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La crèche

15 décembre 2017
La crèche

Une crèche à La Ville-Dieudu- Temple pour dire la réalité de nos existences

Dieu se fait homme aujourd’hui

Installée dans les maisons et les églises, la crèche exprime le sens de la fête de Noël et le mystère de la naissance de Jésus. Loin d’être un objet décoratif, elle est le signe de l’amour de Dieu pour les hommes d’aujourd’hui. Tel est le sens du message de l’abbé Jean-Louis Mothe à ses paroissiens et de l’initiative menée dans l’ensemble paroissial de La-Ville-Dieu-du-Temple autour des crèches.

Pour les chrétiens, faire une crèche est une tradition, elle exprime le sens de cette fête. En se faisant homme, Jésus, Fils de Dieu, vient habiter dans nos logis et dans nos cœurs. Mais à Noël, nous ne fêtons pas un évènement du passé, c’est chaque jour que Dieu se fait proche des hommes. La crèche, symbole de la venue de Dieu sur terre, se doit donc de dire quelque chose de notre monde actuel avec ses lumières et sa beauté, sa violence et ses obscurités. C’est ce qu’a exprimé récemment l’abbé Jean-Louis Mothe dans le bulletin paroissial d’Ardus1 :
« Depuis des siècles, l'ineffable mystère de l'Incarnation trouve sa matérialisation artistique dans des myriades de crèches réalisées par les soins de fidèles des quatre coins du globe. Par leur caractère sentimental et familial, mais aussi profondément théologique, elles sont devenues des éléments incontournables du paysage religieux de Noël. Peut-on en effet imaginer un Noël sans crèche ? Qu'elles vie_du_diocese.jpgfassent partie de l'espace liturgique de nos églises ou de nos maisons, ou même des lieux publics, elles attendrissent toujours le cœur des hommes, venant chercher auprès d'elles un peu de l'innocence du monde perdu de leur enfance. Qu'elles soient baroques ou folkloriques, carnavalesques ou ascétiques, minuscules ou gigantesques, toutes expriment le même mystère, celui de la Rencontre prodigieuse entre le ciel et la terre. Le moment de la remise de l'Enfant-Dieu dans le berceau, élément central de la scène perpétuée de Bethléem, constitue toujours l'action paraliturgique la plus touchante dans la célébration de Noël, et plus particulièrement encore pour des familles ayant reçu récemment le cadeau d'une nouvelle naissance. Bien qu'au premier regard la crèche de notre église ressemble à toutes les autres, trois éléments spécifiques lui donnent la particularité d'une crèche dite "biblique". Le premier élément, qui chatouille notre regard, c'est la flamme de Bethléem, vacillante. Elle nous plonge dans l'intimité et la confiance exemplaire en la volonté de Dieu, qui régna au sein du foyer de la Sainte Famille. Le deuxième élément qui attire notre attention est la grande Bible ouverte, accueillant à bras ouverts l'Enfant Jésus, tel le berceau le plus ancien de la terre. En effet, toutes ses pages l'avaient chanté et prédisaient sa venue. N'est-ce donc pas le lit le plus adapté pour Celui qui est venu, qui vient et qui reviendra ? Le troisième et dernier élément singulier, c'est bien l'autel, cadre rassembleur pour tous les éléments de la scène évangélique de la Nativité. N'est-ce pas l’endroit par excellence où le Christ se rend présent pendant toutes nos Eucharisties, lieu des "éternelles naissances" du Corps du Christ ? A l'ensemble des éléments de notre crèche, crèche agencée ingénieusement par les "petites mains artistiques" de notre paroisse, il manquera peut-être le dernier et l'essentiel, notre cœur. Mais notre cœur, nous l'apporterons spontanément la nuit de Noël pour le déposer aux pieds du Prince de la paix...
Malgré toutes les récupérations idéologiques, sociales ou culturelles de Noël, cette fête dérangera toujours. Hélas ! Car la fête de Noël, avec sa crèche inséparable, témoignera pour toujours de l'entrée de Dieu dans le cours de l'histoire des hommes. Cette entrée s'est faite grâce à une femme, une Vierge, une humble fille, la nouvelle Eve. Ainsi, ceux qui

Une crèche en Inde

prônent le monde sans Dieu ne peuvent être que les adversaires de Noël. Ceux qui voient dans une naissance davantage de danger que de chance pour l'humanité ne peuvent être que ses adversaires. Ceux pour qui le modèle traditionnel d'une famille humaine n'est qu'une relique du passé ne comprendront pas la crèche. Ceux qui voient en la femme un sujet de soumission et d'exploitation esclavagiste se détourneront de la crèche. Ceux qui n'arrivent pas à quitter les "manteaux ensanglantés des guerriers" ne viendront pas vers la crèche... Toutes les tentatives de l'abolissement de Noël, entreprises régulièrement par ses adversaires à travers l'histoire, n'ont qu'un seul but : l'éradication du temps chrétien. Cette adversité ne date pas d'aujourd'hui et ne peut en aucun cas ternir la joie et l'enthousiasme que procure cette fête unique à tous les hommes de bonne volonté. Il nous suffit de glisser notre "oui" dans le "oui" de Marie pour pouvoir s'en émerveiller sans cesse et recouvrer l'esprit de la divine enfance. »

Dieu a les pieds sur terre

A La-Ville-Dieu-du-Temple, une réflexion autour de la crèche s’est fait jour à partir de questions émises par les enfants catéchisés. « Quand on dit qu’à Noël, Dieu vient chez nous, qu’est-ce que cela veut dire ? » Cette interrogation pleine de sens a interpelé l’équipe chargée de la préparation de Noël composée de catéchistes, équipes liturgiques et personnes responsables de l’entretien des églises : « A notre tour, nous nous sommes posé cette question : « Où est Dieu ? ». Nous avons conclu que Dieu n’était pas dans le ciel mais avait bien les pieds sur cette terre, dans ce monde qui nous entoure et qu’il aime. A nous de le regarder et de le rendre présent dans nos crèches et nos célébrations. Ce faisant, nous rendons la Parole de Dieu vivante. » Dans l’équipe, l’idée a bousculé les cœurs et les habitudes mais de façon positive. Pendant le partage, quelqu’un s’est souvenu que les familles en deuil parlent souvent de Dieu comme de quelqu’un de lointain, qui tiendrait nos destinées dans sa main. Or, nous croyons en un Dieu qui pleure avec nous. A Noël, c’est ce Dieu proche que nous célébrons, tellement proche qu’il est venu parmi nous, humblement. A partir de cette affirmation, il a été décidé que la crèche de huit églises de l’ensemble paroissial donnerait à voir la présence de Dieu dans les réalités de nos existences. A La-Ville-Dieu-du-Temple, en lien avec les enfants catéchisés, une maison a été réalisée faisant ainsi le lien avec les familles qui installent une crèche dans les leurs. A Labastide-du-Temple, elle sera installée sous un tipi pour manifester l’universalité de la venue du Seigneur. Aux Barthes, Dieu viendra au monde dans un lotissement, habitat de plus en plus répandu dans nos campagnes. L’église de Montbeton honorera le monde agricole, c’est dans une ferme que sera déposé l’enfant Jésus. Tout au long de sa vie, Jésus a rencontré et apaisé des malades. A Saint-Porquier, c’est dans un hôpital qu’il prendra place. Ses différentes « crèches » montreront ainsi la présence de Dieu fait homme ici et maintenant.

                                                                               S. Bégasse


 

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