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15 janvier, journée mondiale du migrant et du réfugié

22 décembre 2016

Pastorale des migrants

Accueillir et accompagner les rescapés est une des missions du service diocésain de la pastorale des migrants. Face à ces défis, Marie Karpoukhine analyse la situation de ces familles hébergées par l’Eglise et montré la nécessité de les sortir de l’isolement.

15 janvier 2017 : Journée mondiale du migrant et du réfugié à Notre-Dame de la Paix à Montauban. Messe à 11 h. Apéritif offert, repas partagé, animations l’après-midi.

Venez nombreux, en famille. Le thème de cette année est : Mineurs migrants, vulnérables et sans voix


Marie Karpoukhine, vous êtes la responsable du service diocésain de la pastorale des migrants, comment s’est déroulée cette année 2016 ?
Contrairement à ce que nous aurions pu croire, nous n’avons pas eu à faire face à un afflux important de rescapés. Il n’en demeure pas moins que nous avons eu du mal à répondre aux demandes qui nous ont vie_du_diocese.jpgété faites. Pour la simple raison que nous manquons de personnes bénévoles pour accomplir

“ L’heure n’est pas à la polémiquemais à la charité »
         
Mère Térésa

la mission confiée. Je tiens à remercier très sincèrement ceux qui nous ont aidés financièrement, en particulier les parents du collège Notre-Dame à Montauban. Nous avons reçu une importante somme d’argent. Ils avaient entendu que les personnes que nous accompagnons étaient en difficulté, qu’elles avaient besoin d’aide. Cet argent est utilisé uniquement pour participer au mieux-être matériel des familles accueillies, il ne sert pas au fonctionnement du service. Nous avons actuellement deux familles avec de nombreux enfants en réelle difficulté. C’était un don du Ciel !

Comment expliquez-vous le manque de bénévoles ?
Peut-être que les gens ont peur de s’engager alors que l’on peut aider en fonction de ses disponibilités et pour un temps donné. Mais je me demande aussi si nous avons bien communiqué sur ce besoin d’aide, l’appel n’a peut-être pas été entendu. Je constate que l’on ne peut pas fonctionner seul et l’accompagnement que nous faisons de ces rescapés qui, pour un certain nombre d’entre eux ont maintenant un statut de réfugié, ne peut se réaliser en dehors de la communauté. Le plus dur pour beaucoup c’est l’isolement, le peu de contact. Accompagner, c’est aider pour les formalités bien sûr, mais cela touche beaucoup d’autres domaines. Il y a des aides spécifiques comme l’apprentissage du français, l’aide à la scolarité, les loisirs. Les personnes accueillies reçoivent normalement une formation pour parler français, mais elle est hélas trop courte par manque de financement et il est impératif qu’ils perfectionnent leur pratique de la langue. Faute de cela, comment se débrouiller au quotidien et même rechercher un travail ?
Nous avons besoin de familles qui accepteraient de consacrer un peu de temps avec ces familles, simplement pour les rencontrer, échanger, pour que les enfants puissent jouer ensemble, que les jeunes adultes côtoient des jeunes de leur âge. Avec l’expérience, je me rends compte que c’est souvent pour la tranche d’âge des 17-20 ans que c’est le plus dur.

Pourquoi ?
Pour faire simple, il y a deux cas de figure pour cette tranche d’âge. On a beaucoup parlé des mineurs isolés avec la fin des camps de Calais et les arrivées dans les départements. Ces jeunes, qui ont franchi seuls des obstacles impensables à leur âge pour échouer en Europe, sont pour la plupart extrêmement motivés et ils prennent leur vie en main car ils n’ont pas le choix. Pour ceux qui arrivent en famille, c’est tout aussi compliqué, si ce n’est plus. Si tous subissent la décision de partir seuls ou en famille, c’est un arrachement pour ces jeunes, la perception du drame qu’ils vivent est différente de celle des adultes. Souvent ils auraient continué à vivre dans la guerre, idem pour les enfants. Ils doivent quitter ce qui fait

« Personne ne pousse ses enfants sur un bateau à moins que l’eau ne soit plus sûre que la terre ferme »

                        Warsan Shire

leur univers : les amis, l’école, le quartier… Les parents, eux, prennent une décision pour leur sécurité, c’est leur responsabilité de parents. Il arrive souvent que les jeunes leur reprochent ce départ. La cellule familiale les protège, ici aussi et du coup, les jeunes sont plus dans une attitude passive. Pas de lycée, pas de stage, ils sont condamnés à l’attente. Vient s’ajouter à cela la culture d’origine, on se marie souvent jeune et on fonde un foyer. Ici, pas de mariage, pas de réalisation personnelle, pas d’autonomie… Comment ne pas être révolté ou s’enfoncer dans la dépression ? L’exil, c’est terrible. Le cap des 16 ans est important.

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Aider à l’apprentissage du français, un des nombreux services que peuvent rendre les bénévoles

En France, il n’y a pas d’obligation de scolarité après cet âge. Reprendre ou continuer des études est parfois difficile et l’apprentissage ne peut se faire que dans un cadre légal, donc difficile, voire impossible pour ceux qui ne sont pas régularisés. C’est vraiment moins compliqué pour les enfants qui s’intègrent rapidement grâce à l’école.

Que peut-on faire ?
Je reviens à nos besoins. Il est important que nous puissions les accueillir mais aussi les intégrer dans nos communautés. Le pape François ne dit pas autre chose. Au moment où ces migrations inquiètent, l’intégration, c’est poser un autre regard sur ces personnes qui permettra d’envisager leur avenir et par conséquent le nôtre. Ce regard fait partie du projet de Dieu. J’aime rappeler que l’histoire de la foi commence par la migration. Nous devons accueillir celui qui est face à nous, toujours revenir au plan humain, celui de la personne. Dans une foule, nous devons penser à chaque personne qui la compose. Ça change tout.

                                                                     Propos recueillis par JF Laparre

Pour répondre aux besoins du service diocésain de la pastorale des migrants 

appelez le 06 23 93 75 51 ou migrants[nospam]catholique-montauban.cef.fr

« Un groupe de prière »
Un groupe de prière de la pastorale des migrants a été créé. Il se réunit tous les mercredis à 17 h 30 à la cathédrale. Nous y prions pour les migrants, ceux que nous accompagnons, pour leurs familles, pour les accompagnants et notre pays, comme pour tous les migrants qui souffrent ou qui solliciteront nos prières pour eux-mêmes dans l’action de grâce ou la demande. Ceux qui le veulent peuvent ensuite assister aux vêpres de 18 h et à la messe de 18 h 15.
                                                                                                       M.K


 

 

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