Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
 
Document Actions

Harcèlement sexuel et respect d’autrui

3 novembre 2017

 L’autre ne m’appartient pas

Ces dernières semaines ont été marquées par la révélation de divers scandales sexuels dans les milieux du cinéma et de la télévision. Le gouvernement se propose d’établir de nouvelles lois face au « harcèlement sexuel ». Cette question qui est un sujet grave ne manque pas de nous interroger. Je vous invite à y réfléchir.

vie_du_diocese.jpgDes jeunes femmes débutantes, dans une carrière professionnelle, dénoncent les comportements d’hommes avec qui elles travaillaient. Dans un passé plus ou moins récent elles ont été victimes de gestes ou de véritables agressions sexuelles. Beaucoup d’entre elles disent qu’il fallait en passer par là pour être remarquée ou, du moins, pour avoir quelques promesses pas toujours tenues. Ces révélations montrent l’attitude égoïste et méprisante à l’égard des femmes de ces hommes corrompus. Or, ces dénonciations, soutenues par les mouvements féministes, ont permis des dépôts de plainte qui concernent des producteurs de films, des hommes politiques, des chefs d’entreprise, un « théologien » musulman réputé, et d’autres encore. Le gouvernement a, aussitôt, décidé de faire voter une loi qui punirait tout harcèlement sexuel. C’est une réponse possible mais bien incertaine et bien difficile à établir. La loi, en effet, ne remplace pas la prise de conscience personnelle du respect de l’autre. Si la loi peut punir elle ne guérit pas pour autant. Par ailleurs la loi risque de dénoncer et de sanctionner des personnes accusées à tort ou, même, victimes d’un mensonge afin de leur nuire. Il faudrait une fois encore comprendre qu’une loi ne résout pas un tel problème.

Le respect d’autrui

Avant tout il est nécessaire de considérer la qualité unique de toute personne et son respect absolu : je n’ai aucun droit sur qui que ce soit. Vouloir accaparer l’autre d’une manière ou d’une autre pour en faire « sa chose » est absolument incompatible avec les droits de chacun au respect, à la dignité, à la liberté. L’autre est une personne unique que Dieu a voulue pour elle-même, l’autre ne m’appartient en rien. Ni son corps, ni son esprit ne sont à utiliser, à manipuler, à dominer. La loi ne peut aller jusque-là car nous sommes ici dans la définition même de la personne humaine. C’est donc une réflexion morale, anthropologique qui, seule, va faire prendre conscience de ce qu’est l’autre par rapport à moi. Dans la vie chrétienne, l’autre est toujours un « don » de Dieu et jamais un « dû » : il ne se prend pas, il se reçoit comme un cadeau immérité. Mais, sans la foi, je peux comprendre que la nature humaine se respecte et que, devant une personne humaine, je ne peux que reconnaître le mystère qui l’habite. Pour un chrétien, ce mystère c’est Dieu vivant en chaque créature (« l’homme créé à l’image de Dieu et à sa ressemblance » dit la Bible). Cette conviction nous amène à ne blesser personne. Jésus peut rappeler la gravité de cette volonté de possession qui abîme l’être : « Quiconque regarde une femme avec envie a déjà commis l’adultère avec elle ». (Matthieu 5, 28).

Sexualité et vie chrétienne

Nous devons comme homme et femme revenir au plan créateur de Dieu qui crée l’homme et la femme l’un pour l’autre afin qu’ils se reçoivent comme don de Dieu et que leur amour soit fécond. Plus encore, nous sommes appelés à reprendre l’enseignement unique et irremplaçable de saint Jean-Paul II sur la théologie du corps, sur la place de la sexualité dans le plan créateur de Dieu, sur la mission de la paternité et de la maternité. La sexualité permet l’expression de mon amour pour l’autre, différent de moi, avec qui je construis un projet de vie, une « communion des personnes ». Nous avons aussi à nous rappeler que notre corps n’est pas une « enveloppe » qu’on pourrait traiter comme extérieure à nous. Mon corps n’est ni une « guenille », ni un objet : mon corps c’est moi et ce que je vis par lui touche mon être profond. Ainsi donc je ne peux oublier le caractère sacré de toute personne humaine à commencer par moi-même. En ce mois de novembre, où l’on prie particulièrement pour les défunts, je me redis aussi que le corps est appelé à être transfiguré par la résurrection : « je crois en la résurrection de la chair » dit le Credo. La destinée de notre corps est de ressusciter à la fin des temps comme Jésus le matin de Pâques. Ce corps qui a été vivant deviendra immortel et je vivrai dans la lumière du ressuscité. Cette espérance est fondée sur la Parole de Jésus : « celui qui croit en moi aura la vie éternelle et moi je le ressusciterai au dernier jour » (Jean 6, 40). Durant ce mois, l’hommage que nous rendons aux défunts nous amène à préparer dans notre vie d’aujourd’hui ce jour où notre corps sera semblable à celui du Christ : « alors nous le verrons tel qu’il est » (1Jean 3, 2).
 

 signature mgr ginoux.jpg

<< Go back to list