Une réflexion citoyenne dans le doyenné de Castelsarrasin - Moissac
26 avril 2012Le 6 mars dernier, à l’initiative du conseil de doyenné de Castelsarrasin – Moissac, deux rencontres
invitaient les chrétiens des différents secteurs à participer à une réflexion citoyenne sur le service des plus pauvres à travers « l’art de la politique », en lien avec la démarche Diaconia 2013.
Plusieurs objectifs avaient été définis par les membres du conseil : vivre un temps « Diaconia » en doyenné, regarder le service des plus pauvres à travers « l’art de la politique », permettre à chacun, en tant que chrétien, de (re)découvrir à travers l’acte de « voter » l’importance de sa participation à la construction d’une société plus fraternelle.
Après un temps d’expression spontanée sur l’art de la politique, les participants ont entendu des témoignages d’élus locaux réagisant à un extrait de la fiche Diaconia sur « La politique ».
Kléber Leygues, maire de Labastide-du-Temple, a commencé par pointer, dans ce texte, une conviction qu’il fait sienne : la pratique de la politique exige certaines compétences dans la gestion communale ; l’agir en politique doit prendre en compte la notion de service de tous. « Il est important pour moi, a-t-il affirmé, que notre commune soit à la fois active et dynamique ; il faut offrir à toutes et à tous un cadre de vie où les rapports entre les individus doivent être privilégiés, un cadre de vie où chacun peut s’épanouir. » Et quand on lui demande ce qui l’interroge, il répond : « La solitude et la détresse des personnes, le fait qu’aujourd’hui les conflits de voisinage sont plus nombreux. Des problèmes insignifiants prennent aussitôt de l’importance : on appelle le maire, la gendarmerie… On devrait se parler, dialoguer, s’écouter pour mieux se comprendre. Hélas, il n’en est rien… » M. Gérard Routier, adjoint de la commune d’Albefeuille-Lagarde, a lui aussi fait le lien entre agir politique et solidarité. « Nous sommes dans une république dont la devise est : liberté, égalité, fraternité. De plus, dans les mairies, est affichée la Déclaration des droits de l’homme. C’est en considérant tout cela que la mission d’un conseil municipal est en partie au service des plus démunis. » Francine Dossun, adjointe au maire des Barthes se retrouvaient tout à fait dans ces propos ainsi que France Dalphase, conseillère municipale de Saint-Aignan qui dit ancrer son engagement d’élue dans « la force d’aimer ».
Après ces témoignages d’élus, Madeleine Kergall, bénévole au Secours catholique, est venue présenter une initiative visant à sensibiliser à l’acte de « voter » des personnes en situation de précarité. Un peu partout en France, des groupes de paroles ont permis à des personnes accueillies de s’exprimer à partir de supports visuels. Le groupe de femmes qu’accompagne Mme Kergall avait choisi de réagir à certains slogans de cette campagne, en particulier « La France est très riche. En pauvres » et « Travailler (précairement) rend pauvre (durablement) ». Les comptes-rendus des échanges de tous les groupes ont été collectés au niveau national et ont fait l’objet de vidéos transmises aux candidats à l’élection présidentielle et mises en ligne sur le site du Secours catholique (à découvrir sur http://www.secours-catholique.org/elections-2012/).
A l’issue de ces témoignages, les participants ont pu partagé à partir du message des évêques de France en vue des élections. Ce document appelle au discernement et rappelle que voter, c’est choisir un type de société, une société dans laquelle les chrétiens souhaitent que chacun soit l’égal de son frère. Chaque groupe a noté la pertinence de ce texte même s’il reste difficile à le vivre et y ont vu un appel urgent à changer son regard sur l'autre.