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Des prêtres pour la mission

22 novembre 2017

 Des prêtres pour la mission

La baisse des vocations sacerdotales fait aujourd’hui partie des réalités de l’Eglise en général et diocésaine en particulier. En dix ans le diocèse a perdu un tiers de ses prêtres. Aujourd’hui, des prêtres étrangers viennent, envoyés en mission par leurs évêques. Ils sont douze, en cette fin d’année 2017, proportion importante qui interpelle la pastorale et les communautés paroissiales et donne un second souffle à la mission.

Fraternité, unité, solidarité

Point de vue d’un laïc

Des prêtres missionnaires

Quelques données statistiques

 

Fraternité, unité, solidarité

Un beau défi à relever

De cultures, d’âges, de pays, de sensibilités différentes, les prêtres forment pourtant ensemble un corps, le presbyterium. En lien avec l’évêque, ils sont chargés de conduire l’Eglise qui est à Montauban. Une mission à vivre dans l’accueil et le respect de chacun, comme en témoignent des prêtres du diocèse.

dossier.jpgEn 20 ans de ministère, et plus particulièrement depuis 2010, l’abbé Raymond Fauré a été amené à collaborer avec des prêtres polonais, malgache, burundais et depuis la rentrée, avec un nouveau vicaire venu de République démocratique du Congo, l’abbé Alidor Nkongolo. Quand on lui demande comment il vit cette collaboration avec des prêtres étrangers, la réponse est immédiate : « Comme une grâce ! Leur présence est un signe fort de l’universalité de l’Église qui s’est déployée dans des cultures fort diverses. Leur venue est un témoignage qui nous ouvre concrètement à la catholicité de l’Église. » Pour autant, il le reconnait, « leur accueil et leur intégration sont des défis à relever, qui demandent bien entendu des efforts de notre côté comme du leur. » Le père Serge Tiéki en est conscient lui aussi. Ce jeune prêtre ivoirien de 38 ans, membre de la congrégation de Jésus et Marie, est administrateur paroissial à Beaumont-de-Lomagne depuis septembre. Il connaissait déjà la France pour avoir séjourné dans le Tarn de 2013 à 2015. Tout en suivant une formation, il avait assuré un mi-temps en paroisse. Venant d’un pays où l’Eglise est jeune et dynamique, il sait qu’il doit vivre sa mission dans un contexte ecclésial bien différent : « Il n’y a pas de commune mesure entre la situation des prêtres de mon pays et ceux d’ici, en âge et en nombre. Chez nous, les prêtres sont relativement jeunes et le nombre est de plus en plus croissant. Mais la mission est une école du donner et du recevoir, c’est tout un programme de vie. J’ai déjà tissé des relations avec des prêtres d’ici, elles sont cordiales, amicales et fraternelles. Je suis heureux en compagnie de ces confrères. Qu’est-ce que je peux désirer d’autre ? Le mot « relation » évoque en moi un souci de répondre au dessein de Dieu, à son plan d’amour qui invite chacun de nous à la fraternité, à l’unité et à la solidarité ».

Enrichissement mutuel

L’abbé Pierre Nabaloum, nouvel administrateur paroissial de Montech, partage ce besoin de nouer des relations avec les prêtres diocésains. C’est déjà le cas depuis 2000, année où il a rencontré l’abbé Jean-

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L’abbé Pierre Sestéro et le père Serge Tiéki, tous deux au service ...
de l’ensemble paroissial de Beaumont-de-Lomagne

