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Devenir prêtre

9 avril 2018
Devenir prêtre

« Notre charisme est d’être au service des paroisses et au service de l’Église »

 Frère Jean-Christophe Kirumara

Le frère Jean-Christophe Kirumara, des Bene Yosefu du Burundi, est en France depuis 2011. Envoyé par sa congrégation pour faire des études de droit canonique et de théologie, il sera ordonné diacre, en vue du sacerdoce, le dimanche 22 avril à Castelsarrasin

Comment se prépare-t-on à devenir prêtre lorsqu’on a une vocation religieuse ?
Lorsque j’avais vingt ans, j’ai postulé pour devenir frère. C’est l’appel que j’ai ressenti et c’est ma vocation profonde d’être religieux. Au cours de l’histoire de notre congrégation, qui au départ n’était pas une congrégation cléricale, on a ressenti le besoin d’avoir quelques prêtres pour venir en aide aux frères. C’est ce besoin exprimé qui me conduit aujourd’hui à me préparer au sacerdoce. Je ne veux pas que cela vie_du_diocese.jpgchange ma vocation, je resterai toujours un frère. Il faut bien comprendre que c’est une vocation spécifique d’être un religieux. C’est un état (au sens canonique) complet ! Il est important de comprendre que ce n’est pas non plus « une étape » vers le sacerdoce. En même temps, devenir prêtre pour nous est la conjonction de deux volontés qui se rencontrent : la congrégation qui propose et le frère qui se sent appelé au sacerdoce. Je serai ordonné pour venir en aide à la congrégation, comme d’autres frères qui font médecine. Eux, soigneront physiquement alors que moi je soignerai spirituellement. Prêtre, j’apporterai une nouvelle pierre à l’édifice que construit ma congrégation. J’aime bien l’image du bouquet, des fleurs différentes sont cueillies et dans un vase elles constituent un beau bouquet…

Après votre ordination sacerdotale, votre congrégation va vous envoyer dans le diocèse de Montauban pour constituer une communauté de frères qui sera au service du diocèse de Montauban. Comment vivez-vous ce choix ?
Notre charisme est d’être au service des paroisses et au service de l’Eglise. Il n’y a pas de difficultés pour

Veillée de prière pour les vocations
Une veillée diocésaine de prière aura lieu le samedi 21 avril à 20 h 30 à la cathédrale de Montauban, avec le frère Jean-Christophe Kirumara

moi. Je commence à bien connaître le diocèse, cela fait sept ans que je suis dans la région, même si je suis rentré une année au Burundi pour enseigner dans un institut inter-noviciat en 2014-2015. Pour moi, la culture française et burundaise sont complémentaires, il n’y a pas d’opposition. Il y a un principe que j’applique, on dit chez nous : « Il ne faut pas voyager avec la carte (d’identité) dans la poche ». Si je suis en France, je vis pleinement en France. S’adapter est une condition nécessaire pour être missionnaire. Il faut se laisser imprégner par les bons éléments que l’on a repérés. Je n’ai pas d’a priori pour vivre avec les Français. Je crois que la réciprocité est indispensable et qu’ils devront m’accueillir comme le prêtre étranger que je serai.

Le 21 avril, il y aura une veillée pour les vocations à la cathédrale de Montauban, le lendemain, vous serez ordonné diacre. A quoi attribuez-vous cette crise des vocations que nous vivons en France ?
Il me semble qu’il y a en fait deux crises qui sont liées, celle de la famille et celle des vocations religieuses et sacerdotales. La famille est perturbée, je constate une perte de transmission, une perte de la tradition. La religion doit être d’abord vécue en famille, que ce soit la prière ou la catéchèse. Un jour pluvieux comme aujourd’hui, serait chez moi l’occasion pour la famille de se réunir autour du feu et le père raconterai une histoire de la bible… Saisir des occasions est important pour transmettre.
Je suis en insertion pastorale à Castelsarrasin, je participe à l’aumônerie des jeunes, à celle des malades et à l’accueil à la Maison paroissiale. Je m’occupe aussi des célébrants d’autel. Ces enfants viennent le dimanche avant la messe à la sacristie, c’est là que je les attends avec leurs parents. Ils ne le déposent pas, c’est important qu’ils soient là qu’ils les aident à revêtir l’aube. Nous parlons, c’est une façon de les impliquer.

                                                                   Propos recueillis par JF Laparre

La congrégation des Bene Yosefu

La congrégation été fondée en 1944 par un évêque belge qui était au Burundi, Mgr Antoine Grauls. Il voulait qu’à chaque fondation de paroisse, il y ait aussi la fondation d’une école. Des jeunes gens étaient sollicités pour aider les prêtres, faire de l’encadrement. Aujourd’hui le champ d’action de la congrégation est toujours l’éducation avec des écoles, des centres de formation rurale où on peut apprendre un métier. Mais aussi la santé, avec des dispensaires, une clinique. La congrégation a aussi une imprimerie et un garage pour l’entretien des véhicules. Elle continue de collaborer dans les paroisses.
On dénombre une vingtaine de communautés pour environ 150 frères.

 

 

 

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