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Je visite et écoute les malades

1 février 2017

Hervé Rols, aumônier du Centre hospitalier

Hervé Rols, diacre permanent, est l’aumônier catholique du Centre hospitalier de Montauban. A plein temps, il a pour l’aider dans sa mission 9 personnes bénévoles ainsi, que l’abbé Ernest Mbiakop, curé de l’ensemble paroissial de Saint-Jean Villenouvelle.

Hervé Rols, vous êtes l’aumônier catholique de l’hôpital de Montauban, en quoi consiste votre mission ?
Ma mission principale est de rendre visite aux malades. D’abord, il y a la rencontre humaine qui se caractérise par une écoute empathique. Pour les membres de l’équipe ou pour moi-même, nous ne sommes pas dans le conseil ou le maternage, ni dans le prosélytisme d’ailleurs. Notre missvie_du_diocese.jpgion principale est d’écouter. Les personnes qui se retrouvent à l’hôpital pour diverses raisons, sont dans une situation de fragilité. Pour beaucoup d’entre elles, c’est le temps des confidences parce que leur situation est grave, parce qu’elles savent intuitivement que la fin arrive et que les membres de leur famille sont parfois dans l’incapacité d’entendre ce qu’elles ont besoin de dire. Elles nous parlent plus facilement car elles savent qui nous sommes, à la fois étrangers et proches, notamment pour celles avec qui nous partageons la même foi. Pour beaucoup de personnes hospitalisées, c’est aussi le temps des questions fondamentales, de quête de sens, parfois de quête spirituelle. Nous n’avons pas forcément de réponses à leurs questions, mais cela leur permet de dire ce qu’elles « ruminent » et ce peut être un soulagement pour elles. Et puis, on ne triche plus quand on dans un état de fragilité importante et que le médecin vous a annoncé votre fin prochaine.

Comment abordez-vous les questions de foi?
Cette approche vient après une rencontre, une écoute et n’est pas pour nous une porte d’entrée. La rencontre religieuse vient souvent après le spirituel, lorsque les gens en expriment le désir et ils le font de façon variée, pas toujours explicite. Je me souviens d’une mamie qui ne pouvait plus parler, à la fin de la prière, elle a fait son signe de croix. La prière vient aussi après l’écoute mais il nous arrive aussi de partager la Parole de Dieu et parfois de donner un sacrement (le prêtre est alors là). Je le répète, il n’y a pas de réponse systématique de notre part et ce n’est pas pour nous l’indication « d’une bonne visite ». Etre de l’aumônerie instaure une relation particulière entre les malades et nous, ils savent qu’il est possible de parler ou de partager aussi sur ce plan là.

Vous mentionnez souvent la perspective de la mort
Avec l’allongement de la durée de vie et l’hospitalisation à domicile, paradoxalement les gens âgés arrivent à l’hôpital quand l’issue est proche. C’est très visible chez les « longs séjours » qui se sont

Journée du malade
Samedi 11 février 2017
- 10 h : messe à la chapelle de l’hôpital de Montauban, présidée par l’évêque
- 11h : intervention de Mgr Ginoux sur « Choisis la vie »

raccourcis ! Nous accompagnons pas mal de personnes en fin de vie et devons gérer les relations avec la famille et aussi avec les soignants qui peuvent être en souffrance et heureux de trouver un lieu de partage. Notre mission est de pacifier les moments qui deviennent insupportables pour le malade et ses proches, notamment quand le patient atteint un stade d’inconscience. Il nous arrive aussi de célébrer des obsèques au sein de l’hôpital. Souvent pour des personnes âgées, qui sont restées longtemps sur place. Pour moi, c’est un lieu d’expression de la foi où l’on prend le temps de dire explicitement à ce à quoi on croit.

Votre mission comporte aussi d’autres aspects
Oui, nous faisons tout un travail de relations transversales au sein del’hôpital, peut-être parce que nous avons une mission qui l’est aussi en côtoyant tous les services. Par exemple, nous participons au comité d’éthique. Sept rencontres sont prévues en 2017, quatre sont consacrées à des cas concrets et trois sont thématiques. Il y a environ une quarantaine de personnes qui participent à ce comité. Ce sont pour moi de belles rencontres pour une communauté soignante qui s’interroge. La parole de l’aumônerie est forte, elle peut déranger mais elle est utile.
Nous organisons aussi des messes régulières à la chapelle de l’hôpital ou en long séjour pour les personnes qui ne peuvent pas se déplacer.
Enfin, il est important de dire que nous avons aussi une mission d’accompagnement et de formation des bénévoles. A titre personnel, j’interviens à Toulouse, à l’IERP, pour la formation des aumôniers et j’assure aussi un module de trois heures dans les écoles d’infirmières et d’aides-soignantes.

Quel lien avez-vous avec le service évangélique des malades ?
Le service évangélique des malades (SEM) est un service paroissial qui visite les personnes à domicile. S’il n’y a pas de lien direct entre l’aumônerie et le SEM, nous sommes partie-prenantes de la pastorale de la santé au niveau du diocèse. Je pense que nous devrons à l’avenir travailler plus en collaboration car il y a un réel développement de l’hospitalisation à domicile. Le SEM devra prendre le relais lorsque les malades reviennent chez eux.

                                                               Propos recueillis par JF Laparre

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