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Etat des lieux des églises en France

20 décembre 2016

Les églises sont dédiées au culte

En France, la vente d’églises est un sujet épineux et peut faire la une de l’actualité. Les cas sont pourtant rarissimes. Une enquête qui fait l’état des lieux des églises a été réalisée par la Conférence des évêques de France. Tous les édifices d’avant 1905 sont propriétés des communes ou de l’Etat. Les lois de 1905 et 1907 régissent leur destination et leur usage. En Tarn-et-Garonne, la commission diocésaine d’art sacré a pour mission d’aider les paroisses à faire respecter ces dispositions légales mais aussi les normes liturgiques propres à l’Eglise catholique.

vie_du_diocese.jpgLa Conférence des évêques de France a lancé il y a quelques mois une enquête auprès des diocèses pour faire le point sur la situation des églises. Marie-Agnès Detailleur, secrétaire de la commission diocésaine d’art sacré, a reçu les résultats. Elle trouve que cet état des lieux en France est très intéressant. Au-delà des chiffres, il permet de battre en brèche un certain nombre de fausses vérités comme par exemple le nombre soi-disant alarmant d’églises désaffectées, vendues en nombre pour en faire des habitations, des bureaux, ou des bars ! Il n’en est rien. Il y a eu en France, depuis 1905, 255 églises désaffectées. Face à 42258 églises et chapelles paroissiales existantes, propriétés des communes, cela représente 0,60% de la totalité. Pour ce qui est de celles qui sont propriété des diocèses (construites après 1905) elles sont au nombre de 22. Il est intéressant de signaler que, pour cette même période, 1886 églises ont été construites. Par exemple dans le Tarn-et-Garonne, à Laguépie, au XIXè siècle, l’église excentrée a été démolie et reconstruite dans le village.

Les effets des deux guerres

Pour les églises démolies puis reconstruites, 2047 l’ont été sur la période 1905-1965, 143 entre 1965 et 2015. Ce qui fait un total de 2190 églises démolies puis reconstruites depuis 1905.

 A Montauban, au XXè siècle, deux églises ont été construites dans de nouveaux quartiers : Notre-Dame de la Paix et Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus. Il faut donc se garder d’être alarmiste, même si la question se pose plus fréquemment depuis quelques années. Il faut aussi tenir compte des phénomènes de désertification de certaines régions, particulièrement en rural mais aussi du phénomène de regroupement paroissial des églises et aussi parfois du problème de la qualité de construction qui peut représenter un danger pour le public.

Une commission diocésaine d’art sacré

Marie-Agnès Detailleur, depuis qu’elle est la secrétaire de la commission diocésaine d’art sacré, rencontre régulièrement les curés, les maires et les associations de sauvegarde qui souhaitent entreprendre des travaux de rénovation ou d’aménagement dans les églises. La commission joue un rôle important de médiation, en rappelant que l’on a affaire à un bâtiment cultuel qui est régi par les lois de 1905 et 1907. Elle fait donc le lien entre le propriétaire (la commune) et l’affectataire (le curé, par délégation). Cette commission a une mission de vigilance face au constat que peu de gens connaissent la loi, notamment les associations créées pour des rénovations. L’Eglise, représentée par le curé, délégué de l’évêque en la matière, est un partenaire incontournable. La commission peut assister le curé lors de réunions de chantier.
La commission diocésaine d’art sacré a aussi reçu mission de l’évêque de veiller à ce que les lieux de culte ne deviennent pas des salles de concert. Si l’aspect culturel dans la vie communale est important, le caractère sacré du lieu doit être respecté. Une demande par écrit doit être formulée, un dossier type est à disposition dans les paroisses. Légalement, la commission examinera les dossiers de demandes transmis par la paroisse et conseillera le curé sur les suites à donner. L’organisation des manifestations culturelles dans les édifices cultuels est soumise à l’agrément du seul clergé affectataire.

La Nuit des églises

La commission d’art sacré a aussi pour mission d’accompagner les paroisses dans la mise en valeur et la préservation du patrimoine religieux. La Nuit des églises est une manifestation annuelle qui permet justement cette mise en valeur. Différente des Journées européennes du patrimoine, elle est du ressort et de l’initiative de la paroisse. Elle met en valeur le patrimoine spirituel d’un édifice. Marie-Agnès Detailleur parle de « visites verticales », différentes et complémentaires des visites proposées, plus patrimoniales, « horizontales », classiques. Cette année, la Nuit aura lieu le samedi 1er juillet. C’est une opportunité à ne pas rater en 2017, année où le diocèse de Montauban fêtera les 700 ans de sa création.

                                                                          JF Laparre

Sources : Les églises communales, textes juridiques et guide pratique, Le Cerf, 1995
Etat des lieux des églises en France- Cef, septembre 2016

Désaffecter une église

La désaffectation est encadrée par la loi de 1905. Il ne peut y avoir de désaffectation de fait. Elle doit être prononcée par un arrêté préfectoral ou un décret en Conseil d’Etat et l’évêque prononce ensuite la désacralisation de l’église. L’évêque du lieu peut émettre le souhait que la destination future du lieu soit respectueuse de sa fonction d’origine. Il n’existe pas de désaffectation partielle et l’utilisation pérenne d’un lieu de culte pour un autre objet n’est pas possible.



 


 

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