Paul Aragon : « Nous avons fait connaissance lors d’une retraite des sympathisants de Charles de Foucauld. Depuis mon arrivée, j’ai tissé des liens avec beaucoup de prêtres et particulièrement avec les prêtres qui pratiquent cette spiritualité. » Comme l’abbé Tiéki, il met en avant le sens de la mission, ce qui est premier c’est son désir de collaborer avec des frères prêtres : « Pour moi être prêtre, c’est répondre à l’appel du Christ, la mission est sans frontière. Me mettre au service d’un diocèse étranger, c’est une possibilité aussi pour moi, après une certaine expérience sacerdotale dans mon pays, d’avoir un contact extérieur. Cela permet une certaine ouverture sur le plan humain et sacerdotal. L’expérience du monde développé et d’un autre visage d’Eglise peut beaucoup contribuer à un service fécond, une fois de retour au pays. » Prendre en compte leur expérience pastorale et s’en enrichir, c’est la conviction de l’abbé Raymond Fauré : « Ces prêtres ne viennent pas seulement compléter nos organigrammes en occupant les places laissées vacantes par l’effondrement des vocations de prêtres en Occident. Porteurs de charismes, ils interrogent nos pratiques, nos façons de faire Eglise. Je suis convaincu que ce qu’ils apportent peut nous dynamiser. Pour cela, il ne faut pas nous empresser de gommer leur étrangeté en voulant les faire ressembler le plus possible à ce que nous connaissons.» L’abbé Pierre Sestéro partage profondément cette conviction. Ordonné voici 52 ans, il pose un regard de confiance sur cette évolution du presbyterium : « Les prêtres étrangers, nous devons les accueillir, les écouter. Ils viennent avec leur expérience qui est différente, il faut donc s’apprivoiser. Mais surtout il faut leur laisser la place et leur faire confiance. » Quant à la diversité du presbyterium, il rappelle qu’elle a toujours existé: « Quand j’ai été ordonné, nous étions 220 prêtres dans ce diocèse et il y avait bien des différences dans ce corps social que nous formions : d’âges, d’origines sociales mais aussi de sensibilités religieuses. Et déjà il fallait faire avec ses différences. Au fil des années, le nombre de vocations diminuant, on a fait appel à des prêtres d’autres diocèses, d’autres pays ensuite. Nous sommes un certain nombre aujourd’hui à avoir atteint l’âge de la retraite et nous côtoyons de jeunes confrères qui n’ont pas connu, comme nous, le souffle du Concile. Il n’empêche qu’ils ont eux aussi le cœur missionnaire, ils essaient d’être signes dans une société en quête de repères. L’important est que, tous ensemble, français, étrangers, jeunes, vieux, nous fassions corps, en lien avec notre évêque. Car c’est lui l’âme de notre presbyterium, le garant de notre unité et de notre communion. »

                                                                         SB

 Point de vue d’un laïc

  La rencontre bénéfique de deux cultures

Xavier Glinec est le délégué de l’équipe pastorale de l’ensemble paroissial de Reyniès. Il fait aussi partie du service diocésain des équipes pastorales. Cet ensemble a accueilli à la rentrée son nouveau curé qui est polonais. La communauté paroissiale est dans une phase de découverte et d’adaptation, ce qui est vrai aussi pour le curé.


Comment a été reçue la nouvelle d’un curé venant de l’étranger dans votre ensemble paroissial, il s’agit en l’occurrence de l’abbé Piotr Osinski ?
Son arrivée a été très bien perçue mais cela vient du fait de sa personnalité, de son enthousiasme, de son écoute. Le fait d’être polonais n’a pas posé de problème. Notre ancien curé, l’abbé d’Aigremont et son vicaire, l’abbé Thomas, étaient autant des étrangers pour certains de nos paroissiens car « ils n’avaient pas l’accent » et venaient du nord de la Loire…

Comment cela se passe-t-il au quotidien ? Une culture différente est-elle une difficulté, un avantage ?
Nous, déjà au niveau de l’équipe pastorale, sommes bousculés par cette culture différente. Personnellement je trouve que c’est un avantage, car c’est une autre approche. Par exemple, l’abbé Piotr

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L’accueil de l’abbé Osinski par l’évêque et les fidèles

est passionné de musique. Il a mis en place un cours de guitare le lundi soir de 18 h à 20 h et ensuite un cours de musique (orgue électrique, batterie, guitares, contrebasse, …) avec chants. J’y ai été une fois pour amener mon fils. Et j’ai été très surpris de voir des paroissiens de tout âge, de tout type, certains d’ailleurs que je ne connaissais pas. Tout le monde était heureux, riait et chantait.

Quels sont pour les paroissiens, les nouveautés, les questionnements peut-être ?
Des paroissiens ont été étonnés du fait que notre nouveau curé soit dans la droite ligne de l’ancien curé. Certains d’être nous voudraient une religion à « la carte ». Et avec l’abbé Piotr, ils entendent les mêmes références aux dogmes, ceux de l’Eglise et cela les surprend. Mais la façon de dire la « bonne parole » est différente selon les caractères et l’éducation. Un autre exemple, l’abbé Piotr a été surpris par le bruit de fond avant la messe dans l’église. Il a donc mis en place à Reyniès le chapelet avant la messe. On n’accueille plus les paroissiens dans l’église mais sous le porche afin d’échanger à l’extérieur de l’église. Tout cela les paroissiens le comprennent bien.

Quels impacts voyez-vous sur la vie paroissiale ?
Je crois qu’il est encore trop tôt pour en parler. Mais tous nos paroissiens se rendent compte que notre curé a un agenda de ministre, qu’il se dépense sans arrêt et sont donc sont inquiets pour sa santé… Il est seul pour remplacer deux prêtres et en plus un tiers de son temps est pour la communauté polonaise. Nous, équipe pastorale, nous allons nous organiser différemment. Il faut mieux l’aider au niveau administratif. M. le curé a demandé au conseil économique une réunion la semaine prochaine. On va voir dossier.jpgcomment on peut le soulager : préparer les chèques (Il n’est pas habitué à travailler avec des chèques !), aller chercher les chéquiers à la Poste quand ils arrivent… L’équipe pastorale va plus s’impliquer au niveau des autres équipes de la paroisse (catéchèse, funérailles, liturgie, …) tout en sachant rester à notre place. Le patron c’est le curé.
On va organiser un repas partagé pour tous les bénévoles qui servent la paroisse afin de mieux faire connaissance et voir ainsi qui fait quoi.

