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Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC)

9 avril 2018

 Des échos des Assises nationales

Les Assises Nationales des EDC ont réuni près de 2000 participants venus de toute la France à Strasbourg, du 16 au 18 mars. Plusieurs membres des EDC 82 avaient fait le déplacement. Françoise Bouzon, présidente du groupe diocésain, revient sur les moments forts de ces trois jours intitulés « Oser pour une foi(s) », « Vous serez mes témoins » Actes 1, 8.

Vous revenez de Strasbourg où se sont tenues les Assises nationales des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC). Quel était le sens de cette rencontre ?
Tous les deux ans, ce rassemblement national est un rendez-vous important pour les personnes engagées dans les EDC, l’occasion de se rencontrer, d’entendre des témoignages et je dirais d’une façon plus générale vie_du_diocese.jpgde faire une pause, de se ressourcer, de reprendre du souffle. Le thème d’ailleurs allait en ce sens. Partant de la Pentecôte et de l’envoi en mission des apôtres, il nous interpelait sur notre manière de croire, d’annoncer et de vivre l’Évangile dans le quotidien de notre rôle d’entrepreneur et de dirigeant.

Plusieurs membres de l’équipe montalbanaise avaient fait le déplacement.
Nous étions 7 adultes et un enfant, le fils de Christelle et Olivier Guerret, tous deux membres des EDC. De notre équipe participaient également Alain Boderiou, Michel Darios et son épouse et Robert Gimenez, notre conseiller spirituel. Ce n’était pas forcément évident de prendre du temps car nous avons tous des agendas bien remplis. Mais ensemble nous avons vécu des moments très forts.

Que retenez-vous d’important de ces journées ?
Beaucoup de choses car le programme était dense ! Le thème « Oser pour une foi(s) » se déclinait autour de trois axes : le risque de croire, le risque de dire et le risque de bâtir. Pour chaque axe, étaient proposés des témoignages, des ateliers, des tables rondes. Les interventions étaient de grande qualité, il est difficile de tous les retenir, mais certains m’ont particulièrement marquée.

Un exemple ?
Il y en aurait beaucoup mais j’ai été particulièrement impressionnée par le témoignage de Clara Gaymard, co-fondatrice de Raise, une société d’investissement assez atypique dont la philosophie est de réconcilier finance et philanthropie. Fille du professeur Lejeune, elle a témoigné de la foi que celui-ci lui a transmise, citant cette phrase qu’il lui répétait : « Fais ce que tu aimes et fais le beaucoup, fais le bien. »

La foi peut donc être un moteur dans la vie d’un chef d’entreprise et guider son action ?
En effet, elle doit irriguer notre comportement, nos décisions, nos relations. Bien sûr c’est compliqué car le monde du travail, de l’entreprise est un monde de l’immédiateté. C’est pour cela qu’il est très important de trouver des lieux pour se ressourcer, se poser avec d’autres, sous le regard de Dieu. C’est ce que nous vivons en équipe locale et c’est ce que nous avons expérimenté à Strasbourg pendant 3 jours.

Concrètement, qu’est-ce que le fait d’être croyant apporte comme exigences ou change à la manière d’être chef d’entreprise?
Sur la forme, un dirigeant chrétien, comme tout autre dirigeant est amené à prendre des décisions, à poser des actes pas toujours faciles. Mais sa foi doit l’éclairer et la Pensée sociale chrétienne, en particulier, lui donne des pistes, des principes pour cela. C’est une boussole indispensable.

Quels sont ces principes ?
La dignité, le bien commun, la subsidiarité, la participation des collaborateurs, la destination universelle des biens et la solidarité : voilà ce qui doit fonder, orienter l’action d’un entrepreneur chrétien. Un intervenant allait jusqu’à se poser cette question : est-ce que je permets à mes fournisseurs, mes collaborateurs de vivre dignement ? C’est un défi souvent difficile à tenir, il faut souvent faire le grand écart entre les exigences du monde de l’entreprise et celles de la foi. Au cours des Assises, le mot exemplarité est d’ailleurs souvent revenu. En effet, comment être témoin si nous ne vivons pas l’Evangile au cœur de nos responsabilités ? 

Vous parlez de grand écart. Comment est-ce que cela se traduit concrètement dans la vie d’un chef d’entreprise ?
Je retiens cette phrase entendue aux Assises : « Nous n’avons pas le droit à la tiédeur, mais agissons avec douceur. » Il faut savoir écouter, comprendre, pardonner et se réconcilier parfois. La prière, le partage nous aident à vivre ces situations difficiles en apportant une certaine cohérence intérieure. Mais être croyant, c’est aussi savoir se réjouir et agir pour le bien commun. C’est beau de pouvoir donner sa chance à quelqu’un avec un CDI, de voir évoluer un collaborateur.

Quelles suites allez-vous donner à ces Assises ?
Nous allons bien sûr y revenir en équipe à Montauban, d’autant que certains n’ont pas pu faire le déplacement. Ces journées nous ont vraiment donné matière à réfléchir, à avancer. Nous avons également apprécié la présence de protestants à ces Assises. C’est une dimension que nous aimerions dans notre groupe montalbanais en accueillant des chefs d’entreprise protestants. Enfin, à plus long terme, les prochaines Assises de 2020 auront lieu à Toulouse et notre équipe sera partie prenante de la préparation et de l’organisation. De quoi nous dynamiser dans les mois à venir !

                                                                      Propos recueillis par S. Bégasse
 

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