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Je suis avant tout au service du peuple de Dieu

6 juin 2017
Je suis avant tout au service du peuple de Dieu

« Je pense qu’il faut nous respecter les uns les autres, nous ajuster et nous enrichir mutuellement »

Abbé Alain Méli

Pendant plusieurs années, au Cameroun son pays d’origine, l’abbé Alain Méli a principalement exercé son ministère dans le milieu scolaire. Sa venue en France est motivée par le désir de poursuivre sa formation et de participer à la pastorale paroissiale.

Abbé Alain Méli, vous êtes dans notre diocèse depuis plusieurs mois. Qu’est-ce qui a motivé votre départ pour la France?
Pour comprendre cette décision, je dois revenir sur mon parcours de prêtre au Cameroun. J’ai été ordonné en 2004, j’avais alors 32 ans, et j’ai été envoyé comme vicaire dans la paroisse Saint-Joseph à Tuboro, une région rurale. L’abbé Emile Kofor, actuellement dans ce diocèse comme moi, en était le curé. A ce moment-là, il y avait une école primaire dirigée par une volontaire française. A son départ, il m’a été demandé de la remplacer au vu de mes liens avec le milieu scolaire.vie_du_diocese.jpg

Lesquels précisément ?
Mes parents étaient enseignants en école catholique et depuis toujours j’ai baigné dans cette atmosphère d’autant plus que nous vivions dans des logements de fonction. Lorsqu’on m’a demandé de diriger cette école, j’ai demandé conseil à mon père et il m’a encouragé, conseillé. Ensuite, avec Emile Kofor, nous avons eu le désir de créer un collège pour que les enfants puissent poursuivre leur scolarité après le primaire. Malgré pas mal d’obstacles, en particulier le désaccord de notre évêque qui ne comprenait pas trop ce projet au départ, nous y sommes parvenus et le collège a ouvert en septembre 2005 sous le nom de Jean-Paul II, en hommage à ce grand pape décédé cette même année. J’ai alors eu la direction de tout le complexe scolaire pendant 13 ans. Au bout de toutes ces années, passionnantes mais épuisantes, j’ai senti le besoin de changer, de faire autre chose et en particulier de reprendre des études.

D’où votre départ en France.
Effectivement. Pendant une année, à la demande de mon évêque, j’ai cherché les conditions, les lieux favorables pour partir, reprendre ma formation tout en me mettant au service d’un diocèse. Il s’est trouvé qu’Emile Kofor partait à Montauban et j’ai pu partir avec lui. Je suis inscrit à l’Institut catholique de Toulouse et j’ai commencé à suivre des cours de dogmatique, pour l’instant à raison d’une journée par semaine, tout en étant vicaire en paroisse, à Caussade.

Une expérience pastorale que vous n’aviez pas forcément jusqu’ici ?
Je ne dirais pas ça car pendant toutes mes années comme directeur d’établissements scolaires, j’étais également responsable d’un secteur paroissial en fin de semaine ! C’est pourquoi ces 13 années ont été assez épuisantes. Bien sûr, en arrivant ici en France, nous, prêtres africains, découvrons une situation très différente. Je connaissais une vie paroissiale avec beaucoup de groupes organisés et une ambiance très vivante. Ici ce n’est pas pareil, on a du mal à percevoir une vraie communauté. On voit peu de jeunes à l’église, les gens se séparent après la messe…Nous en parlons beaucoup avec l’abbé Jérôme Pinel. C’est un jeune curé plein d’idées, très ouvert et nous échangeons beaucoup sur les moyens de redynamiser ce secteur paroissial. Je sens une vraie collaboration entre nous, faite de confiance, c’est très intéressant. Il m’a appris à me servir d’un agenda, ce qui est nouveau pour moi (rires) !

Et avec les paroissiens, les bénévoles ?
A Caussade, j’ai vraiment reçu un très bon accueil, les gens me manifestent leur attachement, j’ai de bons échos par exemple des familles que j’accompagne lors d’obsèques. Comme prêtre venu d’ailleurs, nous ne transportons pas notre culture, nous ne devons pas l’imposer. Je pense qu’il faut se respecter mutuellement, nous ajuster et nous enrichir mutuellement. C’est le sens d’une mission à l’étranger, dans une Eglise différente de la nôtre. Ici, dans ce diocèse, nous sommes aussi aidés par l’accueil très fraternel des prêtres, notamment des plus âgés.

Vous avez évoqué votre famille. N’est-ce pas difficile de s’éloigner pendant plusieurs années ?
Nous sommes dans un double mouvement, à la fois heureux de partir pour une mission différente et bien sûr triste de laisser les siens. Ma famille, mes parents comptent énormément pour moi. Je suis le fils ainé d’une fratrie de 7 enfants et nous avons été élevés avec beaucoup d’amour et de foi. Mes parents ont toujours soutenu mes choix en particulier celui d’être prêtre. Ils ne m’ont jamais dit « tu dois être prêtre », c’était mon choix, je me suis laissé « contaminer » dans le bon sens du terme et j’en suis heureux. Comme fils et frère, j’ai eu la chance, le jour de mon départ en France, de partager une eucharistie en famille. Un moment très fort.

Cela vous a aidé à partir ?
Bien sûr, l’amour des miens me porte et je suis heureux d’être en France pour quelques temps. Je me sens au service de la mission de l’Eglise universelle et du peuple de Dieu, ici comme dans mon pays.

                                                                              Propos recueillis par S. Bégasse
 

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