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L’Eglise a besoin de prêtres

16 novembre 2017

 De nouveaux visages pour une Eglise renouvelée

De nombreux prêtres étrangers participent à la mission dans le diocèse, ils ne sont pas venus par hasard et nous avons à les accueillir avec reconnaissance et apprendre à les connaître.


Pour être fidèle à la mission reçue du Christ, à sa vocation d’évangéliser, c’est-à-dire d’annoncer le Royaume de Dieu et de faire des disciples (Matthieu 28,19), l’Eglise a besoin que certains de ses membres répondent à un appel spécifique et reçoivent par l’imposition des mains et le don du Saint-Esprit le billet.jpgministère (la charge) d’évêque, de prêtre, de diacre. Il est évident que cet appel particulier et cette ordination n’est pas une supériorité mais un service. Ce service s’exerce auprès du peuple de Dieu qui, lui, est appelé à vivre de la grâce de son baptême comme « disciple-missionnaire » selon ce que nous rappelle le pape François. Le ministre permet aux laïcs de recevoir les sacrements de la foi pour qu’ils soient des membres vivants du corps du Christ. Ensemble, fidèles laïcs et fidèles ordonnés, nous sommes l’Eglise et nous ne le sommes pas les uns sans les autres. Le « ministre » fait de l’Eglise le corps unifié de l’Eglise autour de l’évêque en communion avec l’évêque de Rome. Prêtres et diacres sont envoyés pour que les disciples de Jésus soient en communion les uns avec les autres et se reconnaissent comme membres de l’Eglise du Christ autour de l’évêque successeur des Apôtres. Il y va de l’unité du corps tout entier. Les prêtres, envoyés par l’évêque comme ses collaborateurs directs, sont chargés comme lui d’annoncer l’Evangile, d’enseigner le contenu de la foi, de célébrer les sacrements et d’édifier la cohésion des baptisés autour de la Parole de Dieu, des sacrements, des engagements caritatifs auprès des plus pauvres. Les évêques et les prêtres structurent sacramentellement l'Eglise locale pour qu’elle ne soit pas une juxtaposition de personnes mais un ensemble vivant de la foi au Christ et témoignant de la joie d’en vivre. Mais ils ne sont pas des « fonctionnels » : par les sacrements et tout particulièrement l’eucharistie, ils rendent présent le Christ vivant qui se donne en nourriture.
Bien entendu les ministres ordonnés ont besoin d’une présence forte des fidèles laïcs engagés dans tous les domaines pour que l’Eglise soit missionnaire et rejoigne le monde. Nous avons en tête (et dans le cœur !) toutes ces injonctions qui, depuis le Christ jusqu’au pape François, nous demandent « d’avancer au large ». Les orientations diocésaines reprennent cet appel qui est la raison d’être de l’Eglise. L’Eglise a donc un besoin permanent de prêtres pour que ses membres existent et agissent comme Peuple de Dieu.

Pourquoi des prêtres venus d’ailleurs ?
La réponse est simple : parce que, dans ce diocèse, comme dans beaucoup d’autres les vocations sacerdotales font défaut. En dix ans d’épiscopat, j’aurai ordonné deux prêtres ! Et, aujourd’hui, il y a un candidat au sacerdoce qui a commencé une année de discernement. Même si la pratique sacramentelle a singulièrement baissé je ne peux pas répondre aux attentes des fidèles qui, pour leur salut, ont besoin de pasteurs. Il m’a donc fallu, peu à peu, avec le soutien du conseil épiscopal, inviter et accueillir des prêtres venus du lointain. Cet accueil suppose une réflexion, un accompagnement, la mise en place de conditions de vie correctes. Ces prêtres sont rémunérés exactement comme tout prêtre du diocèse. Ils ne viennent que lorsqu’un contrat de trois ans, renouvelable une fois, a été signé avec leur évêque et que leur mission est bien définie, en particulier s’ils sont envoyés en France pour des études. Je les remercie avec beaucoup de gratitude car ils quittent leur pays, leurs habitudes et acceptent de connaître une réalité toute nouvelle pour nous aider à vivre notre foi. L’important est là !

Un accueil fraternel
Nous devons vivre cette réalité avec joie et reconnaissance puisque nos communautés paroissiales ont la chance d’avoir un prêtre. Ensuite, nous devons les écouter pour connaître qui ils sont, ce qu’ils ont vécu (parfois la tragédie de la guerre, des violences horribles, des difficultés économiques). En même temps découvrir leurs richesses humaines, artistiques, spirituelles. Il y a lieu de considérer que le prêtre est un don et non pas un dû. Aussi l’accueil se doit d’être fraternel, de se manifester dans la durée, sans a priori ni comparaison. Le prêtre comme toute personne est à respecter. Mais, surtout, il a besoin de se sentir aimé et soutenu comme d’ailleurs tous les prêtres ! Il a besoin de nous connaître et nous devons l’introduire peu à peu dans nos réalités locales. La patience et le dialogue sont indispensables car il a, lui aussi, à apprendre. Alors nous serons heureux d’avoir eu cette chance de faire route avec un pasteur « venu d’ailleurs ».
signature mgr ginoux.jpg

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