pas. Suis-je le gardien de mon frère ? ». Ce dialogue tragique puisque, par jalousie, Caïn a tué Abel, est le point de départ de la violence dans l’humanité. La mort provoquée vient abimer le plan de Dieu : le mal, la souffrance sont là et l’homme en est victime même s’il provoque ces situations. Il faudra attendre le Christ pour que la violence soit dépassée par le don que le Christ fait de sa vie. Parce que, en se faisant homme, « selon la chair » écrit saint Paul, c’est-à-dire vulnérable, faible, pauvre, Dieu en Jésus-Christ s’associe en quelque sorte à tout être humain. Alors nous sommes appelés à voir le Christ en tout homme qui souffre.

billet.jpgDepuis longtemps l’humanité a compris que procurer un soin à quelqu’un faisait partie d’un devoir d’assistance d’humain à humain et ce devoir s’étend même aux animaux domestiques, à ceux qui travaillaient pour l’homme. Mais cette aide, ce secours, s’exerçait auprès de ceux que l’on aimait ou, du moins, que l’on souhaitait voir en bonne santé ou en capacité de service. Il n’était pas question de soigner son ennemi ou ceux que l’on méprisait ou les « inutiles ». La Bible ne manque pas de donner des exemples de meurtres et d’actes sanglants commis même par des élus de Dieu : Joseph est vendu par ses frères (Genèse 37,27), David fait tuer Urie, le mari de Bethsabée qu’il a séduite. Bien sûr, les prophètes dénoncent ces crimes et ne cessent d’appeler à la conversion.

Le souci de l’autre : accompagner et soigner
Avec la Nouvelle Alliance et l’enseignement de Jésus le commandement de l’amour du prochain, même si la loi de Moïse l’énonçait déjà, devient un impératif égal à celui du commandement de l’amour de Dieu. C’est pourquoi, depuis les origines du christianisme, le souci (cura : soin) des plus démunis a préoccupé les disciples du Christ. La création des écoles, des hôpitaux (« Hôtel-Dieu »), des congrégations religieuses soignantes, accueillant tous les « blessés de la vie », de nombreuses personnes poussées par leur foi (comme un Jean Vanier ou Cicely Saunders, initiatrice des soins palliatifs), tout cela est la réponse à l’appel du Christ qui nous fait voir dans le malade, le pauvre, le réfugié, un frère à aimer et à soigner. Ces initiatives ont rejoint divers domaines de la société : Don Bosco et les Salésiens pour les jeunes, Mère Térésa pour les personnes les plus abîmées des grandes métropoles, l’abbé Pierre et les Compagnons d’Emmaüs, le père Joseph Wrezinski avec ATD-Quart-Monde sans compter des centaines et des centaines de milliers d’engagements discrets pour le respect, la dignité et le soin de toute personne souffrante. C’est la réponse humaine et, évidemment, chrétienne à toute détresse venir en aide, soigner, accompagner, procurer un meilleur état.

Notre engagement au service de la personne malade
La parabole dite du Bon Samaritain (Luc 10, 29-37) nous porte directement vers la présence à l’homme qui souffre. A la question du scribe « qui est mon prochain ? » Jésus répond par cette parabole. Il nous invite par-là à nous arrêter auprès de la souffrance d’une personne quelle qu’elle soit. Il s’agit d’ouvrir notre cœur (et nos mains) à l’appel de l’autre. L’homme qui s’arrête, ce samaritain, a d’autres choses à faire, un chemin à parcourir, il s’oublie lui-même pour l’autre qui est non seulement un inconnu mais d’un clan ennemi. Et, pourtant, il en prend soin. Nous retrouvons ici la règle d’or de toute vie chrétienne : « Faire aux autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous ». En célébrant le dimanche de la santé, l’Eglise nous pose la question : « Que fais-tu de ton frère malade ? » Quelle sera notre réponse ? L’indifférence, le renvoi à la médecine et aux centres de soins ? Ceux-ci sont, certes, indispensables mais que puis-je apporter aux souffrants ? Je peux apporter la chaleur d’une présence fraternelle, l’écoute, le soutien par la prière et la visite.
Il serait souhaitable que beaucoup répondent à cet appel en allant visiter les personnes malades. Nos équipes de visiteurs paroissiaux du Service évangélique des malades (SEM), nos équipes d’aumônerie d’hôpital et de cliniques manquent de bénévoles pour apporter le réconfort d’une présence.
Je lance un appel très fort pour que des personnes acceptent de rendre ce service en s’engageant auprès des aumôneries hospitalières et des paroisses. C’est une urgence car nombreux sont ceux qui désespèrent tandis que beaucoup ont oublié la parole de Jésus : « J’étais malade et vous m’avez visité » (Mt 25). Dépassons nos peurs et nos faux arguments pour aller vers ceux qui attendent le regard aimant d’un frère, d’une sœur, le mien, le nôtre !

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