Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
 
Document Actions

Les fins dernières

On ira tous au paradis

Aujourd’hui, du moins dans la culture occidentale, la mort est incongrue et en parler passe pour inconvenant. Elle ne devient acceptable que dans le cas du grand âge ou de la diminution considérable des facultés humaines. Cette période de l’année, en raison de la fête du 2 novembre où l’on fait mémoire des défunts, conduit cependant à des visites au cimetière. Même les personnes loin de l’Eglise catholique satisfont volontiers à cette pratique de penser aux défunts.
C’est l’occasion de revoir ce que dit la foi de l’Eglise, fondée sur la Révélation chrétienne, de notre devenir après la mort.

Dans l’attente de la résurrection finale, avant le jour du jugement dernier annoncé par Jésus (Matthieu 25, 31-46), tous, nous serons d’abord, à notre propre mort, confrontés à la rencontre avec Notre Seigneur dans ce que le Catéchisme de l’Eglise catholique (n°1021-1022), avec toute la Tradition, appelle « le jugement particulier ». Chacun reçoit la béatitude éternelle (le ciel), ou est appelé à une purification (le purgatoire) ou s’en va vers la damnation éternelle (l’enfer). Saint Paul (2 Co 5, 8-10) affirme qu’ « il nous faudra tous comparaître à découvert devant le tribunal du Christ afin que chacun recueille le prix de ce qu’il aura fait durant sa vie corporelle, soit en bien, soit en mal » Bien sûr, dans l’attente de la résurrection des corps, c’est l’âme spirituelle (dans la conception chrétienne ce terme exprime une réalité différente de la conception grecque, bien précisée dans l’étude de Joseph Ratzinger La Mort et l’Au-delà, Communio, Fayard, 1994) qui est concernée par ce « jugement ». Mais, quand on parle de « jugement », nous ne devons pas oublier la phrase de saint Jean de la Croix : « Au soir de notre vie nous serons jugés sur l’Amour ». Précisément le chapitre 25 de l’évangile de saint Matthieu fait de l’amour du prochain le critère de notre bonheur éternel.


Le Ciel
Au jour de notre mort nous serons donc appelés à cette vie avec le Christ, la Vierge Marie et tous les saints, connus ou anonymes que nous fêtons à la Toussaint. Ce sera l’aboutissement d’une vie de fidélité ou la radicale conversion des derniers instants comme ce fut le cas pour le larron sur la croix (Luc 24, 39-43) ou bien d’autres de ces « ouvriers de la dernière heure ». Peu importe… la miséricorde du Seigneur est infinie et tout lui est possible ! Ce bonheur sera dans la vision de la Trinité et nous ne pouvons pas imaginer ce qu’il peut être.


Le Purgatoire
Si nous avons besoin de purification ce sera ce que la foi catholique appelle le temps du Purgatoire (Catéchisme de l’Eglise catholique n° 958). Ce n’est pas seulement une épreuve, c’est aussi une espérance car la rencontre avec le Seigneur a eu lieu mais il est nécessaire à l’âme d’entrer dans un chemin de conversion avant de vivre dans la lumière divine. Dans cette épreuve les « âmes du Purgatoire » sont soulagées et délivrées par la prière des fidèles de la terre : c’est le principe de la communion des saints. La célébration de la messe à cette intention est une forme particulièrement essentielle de la charité qui s’exerce entre les membres du Corps du Christ.


L’Enfer
Enfin - et Jésus ne manque pas d’évoquer la « géhenne » infernale - le risque d’être à jamais séparé de Dieu est exprimé par l’Enfer. Le nier serait nier l’enseignement du Christ, la liberté de Dieu et la liberté de chaque homme : nous sommes créés libres au point de refuser l’amour de Dieu et donc son pardon. Il est évident que la représentation littéraire ou picturale de l’enfer a pu donner lieu à des exagérations, que certains sermons ou textes ont dépassé toute mesure, mais cela ne fait pas disparaître la réalité, possible pour chacun, de la « damnation éternelle ». Ce qui reste difficile à nos mentalités c’est sans doute de penser l’enfer et donc, pour beaucoup, de l’accepter comme le risque de la liberté. Dieu, en effet, « ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse » dit la Bible mais cette réalité irréversible est le respect de la volonté humaine. L’enfer est la conséquence tragique de l’homme pécheur qui refuse la miséricorde de Dieu et s’en éloigne à jamais.
Durant ce mois de novembre la prière pour les défunts est plus que jamais une nécessité. Ne nous en dispensons pas et n’oublions pas que, même si elle rejoint l’âme de fidèles déjà auprès de Dieu, notre prière n’est pas perdue : elle entre dans le circuit de l’amour miséricordieux qu’est la communion des saints.