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En lisant le message du pape François du 1er janvier 2017

7 janvier 2017

La paix passe par le refus de la violence

Ce premier janvier 2017 était célébrée la cinquantième Journée mondiale de la paix. Le pape François a insisté sur la nécessité de faire de « la non-violence active notre style de vie ». En commençant une nouvelle année il vaut la peine de lire ce message et de l’appliquer.

« Comment, depuis le niveau local et quotidien jusqu’à celui de l’ordre mondial, la pratique de la non-violence peut-elle définir nos décisions, nos relations, nos actions et la politique sous toutes ses formes ? » se demande le Pape. Il va essayer d’y répondre dans les sept paragraphes de ce message.
billet.jpgIl constate d’abord que cette violence « s’exerce par morceaux », c’est-à-dire, qu’elle explose partout selon la situation d’un monde « éclaté » qui subit une guerre insidieuse et mondiale avec des manifestations plus ou moins tragiques : attaques armées, terrorisme, criminalité, représailles et règlements de comptes infinis. Les bandes organisées qui font régner la peur dans « les cités » de nos banlieues, les trafiquants de drogue qui s’éliminent les uns et les autres pour dominer les marchés, les malfrats qui braquent et volent commerces, banques et autres lieux où ils trouveront de l’argent, sont de redoutables « seigneurs de la guerre ». Tous, sans distinction, nous pouvons être victimes de ces formes de violence.

Une violence aux visages multiples

Ce mercredi 4 janvier le quotidien La Dépêche du Midi (p. 8) donne les statistiques de l’année 2016 pour les départements de l’Occitanie et nous pouvons constater, même en Tarn-et-Garonne, l’augmentation des actes de violence (de 4%) et des cambriolages. Il faut ajouter que peu de ces actes sont suivis de sanctions sérieuses. Le Figaro du mardi 3 janvier (en ligne) donnait ces statistiques pour chaque département. Pour le Tarn-et-Garonne, 5,45 pour mille habitants sont touchés par des actes de violence et 7,81 pour mille habitants par des cambriolages. C’est globalement inférieur aux chiffres de la Haute-Garonne en raison de la présence de Toulouse mais c’est inquiétant.
Le texte du Pape s’oriente vers un regard chrétien sur la violence pour la débusquer même en nous, dans nos cœurs (paragraphe 3). Il cite saint François d’Assise : « La paix que vos bouches annoncent, ayez-la plus encore en vos cœurs ». Le message du Christ qui vit pourtant dans une époque violente est toujours de rappeler inlassablement « l’amour inconditionnel de Dieu qui accueille et qui pardonne ». Jésus demande à ses disciples, donc à nous, d’aimer nos ennemis (Matthieu 5, 44). Il refusera que Pierre prenne l’épée au moment de son arrestation (Matthieu 26, 52). Etre aujourd’hui de vrais disciples de Jésus signifie d’entrer dans la non-violence. Il ne s’agit pas d’une posture politique mais de la « révolution chrétienne » d’aimer ceux qui nous haïssent. « Nous devons répondre au mal par le bien », écrit le pape François après avoir cité son prédécesseur Benoît XVI lui empruntant quelques lignes de son argumentaire.

 Pratiquer la non-violence

Le paragraphe 4 veut préciser comment se vit la non-violence qui n’est jamais une « capitulation » ni un signe de passivité. Il fait appel au témoignage des « artisans de paix » comme Mère Térésa de Calcutta proclamée sainte en septembre. Elle a défendu l’enfant à naître, l’être humain abandonné, rejeté, le mourant que personne ne regarde. Cette forme de non-violence s’exprime par le don de soi auprès des victimes de l’injustice et de la violence. Beaucoup –même non chrétiens- l’ont compris et nous avons vu comment sans violence, grâce à la force spirituelle de saint Jean-Paul II, « qui a exercé une influence particulière » (Pape François) un bloc de violence s’est effondré. L’Eglise n’a pas peur de stratégies non-violentes pour conduire à la paix et n’hésite pas à aller même vers les plus violents pour toujours tenter le dialogue de la paix.

Puisque la violence vient d’abord du cœur des hommes le pape invite au paragraphe 5 à parcourir le sentier de la non-violence d’abord « à l’intérieur de la famille ». Nous pouvons lire ce qu’il dit de cette composante de la famille dans sa dernière exhortation apostolique Amoris Laetitia. Nous avons à faire là notre propre examen de conscience sur ces relations avec nos proches marquées par la jalousie, l’envie, la médisance et même la calomnie, bref dans une logique de peur, de fermeture et de rivalité. Nous avons à construire une « éthique de fraternité », non pas de copinage ou de complicité dans le mal, mais dans la recherche du bien commun. Nous avons aussi à prendre les chemins ouverts par l’Année jubilaire de la miséricorde.

Les deux derniers paragraphes exhortent les fidèles catholiques mais aussi les responsables des institutions internationales, des entreprises, des médias à opter pour « le style des artisans de paix ». Même si les conflits sont inévitables ils doivent être affrontés de manière constructive et « faire naître une nouvelle unité » qui accepte les différences. Chaque action dans ce sens est un pas vers la justice et la paix. Chacun en est responsable et tout fidèle du Christ se doit de suivre cette voie.

signature mgr ginoux.jpg


Lire le texte complet du pape François

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