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La Cimade agit auprès des migrants à Montauban

4 décembre 2017
La Cimade agit auprès des migrants à Montauban

« Nous voulons aussi interpeller l’Etat sur l’hébergement d’urgence insuffisant »

 Il n’y a pas d’étrangers sur cette terre !

Marion Castelnau-Rouillard et Marie Carladous sont toutes deux bénévoles pour la Cimade, organisation d’origine protestante. Marion, après avoir été responsable localee, ellea été élue au conseil national de la Cimade depuis juin dernier. Elle est la secrétaire du bureau national. Marie Carladous, médecin PMI à la retraite a été sensibilisée par son travail auprès des mères étrangères et a aimé la vision bienveillante que la Cimade avait des étrangers, c’est ce qui l’a décidée à tenir des permanences d’accueil.


Marion Castelnau-Rouillard et Marie Carladous, vous êtes toutes les deux impliquées à La Cimade qui est très active auprès des migrants. Comment caractériseriez-vous votre engagement ?

Marion Castelnau-Rouillard : Nous essayons d’accompagner les personnes migrantes qui viennent nous voir. On est avec et c’est le plus difficile car nous rencontrons les plus pauvres parmi les pauvres. Notre rôle est de les aider en les informant le mieux possible sur leurs droits et les démarches qu’elles doivent effectuer vie_du_diocese.jpgcomme demandeur d’asile ou pour régulariser leur situation quand c’est le cas. Nous nous appuyons sur des fondamentaux comme celui de la liberté de circulation et la liberté d’installation. Malheureusement, en France, depuis maintenant de nombreuses années nous constatons que ce droit est battu en brèche par les législateurs. Le droit des étrangers en France se réduit tous les ans, tout est fait pour mettre de nouvelles barrières et complexifier la législation. A tel point que La Cimade a maintenant des personnes très spécialisées qui sont en fait des personnes ressources, au niveau régional ou national, pour aider les bénévoles qui sont sur le terrain.

Marie Carladous : C’est très important pour nous, qui sommes confrontés à toutes sortes de problèmes lorsque nous tenons des permanences d’accueil. Nous devons être formés bien sûr mais aussi savoir reconnaitre nos limites et pas hésiter à interroger le national quand on ne sait pas.

Comment vous organisez-vous ?

Marie Carladous : En ce qui concerne les permanences locales, où je suis investie, nous sommes une équipe d’une dizaine de personnes avec des profils très différents mais avec une conviction commune quant à l’accueil des étrangers. J’apprécie tout particulièrement la qualité de nos relations. A chaque permanence, nous sommes quatre, cinq et on reçoit toujours à deux. Nous organisons trois fois par mois des permanences d'accueil, d'écoute et d'accompagnement, dans les locaux du Temple des Carmes (Eglise protestante unie) à Montauban, au 2 Grand-Rue Sapiac: le 2è et 4è jeudi, de 9 h 30 à 11 h 30, le 3è jeudi, de 17 h 30 à 19 h 30. Nous avons repéré plus de quarante-cinq nationalités différentes. Je constate aussi que Montauban n’est pas différente des autres villes de France, les migrants sont à notre porte, les mineurs isolés sont aussi une réalité montalbanaise et en ce moment beaucoup dorment dehors et leur parcours ressemble à celui des reportages que l’on peut voir à la télévision. On n’imagine pas le courage qu’il leur a fallu pour partir de chez eux et la force de caractère pour arriver jusqu’ici. Nous voyons en moyenne 25 personnes dans une matinée à qui l’on donne des informations, leur expliquant aussi les difficultés administratives et

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Marion Castelnau-Rouillard présente l’exposition
au Foyer du Fort

autres qu’ils vont rencontrer. Lorsqu’on travaille sur des dossiers personnels, on le fait en dehors des permanences.

Vous avez inauguré, lundi 20 novembre, au Foyer du Fort à Montauban, une exposition photo intitulée : « Justes solidaires ». Quel en est l’objectif ?

Marion Castelnau-Rouillard : Chaque automne, la Cimade organise un festival pour parler des migrations sur un autre ton ! Migrant'scène est organisé par les bénévoles de la Cimade de quelques 70 groupes locaux, comme celui de Montauban. Cette exposition permet de poser un autre regard sur les migrants.

« La Cimade a pour but de manifester une solidarité active avec les personnes opprimées et exploitées. Elle défend la dignité et les droits des personnes réfugiées et migrantes, quelles que soient leurs origines, leurs opinions politiques ou leurs convictions. Elle lutte contre toute forme de discrimination et, en particulier, contre la xénophobie et le racisme. » (Article 1 des statuts de La Cimade)
Chaque année, La Cimade accueille dans ses permanences plus de 100 000 personnes : migrants, demandeurs d’asile et réfugiés. Elle héberge près de 200 demandeurs d’asile et réfugiés dans ses centres de Béziers et de Massy.
Présente dans huit centres de rétention administrative pour accompagner et aider les personnes enfermées dans l’exercice de leurs droits, La Cimade agit également dans 75 établissements pénitentiaires.
La Cimade intervient auprès des décideurs par des actions de plaidoyer. Elle informe et sensibilise l’opinion publique sur les réalités migratoires : mobilisations, presse, site Internet, réseaux sociaux, festival Migrant’scène. Elle construit des propositions pour changer les politiques migratoires.

La Cimade, à Montauban, fait partie du collectif qui réunit une douzaine d’associations (dont le Secours catholique, la pastorale des migrants, …) pour le respect des personnes en grande précarité. Cela concerne aussi les personnes de nationalité française et européennes. L’hébergement d’urgence est une de ses préoccupations.

Plus d'INFO ICI

Marie Carladous : Quand on est au contact de ces migrants, on prend conscience de ce que ces personnes subissent en arrivant chez nous : le mépris de beaucoup de gens, pour ne pas dire de la société. On leur fait vivre des choses inhumaines, alors que beaucoup pensait que cette violence était derrière eux, une fois arrivés ici. Je n’arrive pas à comprendre ces attitudes de rejet. Notre société individualiste y est sans doute pour quelque chose, tout comme l’attitude des politiques.

Marion Castelnau-Rouillard : C’est pour cela que nous devons informer la population sur la réalité des faits que ce soit localement ou nationalement. Notre site internet est devenu une référence, grâce à ceux qui le mettent à jour et donnent des chiffres vérifiés (par exemple, nous avons un responsable asile qui tient les comptes et vérifie les annonces faites par les organismes d’Etat). Nous devons combattre l’ignorance. Le festival est un moment particulier, précieux pour raconter, échanger.
La superbe exposition de photos, les projections de films et le grand repas partagé en musique seront de bons moments pour cela. Nous essayons aussi de toucher les jeunes. Un groupe de lycéens de Bourdelle va ainsi participer à un atelier d’écriture et au concert qui clôturera ce festival.

                                                                      Propos recueillis par JF Laparre

 

 

 


  

 

 

 

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