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Pastorale familiale - L'action de la pastorale familiale : une mission essenteille pour l'Eglise et pour la société

S’il est normal de nous rencontrer régulièrement, c’est parce que votre mission est essentielle.

Essentielle pour l’Église, car le Christ nous appelle à évangéliser les personnes dans toutes les réalités de leur existence, donc leur vie affective, sexuelle, conjugale et familiale.
Essentielle pour la société, surtout en période de profonde mutation de civilisation où le meilleur et le pire coexistent inévitablement. Votre tâche pastorale ne consiste pas à défendre un point de vue confessionnel (parmi d’autres) du mariage et de la famille. Elle désire, dans le respect de la liberté de chacun, promouvoir le bien commun de l’humanité, même s’il est vécu de manière multiples tenant à la diversité des cultures. Car nous sommes persuadés que l’itinéraire du Christ proposé par l’Évangile est le meilleur pour progresser dans notre humanisation.
Par exemple, jusqu’à maintenant, aucune société n’a laissé l’amour libre, livré à lui-même. La rencontre amoureuse, qui est d’abord du domaine privé, a toujours été socialisée et articulée sur sa dimension publique, pour le couple comme pour l’éducation des enfants.
Mais si l’Evangile et les fondamentaux de l’amour et de la vie ne changent pas, les pédagogies doivent sans cesse être réajustées. Car les mentalités évoluent et les générations se renouvellent. Pour les évangéliser en vérité, il est nécessaire de les connaître le mieux possible.
Un livre, fort intéressant, vient d’être écrit sur les « 25-35 ans, l’âge du labyrinthe » (Ed. Bayard). Il présente, à mon sens, des analyses fort judicieuses sur cette génération-charnière, résumées dans la préface de la manière suivante : « Françoise Sand a réalisé que se dessinaient là les contours d’une véritable génération de jeunes peu disposés à s’engager, soucieux de consommer et de « profiter de la vie », fuyant les contraintes de l’âge adulte – pouvoir, choix, renoncements, concessions, responsabilités…- vivant dans une société fascinée par leur jeunesse et les encourageant à en profiter. Des adolescents de trente-cinq ans. Des trentenaires se ménageant encore tous les possibles.
Plus étudiants mais pas encore pères et mères de famille. Une génération volatile, s’agitant beaucoup, ne se fixant guère. De grands enfants vivant dans un « no adult land ».

Dans ces situations nouvelles, mouvantes, complexes, n’hésitez pas à présenter, avec des pédagogies appropriées, nos convictions chrétiennes dans les différents domaines où vous êtes investis :

  • Le mariage, c’est une réalité à la fois humaine et sacramentelle qui s’appuie sur une décision engageant la responsabilité de l’homme et de la femme pour:
    - leur fidélité dans la durée (à l’inverse d’un contrat provisoire) ;
    - leur solidarité et celle de leurs enfants ;
    - leur liberté authentique (vouloir ce que l’on fait sans se contenter de faire ce que l’on veut)
    Les CPM (Centre de préparation au mariage) et les équipes Notre Dame sont directement impliqués pour la préparation au mariage et le soutien des couples.
  • La dimension sociale des couples et des familles : réjouissons-nous du développement des activités des AFC (Associations familiales catholiques). Je souhaite qu’elles continuent leur croissance pour favoriser leur représentativité. La vie familiale ne concerne pas que la vie privée des personnes.
  • L’éducation affective et sexuelle des enfants et des adolescents et des jeunes : c’est une urgence, prise en charge par le CLER, Amour et vérité.
  • L’accompagnement des personnes dans leurs situations respectives : Espérance et vie pour le veuvage, Renaissance après un divorce, parfois un groupe provisoire de divorcés remariés.
  • Les actions au sujet de l’avortement pour l’éducation patiente des mentalités et des réalisations précises en faveur des femmes enceintes en difficulté.
  • Les recherches génétiques, depuis la procréation médicalement assistée jusqu’à la thérapie cellulaire (en tenant compte de l’espoir suscité par les cellules souches adultes). L’Eglise désire favoriser la recherche scientifique et la guérison des maladies génétiques, mais sans jamais oublier la dignité de l’embryon dès sa conception. Cette mission est à intensifier en lien avec la pastorale de la santé.

    Un certain nombre de ces questions et de ces situations sont récentes mais l’Evangile est plus neuf que jamais. Le Christ ressuscité nous communique toujours son Esprit d’Amour et de Vie et nous donne de réaliser le désir du Père, lentement mais sûrement.

    Bernard Housset
    Évêque de Montauban
    le 24 mai 2005