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« Je ne meurs pas, j’entre dans la vie » (Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus)

19 octobre 2017

 Mois de novembre : un mois pour la vie

Le mois de novembre qui arrive est pour beaucoup un temps triste, marqué par la mémoire des défunts (le 2 novembre), des morts de la guerre (le 11 novembre). A cela s’ajoute l’approche de l’hiver, la brièveté des jours et les angoisses nouvelles de l’époque. Cependant, c’est aussi la fête de tous les saints : un appel à la joie.


billet.jpgDans la liturgie de l’Eglise le mois de novembre, en effet, commence sous le signe de la joie. Le premier novembre, jour de la Toussaint, l’évangile des Béatitudes est une succession d’appels au bonheur : « Heureux, heureux êtes-vous… » (Matthieu 5, 1-12) et Jésus continue « Soyez dans la joie et l’allégresse ». Et pourtant ce bonheur vient au cœur de souffrances, de persécutions, de condamnations qu’infligent aux fidèles les ennemis de Jésus. Il y a là un paradoxe : celui qui croit au Christ, qui le suit et témoigne de son attachement à lui, est appelé à connaître une joie totale alors même qu’il sera rejeté par d’autres. Ce paradoxe évangélique nous dit que la joie n’est pas incompatible avec la peine ou le deuil. La joie qui caractérise la fête de tous les saints est celle de l’action de grâce : nous nous réjouissons de savoir que beaucoup de ceux qui nous ont précédés, depuis des temps immémoriaux, sont pour toujours avec le Christ ressuscité : ils partagent cet état de paix et de contemplation de l’amour divin qui comble leur cœur, même s’ils n’ont pas encore connu la « résurrection de la chair », quand le Christ reviendra dans sa gloire pour le jugement final. Ce mois de novembre, parce qu’il évoque la mort, nous ramène à la joie. Pourquoi ? Parce qu’entrer dans le mystère de la mort n’est pas trembler de peur ou cacher la mort ou la tenir bien loin. D’ailleurs les visites aux cimetières et le fleurissement des tombes devraient nous aider à intégrer ce mystère dans nos vies.
Mais, avant tout, faut-il accueillir la vie pour accepter de mourir. Accueillir la vie est une invitation à la joie. L’apôtre Paul l’affirme à plusieurs reprises : « Réjouissez-vous sans cesse dans le Seigneur, je le dis encore, réjouissez-vous » (Philippiens 4, 4). Cet appel à la joie n’est pas une sorte de méthode Coué pour oublier les incertitudes du temps, c’est la conviction profonde de l’apôtre : la joie est liée à l’annonce du Royaume de Dieu. La joie est la promesse que Jésus lui-même fait à ses disciples : « Je vous verrai de nouveau et votre cœur sera dans la joie et cette joie nul ne pourra vous l’enlever » (Jean 16,22). En fêtant les saints le 1er novembre, nous fêtons ceux qui sont morts mais qui sont vivants auprès de Dieu. Ils sont entrés dans le Royaume de Dieu, dans la joie de son amour, ils sont heureux ! Ils voient Dieu !

La joie du purgatoire
Le 2 novembre nous allons prier, intercéder, pour tous les défunts qui vivent le temps de la purification que la tradition chrétienne appelle « purgatoire ». Le temps du purgatoire est donné pour s’adapter à la perfection divine. Les âmes du purgatoire souffrent mais d’une souffrance positive et c’est pourquoi elles sont en même temps dans la joie. Elles ne peuvent, en cet état, ni faire le bien ni faire le mal. Elles sont façonnées par la miséricorde divine qui, peu à peu, détruit leurs péchés. Il n’y a pas de désespoir mais au contraire l’espérance puisque la purification les rapproche de Dieu et les fait avancer vers la fin de leur épreuve. Mais, en cela, ces âmes ont besoin de nous : nous sommes invités, ce 2 novembre particulièrement, à prier pour ces défunts « en attente » d’entrer dans la Maison du Père. La prière la plus éminente est la messe. C’est là que nous retrouvons nos défunts : nous sommes en communion avec celui qui « repose dans le Christ » et notre offrande va contribuer à ouvrir la porte du ciel à cette âme. Nous sommes des intercesseurs pour la vie, la vie éternelle de ces âmes déjà sauvées. Donc, même cette célébration du 2 novembre nous invite à nous réjouir de la miséricorde divine qui fait grâce.
En conclusion, ne sombrons pas dans la tristesse ou l’inquiétude : nous ne sommes pas faits pour la mort mais pour la vie, nous ne sommes pas faits pour la tristesse mais pour la joie. Bien sûr, il ne faut pas nier la possibilité de l’enfer, c’est-à-dire de la privation à jamais de Dieu mais je n’ai pas ici choisi d’en parler car cette réalité est la négation même de l’amour, donc de la joie.
Si le mois de novembre évoque pour nous la mort, revenons à la phrase de sainte Thérèse placée en épigraphe, pensons que c’est la vie qui nous attend quand nous quitterons cette terre, une vie qui n’aura pas de fin, une vie dans la joie de Dieu.
 signature mgr ginoux.jpg

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