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Dans un monde qui change retrouver le sens du politique

27 mars 2017

A la recherche du bien commun

En octobre 2016, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France publiait un petit livre sur comment retrouver le sens du politique. Cette démarche des évêques n’est pas nouvelle, ils l’ont déjà faite à plusieurs reprises, en 1972, Pour une pratique chrétienne de la politique, 1991, Politique, affaire de tous et en 1999, Réhabiliter la politique. Ce souci constant de l’Eglise catholique est le signe d’une préoccupation de citoyens responsables sur la situation en France qui aiment leur pays, au contact au plus près de la préoccupation de ses habitants.


Avec les prochaines échéances électorales : les présidentielles, les 23 avril et 7 mai et ensuite les législatives 11 et 18 juin, nous entrons dans une période spéciale, dont le contexte actuel ne favorise pas la sérénité des débats et l’éclairage sur les différents projets politiques que nous sommes en droit d’attendre pour des élections de cette importance. Jusqu’au terme de ces élections, nous vous proposons de reprendre des extraits de la publication des évêques qui peuvent servir de points de repères. En reprenant une analyse de notre société, nous pouvons mieux comprendre ce qui se passe et dépasser les lieux communs et les fausses informations. En lien avec cette analyse, les évêques proposent des éléments de réflexion sur des aspects concrets du quotidien, ils mettent aussi en garde sur une société divisée. Le rôle de l’Eglise n’est pas de dire pour qui voter mais sa mission est de redonner, avec d’autres, du sens à ce geste que seule une démocratie forte, certainement pas figée, autorise. S’exprimer librement est un droit que des millions d’hommes et de femmes de par le monde nous envient. Ne le déprécions pas et utilisons le.

                                                                              JF Laparre, rédacteur en chef


Voici le premier texte que nous vous proposons, issu de la publication des évêques de France :

Retrouver le politique

« Le constat n’est pas nouveau. Depuis plusieurs années, la politique dans notre paysne cesse de voir son discrédit grandir, provoquant au mieux du désintérêt, au pire de lacolère. Le temps qui passe voit le fossé se creuser entre les citoyens et leurs représentants etgouvernants. La crise de la politique est d’abord une crise de confiance envers ceux qui sontchargés de veiller au bien commun et à l’intérêt général. Des ambitions personnellesdémesurées, des manœuvres et calculs électoraux, des paroles non tenues, le sentimentd’un personnel politique coupé des réalités, l’absence de projet ou de vision à long terme,des comportements partisans et démagogiques… sont injustifiables et sont devenusinsupportables. S’il ne s’agit pas de rêver à une illusoire pureté dans les rapports sociaux etpolitiques, l’attitude et l’image de quelques-uns jette le discrédit sur l’ensemble de ceux quivivent l’engagement politique comme un service de leur pays. Et sans doute faut-ilreconnaître que nos hommes politiques ne sont peut-être pas très différents de nous, etcherchent à satisfaire nos propres intérêts. Dans le siècle écoulé, des figures éminentes etdiscrètes comme Robert Schuman, Edmond Michelet et bien d’autres de sensibilitéspolitiques différentes, ont montré toute la noblesse du service politique. Il faut aujourd’huisoutenir ceux qui sont prêts à s’engager dans cet esprit. A cet égard, le sérieux avec lequelun certain nombre de jeunes réfléchissent sur le sens du politique et se forment àl’engagement pour changer des choses en vue de l’intérêt général est un signe d’espérancedans ces temps de discrédit du politique.

Si la politique au sens d’un fonctionnement et d’une pratique connaît un gravemalaise aujourd’hui, c’est que quelque chose d’essentiel s’est perdu ou perverti. Et cela n’estpas de la seule responsabilité de la classe politique. Notre société, et plus largement toute vieen commun, ne peut pourtant pas se passer du politique. Le politique précède la politique, ilne se résume pas à sa mise en application. Il affirme l’existence d’un « nous » qui dépasse lesparticularités, il définit les conditions de la vie en société, tandis que la politique désigne lesactivités, les stratégies et les procédures concrètes qui touchent à l’exercice du pouvoir.
Dans nos pays démocratiques, ce pouvoir vient de l’élection par les citoyens. Mais ce qui doitfonder cet exercice c’est le politique, la recherche du bien commun et de l’intérêt généralqui doit trouver son fondement dans un véritable débat sur des valeurs et des orientationspartagées. Aujourd’hui, la parole a trop souvent été pervertie, utilisée, disqualifiée.
Beaucoup veulent la reprendre, au risque de la violence, parce qu’ils ont l’impression qu’elleleur a échappé, et ne se retrouvent plus dans ceux qui, censés les représenter, l’ontconfisquée. »


Dans le prochain numéro du Bulletin catholique (n° 7 du 5 avril), nous publierons une autre partie du texte de évêques intitulé :« 2017, année électorale. Quelques éléments de réflexion » (paru le 20 juin 2016).

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