Aller à la page d'accueil. | Aller au contenu. | Aller à la navigation |

 
 
Document Actions

Homélie Fête de St François d’Assise. Mt 1, 25-30

10 octobre 2017

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos »

Homélie de la Fête de St François d’Assise. Mt 11,25-30
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous procurerai le repos ». En ce jour de fête à Fonneuve, nous sommes venus au Christ. Bonne Fête au François et Françoise et je pense bien-sûr à notre pape François. Je vous invite à aller au Christ avec le saint d’Assise. Il nous appelle à un changement de logiciel et un chantier.
Un changement de logiciel
En langage chrétien on appelle cela une conversion. Quel est le changement de logiciel auquel nous appelle le Christ pour aller vers lui ?
Changer le logiciel de la compétition, le logiciel des puissances humaines, le logiciel du faire valoir et de l’orgueil de soi, le logiciel du moi-moi-moi. Saint François d’Assise a vécu lui-même ce changement de logiciel dans sa vie personnelle. Souvenez-vous. Fils de marchand, il aimait paraître beau, soignait son image, rêvait d’exploits humains qui le valoriseraient aux yeux des autres… Et puis un jour, tandis qu’il partait en guerre en quête d’exploits, il entendit une voix intérieure qui le retourna. Il rebroussa chemin et suivit le Christ. Il se dévêtira de ses vêtements de riche pour revêtir le vêtement du pauvre. Il embrassera le lépreux. Il épousera Dame Pauvreté. Je cite le pape François : « La pauvreté et l’austérité de saint François n’étaient pas un ascétisme purement extérieur, mais quelque chose de plus radical : un renoncement à transformer la réalité en pur objet d’usage et de domination » (Laudato Si § 11).
Saint François nous invite à mettre notre confiance, non pas dans les puissances humaines, mais dans la Croix du Christ, dans la puissance de l’amour. « Je te bénis Père d’avoir caché ton mystère d’amour aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits ». Changer de logiciel, c’est se tourner vers ce mystère caché, cet amour infini, cet Aimant, Eternel Aimant qui s’est dévoilé dans le Christ. Heureux vous qui ployez sous le fardeau. Le fardeau de nos misères. Le fardeau de nos douleurs, de nos souffrances, de notre mal, de notre péché. Il est lourd ce fardeau. Le Christ l’a porté et crucifié. Il a crucifié le mal du monde. Heureux les pauvres. Venez à moi, dit le Christ. Heureux vous qui avez faim et soif de justice et de miséricorde. Dans le Christ Jésus, vous trouverez le repos.
Quel est-il ce repos que nous promet le Christ ?
Il n’est pas de tout repos… Il n’est pas un opium qui nous endort. Il nous tient au contraire en éveil pour accueillir la paix, l’offrir et l’édifier. Revenons à saint François. A 42 ans, 2 ans avant sa mort, saint François entre dans une grande épreuve et se retire au mont Alverne. Ses frères se disputaient, et ils s’écartaient de l’idéal de pauvreté. François pleure. François prie. François jeûne pendant 40 jours. Dans une communion intense au Christ et à ses souffrances, à sa croix. Il vit la croix. Intensément. Le 14 septembre, il reçoit les stigmates. Et voilà qu’il demeure dans la joie, une joie profonde qui transfigure sa souffrance.
Sa souffrance ne le quitte pas, mais elle est transfigurée. Et c’est alors qu’il compose le cantique des créatures. Loué sois-tu pour la terre, pour le soleil, pour sœur eau… Loué sois-tu pour notre sœur la mort…
Un chantier
« Va, répare mon église en ruine ». Après le changement de logiciel, le Christ invite François à reconstruire l’église Saint Damien qui était en ruine.
Symbole d’une Eglise en chantier, toujours en mouvement. Une Eglise qui se laisse transformer sous l’inspiration de l’Esprit Saint. Il en est ainsi depuis 2000 ans, et plus particulièrement à des moments de crise, de charnière de l’histoire.
Saint Césaire qui fut évêque d’Arles pendant 40 ans, 6ème siècle, un géant de la foi chrétienne à cette époque où l’empire romain disparaissait sous les coups des invasions barbares, époque de grande violence, où s’effondraient les repères établis. Saint Césaire a posé les jalons d’une reconstruction.
13ème siècle : la féodalité vermoulue, des modes de vie nouveaux, un monde qui craquait de partout, violence…
Une figure : François d’Assise, dont le père Carré dit qu’il fut un « prophète de la régénération ».
Aujourd’hui, notre monde craque sous les coups de la globalisation. Démocraties en crise, institutions vermoulues en notre vieille Europe.
Le chantier de l’unification de notre secteur est un beau symbole de notre Eglise en chantier, toujours bien vivante, toujours en train de naître. J’ai la joie d’en être le pasteur pour six ans. L’eau vive de l’amour de Dieu coule sur elle pour la féconder et faire germer le fruit de la semence que Dieu ne cesse de semer en surabondance dans les cœurs de ses enfants. Oui, que Dieu soit béni de mettre en nous sa confiance et de nous combler de la grâce de l’espérance, qu’il permette que cette unité se mette « en marche », rien de l’arrêtera même si le changement est mal compris.
AMEN.
 

<< Go back to list