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Droits de l’enfant

30 novembre 2017

 Un être vulnérable à protéger

Le 20 novembre 1959, les Nations Unies adoptaient la Déclaration des droits de l’enfant et ses dix principes… En 1989, une Convention des droits de l’enfant émanait de l’ONU et abordait de nouvelles problématiques. Aujourd’hui un impératif semble s’imposer à la société, celui de répondre à la question : qu’est-ce qu’un enfant ?

Qu’est-ce qu’un enfant ?
Il faut remarquer que les textes à portée juridique de la Déclaration des droits de l’enfant et de la Convention qui a suivi trente ans après, ne sont pas très précis sur le terme « enfant ». En 1989, la Convention billet.jpginternationale relative aux droits de l’enfant écrit cependant qu’on désigne par « enfant » « tout être âgé de moins de dix-huit ans sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation ». Il est évident que ce qui caractérise l’enfant (du latin «infans», celui qui ne parle pas) c’est sa faiblesse et sa dépendance. Il est un adulte en devenir et n’a pas la capacité de se protéger. L’enfant est dépendant, il est en apprentissage progressif de la vie, il se découvre à travers la filiation, né d’un père et d’une mère. Il a besoin d’être éduqué, formé pour s’intégrer peu à peu dans la vie courante. Il ne peut tout découvrir par lui-même, par sa seule expérience. Des théories l’ont prétendu mais n’ont jamais pu le réaliser. Par ailleurs l’enfant a besoin de sécurité, de confiance et d’un développement harmonieux de son affectivité et de sa personnalité. Il est donc indispensable que la société le protège, protège sa dignité et lui permette de grandir selon ses capacités. Cette bienveillance qui va le construire est d’abord le fait de la famille : c’est dans cette cellule première, cellule de base de la société, qu’il va trouver sa place, apprendre à vivre la relation à l’autre et à faire des choix. Par ses choix progressifs et éclairés il se prépare à des engagements plus importants qui le rendront adulte.

Les droits de l’enfant et les devoirs des adultes
La reconnaissance des droits de l’enfant est un bien à la condition qu’ils soient liés à des devoirs. Cette affirmation des droits de l’enfant est apparue après la Grande Guerre de 14-18 mais il faudra attendre la déclaration de 1959 puis celle du 20 novembre 1989 qui est le premier texte international juridiquement contraignant sur l’ensemble des droits fondamentaux de l’enfant.
La Convention de 1989 reconnaît les droits humains de tout enfant, c’est-à-dire les garanties fondamentales pour tous les humains. Parmi celles-ci, il y a le droit à la vie, à la nourriture correcte, à l’éducation, à la nécessité d’un père et d’une mère, de l’intégrité physique et mentale, de la protection contre les mauvais traitements (torture, esclavage, prostitution, etc.), il ne peut être victime d’aucune discrimination, il a le droit de vivre et de se développer harmonieusement. Enfin, ces droits sont liés à son développement harmonieux. La Convention souligne le caractère vulnérable de l’enfant et donc la nécessité d’une protection adaptée à l’âge et à la maturité. Les domaines sociaux, économiques, culturels mais aussi religieux doivent être pris en compte car il y a, chez l’enfant comme chez l’adulte, tous ces besoins.

L’enfant et la société
Ces conventions qui énoncent des principes sont sans doute un bien et un progrès par rapport à certaines pratiques vis-à-vis des enfants mais il ne faudrait pas se leurrer et se bercer d’illusions. L’enfant est, en fait, en grand danger dans notre société. D’abord il faut reconnaître que tout être humain a les mêmes droits : on ne reconnaît pas des droits par catégories : les enfants, les femmes, les vieux, les jeunes, etc. Le premier droit est celui de naître d’un père et d’une mère ce que les techniques de procréation comme la GPA ne peuvent donner. Dans le même esprit tout être humain a droit à la vie : personne n’a le droit d’interrompre une vie conçue même si la loi l’autorise. Il a droit à être respecté dans ce qu’il est, selon son sexe, selon l’anthropologie, c’est-à-dire sa dignité humaine. Il est à respecter dans sa conception : avec l’Eglise catholique nous ne cessons de répéter que l’enfant n’est pas un dû mais un don. Personne, quelle que soit sa souffrance, n’a droit à un enfant car personne n’a droit à « posséder » un être humain. De là vient l’immoralité de tout acte marchand pour « acquérir » un enfant. Il y a aussi à considérer l’approche de dangers réels : la pédophilie mais aussi tout ce que nous voyons des discussions actuelles à propos de la majorité sexuelle et du consentement. Il semble aberrant de penser qu’un enfant de treize ans puisse consentir à une relation sexuelle avec un adulte. Affirmer cela c’est détruire l’enfant ou le jeune adolescent. Il y a là une grave menace comme dans l’usage de la drogue et la pratique de la violence. L’enfant alors devient victime de l’intérêt de l’adulte qui l’utilise. Nous devons sans cesse rappeler qu’un enfant est une personne à faire grandir, à éduquer, à faire participer progressivement à la vie relationnelle et, pour nous chrétiens, à reconnaître comme un enfant de Dieu appelé à vivre dans son amour.
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