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« Le désert, c’est l’appel à l’intimité avec le Seigneur »

15 décembre 2017
« Le désert, c’est l’appel à l’intimité avec le Seigneur »

Les trois ermites vivent chacun dans une maisonnette d’une pièce

  Ermitage Saint-Bruno

Le frère Jean-Michel, un des trois ermites de Saint-Bruno, présente l’Ermitage depuis sa fondation et en explique le quotidien et la spiritualité.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur la fondation de l’Ermitage Saint-Bruno ?
C’est en 1976 qu’a été fondé l’Ermitage Saint-Bruno, à quelques kilomètres du village de Parisot. Il trouve son origine dans le concile Vatican II, mais plus fondamentalement il plonge ses racines jusqu’au XIe siècle avec la personne de saint Bruno puisque l’Ermitage est un petit rameau qui a poussé sur le vieux tronc de la famille cartusienne. C’est en 1084 que Bruno et quelques amis, guidés par l’Esprit, partirent dans la solitude à la recherche de Dieu. Dans le massif de la Chartreuse, en Dauphiné, ils trouvèrent un lieu solitaire où en suivant le Christ Jésus ils pourraient rencontrer Dieu dans le silence intérieur. Le concile Vatican II avaitvie_du_diocese.jpg encouragé un retour aux sources de la vie monastique à la lumière de l’Évangile. Dans le sillage de saint Bruno, quatre moines chartreux désireux d’une vie solitaire très simple et pauvre comme cela est possible à un petit groupe se fixèrent aux environs du village de Parisot. Accueillis par Mgr Jacques de Saint-Blanquat, alors évêque de Montauban et le curé, aidés par les gens du pays, ils construisirent, disséminés sur 11 ha, dans un bois de peu de valeur, un bâtiment de deux pièces comme chapelle et salle de communauté, et, comme habitations, dix petits ermitages d’une seule pièce, assez isolés les uns des autres. En semaine les frères se retrouvaient à la chapelle le matin pour les laudes et l’eucharistie et en fin de journée pour l’office des vêpres. Tout le reste du temps se passait chacun dans son ermitage pour la prière, la lecture, le travail manuel (paillage de chaises, élevage de volailles), les repas. Le dimanche, ils prenaient le repas de midi ensemble.

C’est toujours ce qui se vit actuellement ?
Non, pas tout à fait. Il y a eu une certaine évolution. Au fil des années plusieurs frères sont venus rejoindre les quatre moines fondateurs, mais suite à des départs et à des décès nous ne sommes plus que trois. Quelques aménagements (électrification, eau courante) nous permettent de continuer notre vie à l’Ermitage malgré l’avancée en âge. Nous ne pouvons plus faire de travaux rémunérés, mais la pension retraite des deux frères âgés et quelques offrandes de messes nous permettent de joindre les deux bouts. Et il y a les travaux de toutes maisons : cuisine, lessive, coupe de bois dans la forêt pour le chauffage, entretien des bâtiments, etc. Chaque matin nous nous retrouvons pour célébrer ensemble l’office des laudes et l'eucharistie, ce sera la seule rencontre de la journée. Le dimanche et les jours de solennité nous prenons ensemble le repas de midi, durant lequel nous avons un libre échange fraternel et ces jours-là nous célébrons aussi ensemble l’office des vêpres en fin d’après-midi. Une fois par mois nous nous réunissons pour un partage d’évangile et parler ensemble des diverses questions concernant la communauté. Ceci étant, nous avons une vie plus solitaire qu’auparavant, ce qui nous convient bien.

Quelle est la spiritualité de l’Ermitage ?
Les quatre moines fondateurs étaient des moines chartreux, et c’est pour vivre pleinement la spiritualité cartusienne, dans le dépouillement et la simplicité, qu’ils ont fondés l’Ermitage. Le désert, c’est l’appel à l’intimité avec le Seigneur ; dans le livre du prophète Osée, c’est le Seigneur qui nous dit : « Je vais la conduire au désert et là je parlerai à son cœur ». Mais le désert c’est aussi le lieu du combat spirituel. C’est au désert qu’après son baptême Jésus a été conduit par l’Esprit, où pendant 40 jours il fut tenté par le diable. Dans la solitude l’ermite s’efforce de vivre dans la prière continuelle, la contemplation, la louange, la supplication, l’intercession. Cette prière se poursuit au fond du cœur pendant le travail et tout au long du jour. Il se nourrit de la Parole de Dieu et des écrits des grands spirituels, en particulier de la tradition monastique. Pénétrant en lui-même l’ermite découvre sa pauvreté de créature et de pécheur, et donc l’infinie miséricorde de Dieu qui le fait vivre. Certains jours, peut-être dira-t-il avec le Christ crucifié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mais il découvrira, bien plus encore le Christ Sauveur dans son infinie miséricorde et l’Esprit qui nous entraîne vers le Père et la Vie trinitaire.

Quels sont les liens de l’Ermitage avec le diocèse ?
En 1976 lorsque les quatre moines chartreux sont arrivés dans le diocèse, l’évêque de Montauban les a reçus avec une bienveillance amicale et fraternelle, et cela a toujours été pour nous un grand soutien. Par la suite, il a érigé l’Ermitage en Association de fidèles et il en a approuvé les statuts. Chaque année, depuis le début de l’Ermitage, l’évêque de Montauban vient nous voir et concélébrer avec nous à l’occasion de la fête de Saint-Bruno. C’est grâce à lui que l’Ermitage est reconnu comme communauté de vie monastique dans l’Eglise diocésaine, ce dont nous lui sommes très reconnaissants. Il est en effet essentiel pour nous d’être communauté d’Eglise puisque c’est en celle-ci que nous avons part au mystère du Christ venu pour le salut du monde. Le lien profond qui nous rattache au diocèse se vit essentiellement dans la prière et l’intercession ; c’est pourquoi nous participons rarement aux diverses manifestations diocésaines, mais nous les portons dans la prière, conscients que c’est ce que le Seigneur nous demande. Nous rendons grâce à Dieu pour tant de bienfaits !

                                                                        Propos recueillis par JF Laparre
 

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