Voyez-vous pour le service diocésain des équipes pastorales des questions nouvelles que peuvent poser ces arrivées ?
Je pense qu’il faut insister auprès des équipes pastorales et surtout des conseils économiques paroissiaux sur l’aide à apporter aux prêtres étrangers sur la partie administrative qui n’est déjà pas simple pour un français. Peut-être demander à leur nouveau curé de leur présenter son Eglise dans son pays, son fonctionnement ? Deux cultures différentes doivent apprendre à vivre ensemble et pour cela il faut commencer par comprendre la vie de l’autre, ses habitudes. Je le dis d’autant plus facilement que toute ma vie j’ai travaillé à l’international donc le choc des cultures je connais !

                                                              Propos recueillis par JF Laparre

Des prêtres missionnaires

« Demandez et vous recevrez… »

A Caylus, Saint-Antonin-Noble-Val et Parisot, il y a longtemps que l’on n’est plus surpris de voir un prêtre étranger, On les apprécierait même tout particulièrement.

Françoise Lagarrigue, de l’équipe pastorale Caylus-Parisot, ne tarit pas d’éloge sur ces prêtres venus d’ailleurs. « Tout le monde était tellement content d’avoir un prêtre ! » commence-t-elle, « mais ne vous y trompez pas, l’arrivée d’un curé étranger a très sensiblement modifié les mentalités. Que ce soit Pierre, Jean-Chrysostome ou Raphaël, ils ont la grande capacité d’aller au-devant des gens, leur ouverture est formidable et ils sont disponibles, très présents. Je crois que c’est dû au fait qu’ils soient expatriés. Venir chez nous n’est pas un acte ordinaire, ils jouissent finalement d’une grande liberté qui fait fi de la pression locale, des histoires de voisinage. C’est pour ça qu’ils arrivent à rencontrer beaucoup de monde, bien souvent en dehors de piliers d’Eglise. Ils reçoivent souvent un accueil favorable et des liens forts se tissent ».

 Quelques données statistiques

Un presbyterium qui évolue

 Dire que l’Eglise, qui est en Tarn-et-Garonne, manque de prêtres est une évidence. Au fil des années, leur nombre décroit inexorablement et les ordinations sont rares. Depuis quelques années des prêtres étrangers se mettent au service du diocèse pour la mission. Voici quelques chiffres qui caractérisent le clergé en novembre 2017.

Trois prêtres, trois continents

Le presbyterium est l’assemblée des prêtres d’un diocèse. Cette assemblée était autrefois constituée d’une majorité de prêtres qui étaient originaires du diocèse, ayant fait des études au séminaire, d’abord diocésain et par la suite au séminaire inter régional Saint-Cyprien ou au séminaire universitaire de l’Institut catholique de Toulouse. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Le dernier séminariste a été ordonné en juin 2017. Il y a eu cinq ordinations en 13 ans pour le diocèse de Montauban.

Nombre de prêtres Tranche d’âge
3 moins de 39 ans
16 moins de 49 ans
20 entre 50 et 74 ans
41 plus de 75 ans

Actuellement, toutes origines confondues, 77 prêtres, composent ce presbyterium. Il y a dix ans, ils étaient 100 (-29,3%). Il est important de préciser que ces chiffres donnent le total des prêtres, quelle que soit leur situation, en activité ou retirés avec ou sans mission particulière (c'est-à-dire à la « retraite » avec une activité pastorale). 28 d’entre eux sont retirés ou sans affectation dans le diocèse.
Il y a 37 prêtres actifs dans la pastorale paroissiale dont 15 qui ne sont pas originaires du diocèse. L’âge moyen des curés originaires (incardinés) du diocèse est de 63 ans.

Il faut remarquer que depuis quatre, cinq ans cette baisse s’est stabilisée autour de 75 prêtres en moyenne. Cette relative stabilité est due à l’arrivée de prêtres venant d’autres diocèses français ou étrangers. En dix ans, le nombre de prêtres non incardinés dans le diocèse a été doublé (de 6 à 13), en même temps, le nombre de prêtres étrangers est passé de 1 à 12 !
10 d’entre eux ont la fonction de curé ou d’administrateur paroissial sur un total de 24 curés.

Les prêtres africains, qui sont majoritaires parmi les prêtres étrangers, viennent en France envoyés par leur évêque au titre de prêtre Fidei Donum .
                                                                                   JFL
 

 

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