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« Répandre la bonne odeur du Christ sur les ondes »

18 novembre 2016
« Répandre la bonne odeur du Christ sur les ondes »

« La radio, c’est comme un phare, une main tendue et parfois une bouée de secours »

Laurent Dominici, directeur de Présence Toulouse

Laurent Dominici est le directeur de Radio Présence Toulouse et le coordinateur de l’Association des radios diocésaines du Midi-Pyrénéen, en fait le réseau Présence. Fort de plus de six années d’expérience, il nous livre sa vision de la radio chrétienne.

Présence : 93.3 et 97.9 en Tarn-et-Garonne

Laurent Dominici, comment définiriez-vous Radio Présence ?
Je me souviens de ce qu’a dit Mgr Le Gall, lors de ses vœux annuels, lorsque je suis arrivé: il nous a remerciés de répandre la bonne odeur du Christ sur les ondes ! Cela faisait référence à saint Paul. Cette phrase m’a marqué car l’odeur, le parfum, c’est quelque chose d’assez insaisissable pourtant c’evie_du_diocese.jpgst là et on n’en connait par l’origine. Pour moi, dans une radio chrétienne, on doit parler de tout, de l’actualité, des religions, des entreprises, de la foi et à travers tout cela on fait résonner une musique. Vous savez, notre mission, ce n’est pas de « parler, parler… » de Jésus mais de conduire une expérience de la présence de Jésus Christ. Et on le fait à travers des programmes, des émissions, des moyens. On n’est pas dans la prédication. Cette mise en relation avec Jésus, elle nous échappe et de temps en temps, des témoignages nous reviennent et nous disent combien la radio é été importante pour telle ou telle personne. Cela peut aller jusqu’à la conversion ! Nous n’avons pas besoin de parler de Jésus-Christ en permanence, on se laisse habiter par sa présence. C’est ce qui fait que je crois en la force de la radio.

Quelles sont les autres caractéristiques de Présence ?
C’est un lieu d’Eglise, un lieu de rencontre. De nombreuses personnes témoignent de leur attachement à la radio et aiment ce que l’on fait alors qu’elles sont elles-mêmes éloignées de l’Eglise. Il suffit de regarder la diversité des personnes qui sont invités dans nos émissions. Nous sommes au service de la construction du « vivre ensemble ». Il n’y a pas d’esprit de chapelle, c’est un lieu ouvert, un lieu de passage.
Nos auditeurs sont eux aussi très divers, comme les chrétiens sont divers. Quand on nous demande quelle est notre cible, je réponds : « Tout le monde » ! et cela se retrouve aussi dans le personnel et les intervenants à la radio. Je tiens à cette diversité des sensibilités au sein même de notre équipe qui est le reflet de la richesse de l’Eglise. Si c’est une vraie chance, ce peut être aussi source de tension mais l’ouverture fait la qualité de l’équipe. Cet équilibre est important pour pouvoir proposer la radio au plus grand nombre, pour pouvoir donner la parole à tous puisque nous sommes une radio ouverte.
Je définirais bien Présence comme une radio libre, explicitement chrétienne et pour tous. Notre dépendance par rapport à l’Eglise étant assumée, ce choix nous donne une vraie liberté car l’Evangile rend libre. La radio est un lieu où l’on peut joyeusement témoigner de sa foi, sans faire de prosélytisme. Une radio pour tous nous oblige à un vrai travail pour adapter notre langage pour ne pas être une radio communautaire. Travailler notre vocabulaire pour qu’il ne soit pas un frein à l’écoute est important. C’est parfois difficile car nous avons aussi des demandes de chrétiens pratiquants, de donateurs, qui souhaitent entendre des enseignements.

Justement, comment financez-vous la radio ?
Nous avons trois sources de financement : les dons des auditeurs, les subventions des diocèses et de l’Etat. Il y a pour nous de vrais enjeux à augmenter le nombre de donateurs mais aussi à trouver d’autres sources de financement en prospectant du côté du mécénat, de la publicité et du partenariat. Avec la recherche de financement, nous devons être vigilants pour conserver notre liberté car même si l’Evangile n’est pas soumis à l’audimat, les questions d’audience sont importantes.
Nous lancerons le prochain radio-don les 25 et 26 novembre prochains.

Quel est l’avenir des radios ?
La radio est le média de la mobilité, on l’écoute chez soi, dans sa voiture, c’est donc vraiment un média à part, mais il n’échappe pas à l’évolution des médias en général. On sait aujourd’hui que les nouveaux outils ne suppriment pas pour autant les anciens. Regardez la presse écrite, même si elle est en difficulté, elle est toujours là. Comment être une radio à l’heure du numérique ? Nous avons acquis notre notoriété grâce à la FM et nous devons en profiter pour nous installer dans le numérique. Il y a de la concurrence, les « nouveaux » n’ont pas les charges financières que nous avons sur le plan technique, les relais, antennes et autres. Mais ils n’ont pas non plus nos réseaux d’auditeurs. On va donc aller sur le numérique même si nous avons encore de nombreuses questions.
On peut aussi s’interroger sur l’avenir des radios locales comme les nôtres, faut-il une radio nationale ou des radios locales ? Nos programmes sont constitués de différentes strates : internationale (radio Vatican), nationale et locale. La proximité est aussi notre identité. Le fil continu, c’est la confiance de nos auditeurs. Nous avons créé un espace original par le contenu de nos programmes que nous diffusons sur les ondes, complété par ce qui est sur internet, avec une grande force qui est la réactivité de ces deux médias. Nous devons les conserver.
                                                                               Propos recueillis par JF Laparre

 

 

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